16 Août

Bien sûr que j’ai peur. Je crois que l’amour ce n’est finalement que ça. De la terreur que l’on cherche à rassurer.  Que l’on boit au verre, puis à la bouteille. Que l’on avale, que l’on sniffe. On se sent vivant dans l’amour lorsqu’il vient chercher le pire et le meilleur de nous-mêmes.
T’as pas envie de me montrer le meilleur de moi-même?
Il me pique.
Je respire.
Ça reste pire.

16 Août

J’aime pas baiser avec une fille creuse.
Ça résonne.

16 Août

J’aimerais te dire que ce n’est rien.
Mais je préfère ne rien te dire.

8 Août

Certaines rencontres ont, par le parfum qu’elles dégagent, des fragrances qui vous semblent familières. Je la respirais, sans parfum, et j’y ai vu notre vie ici.
C’est comme si quelqu’un était venu nous voir et nous avait donné l’inverse de la boite de
Pandore.
Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Aujourd’hui les ailes d’acier vont m’en mettre plein la gueule, mais je ne dis rien.
Je serai là, à l’aéroport. Et bien avant, pour ce trajet en taxi, notre deuxième. Je souris mais je n’ai fait que pleurer dans le métro.

Comment tu peux me faire ça Montréal?

Lou je ne t’ai pas fait de meringue, de pain perdu, je n’ai pas de treillis soudé, nous ne sommes pas allées dans toutes les rues, au cinéma, chez mes amis, chez tes amis, je ne t’ai pas pressé de jus d’orange, nous n’avons pas regardé un film en entier un soir vautrées dans un quotidien d’exception, les corps qui se touchent, les mains qui se tiennent. Comme si nous pouvions se perdre sur ce canapé. J’aime avoir ce besoin de te toucher sans cesse. De sentir le contact de ta peau sous mes doigts, sous mes lèvres.
Lou, je n’ai pas eu le temps de te dire tout ce que j’aurais voulu te dire dans les yeux, en te tenant les mains avec un air solennel.
Lou je te demandais à quoi tu penses à quoi fois que moi je pensais trop.
Je voulais que tu
penses les mêmes choses que moi.
Lou, c’est trop tard, tu t’en vas et je suis déjà à toi. Les sens remplis, débordants. Dans un lieu vide de sens.

Lou, la plus belle fille de cette soirée à la con que tu as eu l’air trouver si belle et que je n’ai pas été foutu de baiser l’est tellement moins que toi.

Les filles d’un soir ne valent jamais les femmes d’une vie.

Putain. Je ne t’ai rien dit.

 

2 Août

On se baise des yeux depuis deux jours et je sens que tu es en train de baiser mon cœur.
Lou, si tu savais combien de fois mes gestes se sont tues en même temps que ma bouche et combien de fois, dans mon esprit, je t’arrachais au monde pour te garder près de moi.
Je ne dis rien, nos dimanches m’en foutent plein la gueule. Mais nos mardis, nos mardis sont des équinoxe en hiver. Impossible à croire.
Tout se mélange dans la tête. T’ai-je déjà appelé mon amour?
Les mardis nous font tourner la tête. Et cette euphorie hebdomadaire commence à corrompre les autres jours de la semaine.
Je ne peux pas la perdre. Ce serait comme avoir trouvé un donneur compatible et dire non.

21 Juil

Je n’ai plus rien à perdre, et telle que tu me vois, je ne donnerai pas cher de ta peau. Parce que c’est paradoxalement lorsque l’on n’a rien à perdre que nous devenons irrémédiablement capables de tout.
Tu finiras par me suivre chez moi le premier soir.
Pas parce que je le veux, mais parce que tu en auras envie. Aller se noyer dans les bras que quelqu’un qui n’a plus rien, c’est comme se prendre de l’oxygène pur. Dépaysant.
J’aurais trop bu comme c’est le cas depuis une éternité, chaque soir. Tu finiras par faire tout ce que je te demande, sans poser de questions.
Mes yeux fixent le vide, écoutent certainement la musique ambiante. Tout est tellement vide au fond de moi que forcément cela résonne plus que chez les autres.
J’allume une cigarette, inspire l’immensité de l’imperfection d’une telle situation.
Je te regarderai, longuement de ces regards qui veulent dire que quelque chose va se passer. Mais pas comme tu l’entends.
Je ferai gicler la violence, la perdition, l’agonie. Tu crieras. Je me tairai.
Dans un silence religieux, je profanerai tout ce qu’il y a en toi, sans jamais fermer les yeux.
Ta stature un peu ébranlée me regardera longuement, mais nous ne dirons rien. Il n’y a rien à dire.
Je reprendrai mon verre. Mon visage n’aura pas changé. Je me replongerai dans la  musique expirant le sacré, pris à même ta peau brulante, encore endolorie, à peine en rémission.
Tu vois, je ne suis pas une fille facile.

21 Juil

L’amour est une fugue.
Une fois l’adrénaline de s’enfuir passée et les premiers jours à jouir du rivage, on se demande comment on en est arrivé là.
Et on voudrait rentrer.

21 Juil

J’ai peur. Tu doutes.
Le frein de l’humanité. Comme si nous avions 1000 vies à passer ensemble.
On prend notre temps. On se dit que même la vie nous attendra, et, au fond, on sait qu’elle ne peut pas courir plus vite que nous.
Je tourne la tête, mais je ne te vois pas.
Pigmentée sous, sur, dedans, dehors de la rétine, le souvenir de ton rire. De ton sourire. De nos « pour le meilleur et pour le pire ».
Commencer par le pire est la meilleure idée que nous ayons eue. Commencer par la fin.
Cela ne fait pas moins mal, nous le savions déjà.
Terre promise, je fais glisser deux pierres entre mes doigts.
Des ricochets sur nos vies.
Des sauts dans le vide qui s’acharnent.
Te regarder et avoir l’impression de voler le monde au monde, d’écarter les parenthèses à mains nues : architectural.
Mais tomber au seuil de ta vie…
C’est cambrioler avec impertinence le moindre de tes gestes sans que tu t’en aperçoives.
C’est comme se vautrer dans un parterre aux jardins du Luxembourg à Montréal en février.
Inouï(t)

18 Juil

Rythme ternaire (ou trentenaire)

– De toutes façons on s’en souviendra pas
– Pourquoi?
– Parce que cela ne sera jamais un souvenir.

15 Juil

La barbarie de Damocles.
Courons mon amour, partons demain chercher refuge dans les bras l’un de l’autre.
Je veux que tu me renverses.
Je veux que tu me sautes à la gueule.
Je veux que tu me tires dessus.
Pour les faire taire.
Pour que nous, les imbéciles amoureux, nous puissions nous battre.
En un seul cœur.
Dans une seule rage d’aimer.
D’aimer comme on sait le faire.
Respirant en apnée
Dans notre démesure.
Mon amour, je suis prêt
Mon amour, je suis sûr

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.