16 Mai

Emmène-moi loin de cette certitude laconique de l’existence qui ne cesse de me décevoir.
Parce que je sais qu’un éclat de rire peut ressembler au démembrement du ciel.
Pour en faire des pièces à emporter.
Du Michel-Ange de poche.
Juste pour avoir le sentiment que chaque jour compte.
Et de cesser de jouer au mathématicien du temps perdu.
La madeleine rancie.
À peine entamée.
On attend, chaque minute comme si une main, sortie de nul part allait jouer aux peintures titanesque des ciels de cathédrale.
Et je tends ma main dans le bleu perçant.
Est-ce l’océan où la couverte céleste, je ne sais plus vraiment.
Racler le fond comme pour essayer de trouver la prise.
Entrer comme un gant dans la texture nacrée de bleu.
L’humidité, de l’eau ou les symptômes de mon angoisses traversant les pores de ma peau.
Être au port ou aux abords aériens.
Transparence sublimée. Les mineures mélancolique d’un piano droit qui rêve d’horizon.
L’évasion harmonieuse n’existe que dans les pamphlets que je m’inflige.
Certaine qu’à force de la fixer, l’horizontale deviendra parallèle.
Juxtaposée à la rage de survivre.
Pour ne pas simplement vivre.
Faut-il effleurer toutes les chapelles pour envisager l’éther qui ne dort jamais.
Celui qui les frissons vient caresser, pour leur dire que nous ne serons plus jamais seuls.
Pourquoi faut-il tendre l’autre joue
Quand on ne veut que tendre les bras.
Allez Michel Ange, dis-moi.

MichelAngeAdamSixtine

 

 

 

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15 Mai

La joie se lit sur les parois de leurs lèvres

Et j’aimerais, plus que tout, sourire contre leurs bouches radieuses
Mais l’inlassable écho du vide, chez moi, ce soir
Me rappelle l’écran sur lequel je ferme les yeux
Cette place abyssale contre laquelle je presse mon corps chaque matin
Ce mur en craie en face duquel je mange chaque jour
Je me dis que ça manque de cadres photos
De souvenirs posés que la plupart des gens oublient de regarder une fois que cela trône chez eux.
Je crois que je passerais des heures à regarder mes cadres, témoins des scènes de vie quotidienne imparfaitement parfaits.
Aux lumières qui s’éteignent à deux.
Aux « tu reveux de la salade? »
À la fièvre nocturne des chairs qui se reconnaissent avec l’évidence et la hardiesse sublimée.
C’est quelque chose qui me manque chaque jour.
Et contre lequel je ne peux rien dire.
Alors je laisse s’évaporer mon silence.
Contemplant mes accomplissements personnels comme on regarde une reproduction de Rembrandt.
Mais pas un Rembrandt.
3 Mai

Le claquement du silence

L’ombre de nos mains, frôlées, dans l’obscurité surpeuplée d’amateurs de contes de fée.
Mon vacarme, quand tu as déposée la tienne sur ma peau, d’un seul coup.
Les spectateurs silencieux. Je m’imaginais qu’ils se taisaient juste pour me laisser le plaisir de me rendre compte.
Car ici, tous permettent de pouvoir croire aux histoires que l’on se raconte.
Les bords de mes rives ont commencé à déborder, calmement.
Tout en moi battait calmement.
Une vague légère. Noctambule.
On marche sur une rive et on entend la marée monter. Sans se montrer, suivant le décompte du temps.
Mes horloges se sont tues chez moi.
Peut-être est-il minuit.
Peut-être n’ai-je tout simplement pas dormi.
26 Avr

Prends mon imaginaire pour en faire l’artifice, les feux guident les bateaux les sirènes sans Ulysse.
L’anti héros parfait de toute mon existence, pas de cape pas d’épée juste un peu de silence
Les quatre murs de chez moi se resserrent et m’étouffe. J’essaie d’y foutre les doigts c’est une bataille de plus.
Comme ce reste d’arrière gout d’amertume dans mon souffle. L’oxygène devient plomb, des balles jamais perdues
Les gilets parent les coup mais le choc te transperce : c’est se mettre à genoux aujourd’hui sous l’averse.

8:00
J’ai repris pour cent ans depuis que les miroirs brisés
Reflètent le démembrements de toutes mes dernières années
Pourtant je regrette rien, tu vois, j’ai repris mon stylo
Si je ne peux pas perdre la voix alors je prendrai de l’égo
9:00
Et il n’y aura rien, je le jure, qui me fera sombrer
Tu peux me regarder en face, j’ai plus peur de me noyer
J’ai tellement passé de temps la tête au fond d’un seau
Que je suis dans mon élément, mes poumons sont gorgés d’eau
10:00
J’ai pris mes dernières histoires comme les témoins nostagiques
De mes terreurs du noirs et de mon esprit pathétique
Pourtant il y a bien quelqu’un pour qui un jour je serai entier
Chez moi il y a pas de partage, garde ta putain de moitié
11:00
L’insolence indulgente des prémisses des rencontres
Sont incompréhensibles j’ai plus le temps, j’ai pas de montre
Alors tu peux m’embrasser sans grands préliminaires
C’est à ça que je vais m’accrocher pas aux paroles remplies d’air
12:00
J’ai toujours cru au contact comme la preuve rigoureuse
Que tu peux être insouciante quand tu tombes amoureuse
On fini par passer à l’acte, actant que tout sera bien
On l’a dit c’est promis, on s’attendra demain
12:01
Mais demain c’est pareil sans l’electricité
Il ne reste que le coup, la foudre s’est tirée
01:00
Les pavés sur la route je les ai tous ramassés
J’en ai fait une frontière, un socle, un bouclier
Les pierres sur ma route ricochent sur le chemin
Je ne m’y arrête plus, j’ai plus le temps de demain
02:00
J’ai pris l’inspiration jusqu’à ne plus pouvoir m’en passer
Le grain de peau est tendu mais la mâchoire reste acérée
Dans tous ce que je respire il y a tout ce que je n’ai pas dit
Quand j’ai vu ce qui voulait sortir j’ai cru que j’avais raté ma vie
03:00
On m’a dit que le secret c’était de savoir se taire
Pour pas trop déranger, pour pas finir derrière
À force de silence pour ne pas t’emmerder
J’ai fait une dépendance au besoin de m’exprimer.
04:00
Et si c’est juste de l’encre qu’il va falloir que j’abandonne
Ce sera pour prendre le large avant que minuit sonne
Cendrillon marche pieds nus depuis que dans ses soulier
Elle a vu que c’était pas du vair mais bien du verre pillé
05:00
Je ne sais pas plus où je vais mais je sais qu’à mon bras
Il y a ma main d’accrochée et qu’elle elle me lâchera pas
Je ne sais pas non plus où je vais mais je sais que dans mes mains
Il y le coeur fragile de quand j’étais gamin
Il est cinq heures. Mon paris se réveille.

24 Avr

J’ose parce que demain n’existera peut-être pas.
Les lendemains ne sont que des promesses

Montrez moi les cartes du passé
Celles qui ont construit cette échelle sans barreaux
Je vois le ciel mais je ne peux pas l’atteindre
Où sont passés les barreaux
Comme marches de mon existence
Des courtes échelles de mains tendues
Caresses sur la joue ou claques contre le corps
Ne pas pouvoir redesendre
Je suis suspendue ne m’accrochant qu’à moi
J’ai peur de ne jamais plus m’endormir dans le silence d’une autre respiration
La ligne d’arrivée a dérivé
Les parvis religieux se sont emmurés
Les anneaux, serpents qui se mordent la queue
Ravalés.
Ils disent que l’on ne doit pas compter sur cet autre qu’ils appellent moitié
Car ce n’est qu la moitié de ce que nous voulons bien donner
C’est limpide et pourtant si difficile à mémoriser
Quand trente ans de ta vie tu avais tout à donner
Et qu’à deux doigts des bougies tu as tes poches lessivées
Lisez moi le passé que je comprenne aujourd’hui
Les cartes ne me disent rien que je n’aurais pas compris
L’échelle sans ses barreaux
Des bâtons dans les roues
Aujourd’hui sans la peau
Des cartes sans atouts
Allez souffle tes bougies, cette fois ci c’est la bonne
Inspire sans mépris, ne rend que ce que l’on te donne.
18 Avr

Les émotions, cette vague intermittente. Fracassante dans sa dureté, mais glissant sur la peau avec la récurrence des aurores, des aubes qui se succèdent.

J’avais regardé par-dessus la vitre du métro presqu’absent. Le quai, les visages, les sièges vides. Une mélancolie souterraine.

À pleine vitesse, mon reflet se tassait contre la vitre, essayant de percevoir au travers l’obscurité, des réponses.
Quel était ce sentiment de vide à l’intérieur. Cette irrépressible latence qui abreuvait mon regard perdu.
Je n’y voyais rien.

J’ai fermé les yeux quelques secondes, simplement pour tenter une évasion calculée depuis quelques arrêts déjà.
J’ai fermé les yeux sur tout ce qui m’avait mené jusque là, aujourd’hui.
On inspire toujours plus profondément les yeux fermés. Comme si les poumons ne se laissaient le droit d’inspirer à grande bouffée que dans cette intimité de soi-même.
C’est vrai, ce jour-là, je me suis laissée pleurer de l’intérieur, pour que personne ne voit, ne sache. Ne sache pas quoi faire.

Le siège d’à côté est vide, comme celui de la voiture que je conduis.
Il n’y a pas d’écho à mes paroles.
Pas de main sur ma cuisse.
Il n’y a rien.
J’ouvre les yeux. Il ne s’est rien passé.

Je déglutis mes envies de fleurs, de rires et de simplicité.
Descendre du métro, sortir de terre.

Demain, peut-être.

Non, demain je prendrai la rue. L’air. Pour ne plus fermer les yeux sur des fantasmes sentimentaux qui nous labourent sans jamais rien laisser pousser.

7 Avr

Un anachronisme dans le regard, pourtant toujours immobile.
Je ne suis plus dans l’optique d’une illusion.
Tu me touches et je métamorphose mes aphorismes
Parce que la fulgurance de ma perte de parole
S’explose contre ta douceur qui me laisse sans voix

Tu vois.
Non je te regarde.
Les mots ne dépassent pas la pensée.
La pensée me dépasse.
Tu crois.
Tu me fais du bien.
C’est indolore.

Comme lorsque la chaleur d’un été tant attendu colore les veines sous la peau.
Comme le mouvement impassible d’une terre qui tourne sur elle-même.
Déroulant les saveurs de l’aube comme une fresque cinématographique.
J’ai sentie l’humanité dans mes faiblesses pleines de courage
Tu me regardes encore alors que tu sais tout.
Je te sculpte des yeux en connaissant tes failles.
C’est cela que nous sommes.

30 Mar

Non je n’ai pas cessé de penser.
La mécanique des coeurs qui se débat avec elle-même.
Paumée. Parfois le cul entre deux chemins.
Les frissons du corps qui viennent remuer le fond de l’âme.
Bien sûr que je pense à toi.
Mais le dire c’est donner trop de place à la réalité.
Et à la douleur qui parfois accompagne les pensées structurantes.
Effacer hier. Pas de futur. J’ai passé ma vie à attendre le futur.
Une nouvelle année me tend les bras et je la regarde avec mépris.
J’ai froid de l’absence religieuse des gestes des couples de mon imagination.
Je n’imagine plus vraiment.
J’avais d’autres projets pour ma belle gueule et moi.
Elle prends des rides et j’ai pas encore de toi.
Il pleut en avril.
Pas de toit.
La gueule sous l’Eau.
Sans respirer.
On peut tenir combien de temps tu crois

27 Mar

J’ai mal à l’intérieur du contour de mes muscles
Je ne tiens plus debout la gueule dans les souvenirs
Les étoiles sont par terre, éteintes et controverses
Elle miment le reflux des marées pétrolières

Pourquoi tu me regardes comme si j’étais sauvable
Tu le disais si bien comment j’étais pas stable
Sensible et émotive comme une gangraine du coeur
Tu voyais le cancer sans trouver la tumeur

C’est con l’esprit humain, ça détruit ce qu’on donne
Suffit de regarder ce qu’en disent les grands hommes
Aujourd’hui je te manque parce que je suis partie
On préfèrera toujours ce qu’on nous a repris
21 Mar

De ces claques que l’on aime