20 Sep

Je ne peux pas te sauver

La phrase je la connaissais bien, je la connais par coeur, comme un gosse qui se répète depuis le début un alphabet, une formule de mathématiques.
Et pourtant, chaque jour j’essaie, tant bien que mal, de recoller les morceaux à l’intérieur. Mais comment faire lorsque l’on sait qu’au moindre sursaut de terreur, la personne en face de vous va fuir.

Quand vous savez que vous ne pouvez faire que cela. Faire fuir les gens parce que vous n’arrivez pas encore à être libre de vous-même.
Comment dire je t’aime à quelqu’un qui regardera vos larmes mais qui ne pourra pas vous aider à les ramasser?

Je me sens malformée. Depuis toujours.
Elles partiront toutes. À cause de moi. À cause de ces instants où tout bascule.

Pourtant, quand je regarde autour de moi, je vois que je vais mieux. Mais personne ne le remarque vraiment. Je n’ai pas le droit à l’erreur.
Comment donner son coeur quand je sais déjà qu’une fois nu, il repousserait la terre entière.
Arrêtez de me dire que cela n’est pas possible, que personne ne peut, un instant, quelques minutes, vous prendre au fond de sa main pour vous caresser l’âme et la remettre à sa place.
Même si c’est difficile, c’est le sentiment de pouvoir compter sur quelqu’un. De pouvoir regarder dans les yeux d’une seule personne et de savoir, non pas qu’elle va prendre tout notre malheur sur ses épaules, mais que dans ces quelques moments de doute, de peur, elle sera là. Elle déplacera les montagnes pour libérer l’horizon.

Car les pensées irraisonnés des abandonnistes ou de n’importe quel nom que tu veux lui donner ont besoin de la raison de cet autre qui viendra enlever ce filtre qui déforme tout autour d’eux. La montagne est trop lourde et la fonte des neige trop lente. Sans soleil, rien n’est possible.

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18 Sep

Connaître quelqu’un, de cette manière, c’est ne plus avoir besoin de parler. C’est sourire avant le trait d’humour que je sais que tu vas faire. Je souris et, pour le plaisir, tu me demandes pourquoi je souris, car tu le sais très bien.
– Je me sens bien.
Lorsque l’on est confronté à l’autre partie de soi-même il n’y a rien d’autre à dire.
Dans ce «je suis bien», tu y entends le bruit de cette chambre d’hôtel et toutes celles qui les ont précédées. Le son des couverts des restaurants que nous découvrons.
La délicatesse des saveurs de nos bouches à peines dissimulées lorsqu’elles se rencontrent.
C’est te regarder marcher devant moi et me perdre dans mes pensées, à me souvenir que je ne pourrai voir personne d’autre marcher devant moi.
C’est ne plus avoir peur mais continuer d’être deux enfants parfois adultes, qui veulent découvrir le sens de la vie et qui la bouffent jusqu’à n’en plus pouvoir.
C’est sourire à en oublier qu’un jour, on a été incomplet.

13 Sep

Je regardais les autres
Je voudrais ne pas les voir, si tu savais.
Les projets, les doigts miniatures qui s’accrochent à ton pouce qui ne réalise pas encore

Les avions que l’on prend
Les regards qui veulent dire que l’on a plus à s’inquiéter
Faire tourner les mappemondes
S’accrocher des bagues au doigt

S’endormir. Des rituels. Des habitudes.
S’époumoner parce que l’on s’aime
Ne pas douter. Ne plus douter jamais.

Être à la hauteur.
Toujours.
Devenir indispensable mais jamais imbuvable.
Être le tu de toutes les phrases de la maison.
Le je est devenu la première personne, peu singulier.
Tu crois qu’il faut marcher longtemps? Je cours depuis des années après cet unique but.
Mais il finit par lever le voile sur les défauts, les carences, les vices et l’habitude.
Est-ce que je suis cela. Est-ce que le miroir des autres est un sérum de vérité. D’autres yeux lucides pour extorquer la vérité que l’on ne voit même plus?
Je cours, à court de moi-même.

Il y a tellement de banc à Montréal.
C’est peut être pour ça qu’ici les gens aiment bien s’asseoir.

Il y a tellement de péages en France
C’est peut être pour ça que l’on est souvent prêt à payer le prix pour rouler plus vite.

11 Sep

J’ai pris racine entre les eaux quand ils m’ont tous mis en prison
Entre 4 murs on est plus libre que dans les failles de la raison
J’ai mis mon ego au placard, j’ai lapidé toutes mes barrières
J’ai évidé toute ma mémoire pour y accueillir l’univers
J’ai regardé entre les lignes car le reflet dans le miroir
Me renvoyait mes vieilles racines, de gamin qui a peur du noir.

Les moments et les horizons sont les pages de mon existence
Ils ressemblent à une levée de fond qui veulent retrouver leur enfance
Si j’ai pas réussi hier c’est pour que demain soit mieux
Et si demain est un enfer c’est que mes désirs sont impérieux
Tu comprends.
Je-refuse d’attendre quelqu’un pour ré-apprendre à respirer
Et je n’attendrai pas le destin pour qu’il me dise ce que j’ai raté.

Et chaque minute que j’attends
Et chaque minute me dépasse
Et si je perdais pied maintenant
Est-ce que je serais à ma place

Et chaque heure qui me contrôle
Dans la matrice dégueulasse
Je ne veux plus jouer le rôle
De celui qui reste à sa place

Tu sais, ca fait tellement d’années que j’essaie de comprendre
Le pourquoi du comment de pourquoi je sais pas me défendre
Je sais que je peux donner comme le meilleur de moi-même
Autant que je sais m’effondrer et regorger tellement de peine
Incontrôlable leitmotiv j’avance sans me poser des question
Je m’égare souvent dans les vices en attendant la passion

Je repense à ces paroles qu’ils ont lancées sans savoir
Qu’elles allaient anéantir de leur jargon blasphématoire
Le regard de quelqu’un qui ne croit plus en l’homme
Depuis qu’on a perdu Bowie, Kurt et John Lennon
Ça prend du temps à avaler les pierres qu’il te jettent à ta face
C’est comme réapprendre à marcher après une rupture dégueulasse

On m’a dit vas pas trop vite, on m’a dit faut être patient
Mais demain arrive si vite et j’ai pas changé de continent
Peu importe ces intentions on me dit que je dois m’y faire
L’enfer est pavé d’ambition de vouloir me foutre par terre

Mais t’en fais pas je suis conscient je sais qu’à chacun de mes pas
Si je retourne en arrière c’est pour mieux te ramener chez moi
Ca semble tellement égoïste, pessimiste, incandescent
Si je-me met à parler d’amour on dira que je suis inconscient
Mais j’y peux rien tu sais c’est comme quitter le rivage
Si j’ai pas de quoi m’accrocher je me finirai à la nage

Et chaque minute que j’attends
Et chaque minute me dépasse
Et si je perdais pied maintenant
Est-ce que je serais à ma place

Et chaque heure qui me contrôle
Dans la matrice dégueulasse
Je ne veux plus jouer le rôle
De celui qui reste à sa place

25 Août

La délicatesse de ton existence est sans doutes le spectacle le plus beau que je puisse regarder. Tu me touches du regard, je m’effondre sans craintes. Sans doutes. Les larmes que je planque sur ton épaule. Inexpliqués. Indélébiles. Tu les vois et tes doigts viennent se coller contre ma joue.
Comment fais-tu ça. Ne me le dis pas. Reste comme tu es, à parfaire mes sourires.
J’ai l’impression d’être.
Mais peut être que j’existe vraiment, enfermée dans la petite cuillère au milieu de mes draps.
J’accouche d’un soupir, de mes peurs, de mes terreurs pour ne garder que le meilleur.
Comment fais-tu ça. Ne me le dis pas. Tant qu’il y a ta peau pour respirer, tu sais.
Il n’y a pas assez de place dans ces secondes pour t’imaginer près de moi .
J’étouffe chaque minute. J’aime que tu me manques. Reviens. Attends. Pas tout de suite. Jette toi dans mes bras. Reverse les émotions. Je m’en fou. Je n’ai plus mal. Je suis pare balle. Tu es le barillet tout entier. Je ne baise plus le ciel. Je suis le ciel. Tu me regardes. Putain. En anglais. Où tu voudras. Tu reviens quand. J’ai chaud. Tu es pire. Joues encore. À ton tour. D’accord. Demain. Samedi. Tu viens avec moi. J’aime être tes yeux.
Mais de toutes les chutes, tu as su trouver la phrase. «On tombe dans le noir là. Moi je vois plus rien que toi.» Donne moi tes yeux. Doucement. Plus fort. Tu me fais rire. On y va. Les autres, leur enfer. Je m’en fou. Merci.

Merci.
Tu es la goutte d’eau qui fait déborder mon extase.

23 Août

Comme ces océans longilignes qui sculptent sur l’horizon, ses mains se sont éprises de ma peau.

– Tu me fais ébaudir
Je ne sais pas ce que cela veut dire mais je l’écoute chanter. Je la regarde sur ce piano.
Je la regarde et je n’y vois plus rien d’autre.
– Tu crois que ça peut marcher?
Elle avait souri.
Je sors de mon existence parce que c’est au-delà d’exister.
J’écoute le son de sa voix, je la fais entrer loin pour essayer de ne pas l’oublier quand elle n’est pas là.

Et dans les rues de toute ma ville, je ne parle qu’à son ombre.
Je la garde en mémoire, le moindre de ses gestes, ce qu’elle écrit, ce qu’elle me dit.
Cette manière qu’elle a de me regarder comme si j’étais quelqu’un.
Être quelqu’un avec toi, c’est d’un seul coup porter le monde, être le monde.
Être quelqu’un avec toi, c’est hurler en haut d’une montagne, cracher du feu, sauter du grand plongeoir.
Dominer l’existence sans avoir peur de tomber.
Se jeter par dessus bord, sans regarder ce qu’il y a en dessous. Si tu es là, tout ira bien.

Les imaginaires s’effondrent pour enfin laisser place à la réalité bouleversante.
Fais moi vivre ce que tu vis quand tu déverses de l’opéra au fond de ma gorge serrée. Je ne dirai rien, spectateur impromptu, maladroit magnifique.

J’ai des putains dans les yeux. Des putains sur mesure qui parlent anglais, des putains silencieux, des putains dans l’air que je respire pour te dire : même si je dois me mettre sur la pointe des pieds pour arriver à toi, je me sens à la hauteur.

28 Juil

Je prends une grande inspiration. Demain, demain. Demain il y a des traces de ta venue passée, des traces de doigts sur mes poignets, des feuilles dans tous les non-sens. Il y a ton cul posé sur le canapé qui ne regarde que moi. Les cris des gosses que nous n’aurons jamais. Les fleurs que tu m’aurais offertes. La photo de famille dans un cadre avec encore en dessous la photo de démonstration. Nous sommes plus beaux que la photo d’en dessous, c’est une satisfaction personnelle étrange, mais présente.
Les restes de cette bouteille de vin que nous n’arrivons plus à finir, les rires étouffés dans les draps. Tristan court après le chien. Tu veux du thé?
J’ai mal au bide.
Je retourne le vinyle pour encore, entendre Mile Davis fendre l’air avec son ascenseur, son échafaud. La cigarette fume seule sur la terrasse de la maison. Je dis la maison comme si nous avions un toit qui était le nôtre. Une sorte de paire de bras de béton pour consolider les couples. Pour dire «demain je serai encore là».
Il y a sûrement les fêtes de famille où nous avons le sentiment d’être complets. Les rires de ton père et la main de ta tante qui prend la mienne. C’est fou comme on s’attache à une famille qui n’est pas la nôtre, qui le devient et qui demain, peut devenir inconnue.
Pourquoi s’attacher si c’est pour être giflé de l’indifférence générale. Les Belles familles n’imaginent pas les plaies béantes qu’elles laissent macérer dans leur propre écho.
Il y a le sapin trop petit, les cadeaux mal emballés. Le petit caché derrière les autres que j’attends que tu ouvres depuis l’éternité.
Les hommes et leur whisky, les femmes et leur jeu de carte.
Il y a toi.
Ou peut-être est-ce moi.
Il y a ta main, sur ma joue, tes bras qui me serrent quand j’ai l’air de perdre pieds. Il y a ton envie de lire mon dernier livre. Je l’ai lu sur le canapé pendant que tu nous servais du thé. Tu as renversé le thé. J’ai arrêté de lire. Tu m’as demandé de continuer, laissant la flaque savoureuse sur le sol de la maison. J’ai souri.
Demain.

14 Juil

Une vague impression de déjà-vu. Sans toi, il ne reste qu’une fête nationale d’un pays que je ne reconnais plus.
Ils ne te célèbrent plus, c’est moi qui le fait.
Te souviens-tu de ce soir de juillet, allongées sur le capot de ta voiture.
Nous étions toi et moi sur le rebord de la route à regarder le ciel exploser de palettes colorées.
Le ciel éructait pour toi, et moi, les doigts pris dans tes mains familières je contemplais la fête nationale comme une bénédiction que jamais je n’oublierai.
Je ne mettrai pas de fleurs sur ta tombe, j’irai manger des cerises.
Je ne mettrai pas de larmes sur cette journée où tout ce qui explose, ce sont mes souvenirs.
J’irai engager la discussion avec n’importe qui pour y chercher le gout de ton altruisme, la douceur de tes paroles et la bienveillance de ton existence.
Faire des feux un incendie monochrome.

12 Juil

Tu as pris les devants en entravant mes arrière-goût trop sentimentaux.
Je suis de celles qui s’acharnent à vouloir goûter l’exception qui confirme la règle, qui croient toujours que les élans du coeur sont des passions souveraines.
Au détour d’un regard différent, une vision d’apoplexie.
C’est plus fort que moi, c’est plus fort que toi qui ne le sais pas.

Si tu ne me cloues pas au sol, comment avaler ce corps, comment boire ce vin, comment faire de toi une religion?

La Bible m’emmerde quand elle ne sert qu’à caler les chaises d’un avenir incertain.
Dans mes pamphlets contre l’univers et l’amour redoutable de ceux qui n’ont rien à donner, pas d’évangiles. Pas de places pour sept, on est pas à la télévision quand même.
Tu veux un livre? Viens le faire naître entre mes doigts.
Athéisme avant-gardiste, quelque peu nostalgique des Poly, des Mono, des BDSM ( Bigots Démesurés Soumis au Miracle) je te le dis : je ne crois en rien de ce que je n’aurai pas vécu.

7 Juil

J’avais sûrement mis la table de la manière dont tu l’aimais. Couverte des fleurs que tu porte à ton visage comme pour t’imprégner de leur parfum. Interpréter une histoire. Je ne me lassais pas de regarder toute ta stature inspirer près des bouquets de lilas, de tulipe et de muguet.
Il y avait dans notre regard quelque chose d’apaisé, de certain. L’empreinte des photographies Pinterest, les couleurs pastels des tapis que tu as choisi, la disposition des coupes de vin.
La stature qu’envient ceux qui ne sont pas capable de subir les affres du temps. De serrer les poings à deux pour former le cheval de Troies le plus insaisissable, merveilleux et haletant.
Crevant les Oedipes mal placés.