24 juil

Javelliser son âme pour ne plus rien ressentir.
T’es pas mieux, toujours aussi dégueulasse.
Peut-être que tu as l’âme souillée de naissance.
« Il ne nous arrive que ce qui nous ressemble »
Alors je ne ressemble à rien.

21 juil

Un large sourire qui entaille mes joues. Un sourire libertaire.
Je ne pense plus à rien avant de m’endormir. Je laisse ma main et mon visage s’imprégner une dernière fois de toi, attrape-rêve.
Emmêlée dans un de tes regards, plus de peur.
Tire encore la corde, je n’ai jamais été aussi libre et attachée.
Pendue à notre existence comme le cordon qui me maintient en vie.
Peut-être enfin prête à venir au monde.

16 juil

La rue est trop calme. Beaucoup trop calme pour te laisser t’enfuir au milieu de ses bras endormis. Les miens te serrent et veulent te garder encore, un peu. Une seconde. Attends-moi.
Pas assez de ton parfum matinal contre ma joue marquée par l’oreiller. Attends-moi. Pas assez de ta bouche qui vient s’appuyer contre mon sommeil qui se réveille, et mes yeux entr’ouverts qui te regardent partir. Qui te retiennent.
Attends-moi.
Parce que ces matins sans toi. Parce que ces secondes où tu pars, je ne veux même plus regarder par la fenêtre. Je voudrais juste entendre ton pas courir, remonter. Mes pas, descendre, te rattraper.
Reste avec moi. Le reste du monde ne saura pas me faire oublier que tu es partie.
Reste avec moi. Courons dans ces escaliers.
Embrasse-moi. Jusqu’à aller me chercher là où je ne savais pas que tu pouvais aller.
Rentre chez nous. Ferme la porte. Aujourd’hui et les autres jours, te voler au présent parce qu’on ne sait jamais.
Parce que si je meurs demain, je n’en regretterai rien.

14-07-2015

14 juil

Assise sur le bord d’une terrasse en bois, il est 5 heures 30.
Se lever tôt pour ne pas faire s’écarter davantage le décalage horaire. Avoir le temps de te le dire mille fois si je le peux.
Regarder les feuilles dans l’arbre qui me surplombent sans sourciller. Tenir tête à la nature. Lui en vouloir un peu, encore, de t’avoir arrachée à moi. Défier l’Absence d’un regard qui renie ses propres larmes.
Je ne les essuie pas.
Je fais comme si elles n’existaient pas.
Si tu savais comme aujourd’hui, tu me manques.
Comme je n’ai pensé qu’à ça depuis la première fois que j’ai ouvert les yeux ce matin. J’ai imaginé ton visage, plisser les yeux très fort pour me souvenir le son de ta voix et de ton rire qui ne s’arrêtait jamais.
Sur ma terrasse, le piano. Le bruit des feuilles et le silence de l’eau triste que recrachent mes yeux.
J’imagine ton regard et ressens, une seconde, tes mains calmer ma peine, me serrant si fort contre toi que rien d’autre n’a plus d’importance.
Pour toi aujourd’hui, je vais sourire au milieu ce cours d’eau qui ne cesse de s’échapper de mes yeux.
Pour toi, aujourd’hui je vais commencer à accepter.
C’est mon cadeau pour toi. Essayer de faire la paix avec mon absence le jour de tes derniers jours.
Essayer de réapprendre à marcher loin de tout le monde, à des milliers de kilomètre de ce qui représente une famille.
En m’appuyant sur ton image de femme parfaite, imbrisable, douce et aimante que le temps m’a volée. Ma famille.
Passe encore ta main sur ma joue
Transforme l’eau en main.

Bon anniversaire.

 

mamaie

6 juil

« Mais qu’est-ce que tu veux? »
« Il me faut du bouche-à-bouche qui te réanime l’âme. Sans ça ce n’est que de l’air qui entre et qui ressort, c’est mécanique. Ça fait bien longtemps que je sais que les poumons n’ont pas de sentiments »
« C’est pour ça que tu continues de fumer? »
« Curieusement, souvent, ça éteint les incendies que j’ai dans l’âme. Mais tout comme toi, je ne cherche plus à me comprendre »

26 juin

Tu es là et ce sont les murs des horizons tout entiers qui sont annihilés, qui se dénudent dans un chaos proche de la perfection.
Je crois que je retiendrai cette dernière phrase comme étant la comparaison la plus absolue qui soit.
Dans tout ce qu’elle est elle inspire le désordre. La puissance. La beauté.

 

23 juin

Métamorphose un peu endeuillée.
Des pulls vides entrent dans ma maison.
Un morceau de toi ira jusque dans ces placards de l’autre bout du monde.
Ta maison n’existe plus et je n’ai plus que cette immense cathédrale vide au fond de moi, pour aller faire le deuil. Passer les étapes.
D’autres vont y vivre. Regarderont pas la fenêtre. En plein dans la cendre d’un rêve qui a pris fin il y a des années.
Et moi, moi qui avance tant bien que mal.
Avec des rames qui raclent le gravier.
L’air n’est plus vraiment statique. Il devient difficile d’y respirer, de s’y attacher, de comprendre pourquoi encore, il faut aller s’en inspirer.
Viking premier prix. Guerrier mort-né. Petite fille avortée.
Je n’arrive à rien quand je me colle une étiquette bon marché pour définir mes sentiments sans jamais en parler.
Il y a quelques jours, j’ai vu tes yeux dans d’autres yeux.
Aussi perdus. Aussi innocents.
Sourire de cette chance qui me flagelle. Te revoir un instant. Silence tout autour. Déglutir les larmes.
C’est quoi la famille? Tu sais que j’ai mal appris. Que je ne sais pas vraiment, au fond, comment on y habite.
Si je suis faite pour ça. Si j’ai les armes, les yeux, les rires.
Je voudrais tellement y arriver comme j’arrivais à le faire avec toi.

Alors je te parle, je t’implore, je te promets.
J’essaie de marchander avec ton fantôme.
Que tu me donnes autre chose que cette jambe de bois pour avancer.
Moi, qui ai toujours voulu courir.

Poser ce pied dans les fondations d’une vie comme je la voudrais.
Comme on marche sur les pleines lunes.
Que l’éclopée du genre humain, l’invalide des sentiments et l’estropiée de la famille fasse ce putain de premier pas.
Sans fermer les yeux.

17 juin

Ses regards dévisagent le reste de la table, elle cherche à savoir, à sentir dans le contact de nos doigts qui s’étreignent, à combien.
Combien d’amour transparait, là, quand je serre du plus fort que je peux, jusqu’à oublier que nous ne sommes pas seules.
Je m’imagine lui prendre le bras, renverser le reste de cette table.
Les carafes en verre éclatées d’eau, inonder le parvis de cet amas d’amis,
Nous excusant de savoir vivre sans savoir-faire.
Fuir. Courir à gorges perdues. Déployées. Pleines.
Demeurer introuvables. N’entendre que nos souffles qui se reprennent.
Approche-toi. Que je t’apprenne, que je t’imprègne. Que tes bras serrent plus fort autour de moi.
Fais-moi entrer au plus profond de ton indispensable éclat de rire.
Fendre les rides de la main pour changer les futurs.
L’air est irrespirable.
Emmurée dans nos évasions impromptues, tu m’imagines partir sans toi?

16 juin

Viens  m’inspirer.
Faire le bouche a bouche à mon envie de vivre. Sans m’arrêter.
J’ai les poumons trop grands et la vie est trop courte.

Image 11 juin

empyre

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.