17 Jan

Il suffit d’une brise presqu’imperceptible pour décrocher la feuille de l’arbre.
Il avait suffit d’un regard, d’un geste, d’un soupir, d’une parole pour qu’en elle sente ses larmes ricocher sur son poignet. Ses mains serrées.
Son incompréhension la première fois que c’était arrivé.
Ses yeux gorgées de tristesse pour ce “rien du tout” qu’on lui a gueulé toute sa vie.
Ce” presque rien” comme une presqu’île, qui, dans ses profondeurs recèle des continents d’incompréhensions.
Son âme en entier bégaye à essayer de s’expliquer.
Elle parle une autre langue, ils n’écoutent pas.ou peut-être est-ce elle qui ne sait pas les entendre. Peut-être.
Son propre écho lui fait peur. La silhouette de ses incertitudes. Ils entendent mais ils ne comprennent pas. Ou peut-être est-ce elle qui ne comprend pas.
Peut-être.
Rien pour traduire son regard.
Les barreaux de sa prison sont des éclats de confiance qui creusent la terre aride. Rien à trouver. Pas de réponses.
À terre trop vite alors qu’il y a rien à faire éclore.

Elle s’enterre dans des explications qu’elle ne comprend pas elle même. Pourquoi pleurer pour la magnificence d’un accord, pour un désaccord qui lui saute à la gorge?

Elle n’a pas les réponses.

La promiscuité de sa peine est l’égale de ses éclats de rire.
Sismographe, jamais de platitude dans son existence effrénée.
Ils l’adorent comme il haissent ses mouvements intérieurs.
Ils l’haissent. Ou peut-être est-ce elle qui s’hait.
Peut-être.
Elle ne sait pas. L’incertitude est le cancer des relations humaines.
Elle devrait être saisie par cette ignorance.
Mais le savoir est un christ qu’elle ne lit que dans les livre. Ils en parlent tous, ils savent ce qu’ils veulent, ce qu’ils pensent, ce qu’ils aiment, ce qu’ils baisent, ce qu’ils choisissent, ce qu’il promettent.

Peut-être.

Atrophie identitaire, elle quête des bribes de connaissance, mais l’arbre est toujours immobile. Et elle le regarde, démembré de ses feuilles. Elle cherche la floraison, mais l’hiver est une saison qui ne lui laissera rien.
Nous étions en août, et pourtant, dans son coeur on sentait les gerçures, la morsure d’un froid polaire qui ne pourraient jamais la réchauffer,

  • À quoi tu penses?
  • Je ne sais pas.

Ils disaient connais-toi toi même. Ils auraient dû dire connais toi toi, aime.

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17 Jan

L’entre deux.

 

Il faudrait essayer d’imaginer le calme chaotique d’un récif d’où vient de partir la foule. Quelque chose entre le paisible et l’amertume.

Il s’était rendu ici, à cet instant où la foule a déserté les lieux, ayant assez foulé le sable, labouré la plage, à la laisser en miette.
La promiscuité laissait place à l’infernal horizon. Un horizon aux abords tranchants. La lumière y découpait les formes laiteuses des cumulus embrigadés dans le ciel.
Il ne pleut pas, ils vont rester ici.
Il ne pleure pas. Il va rester ici.

Toute cette étendue d’eau et rien à verser. Comme le sadisme naturel peut parfois être ironique.
Il voyait les bribes d’existences encore fraîches le long de la rive.
Il les entendrait presqu’encore, les voix de son fort intérieur.
Car le fort n’a rien d’une forteresse.

Les pierres poncées par le va-et-vient de l’océan lui ont poli le coeur assez pour y laisser fendre les courants d’air.
Ils appellent cela la mélancolie. Ils y ont foutu un nom presque trop charnel, onirique, poétique.
Il y entend surtout le fracas d’une vague d’amertume.
Il y voit les sourires lapidés, obligés, polis.

Il y entend le silence contrebalancés par des yeux qui parlent trop, par des coeur qui se serrent comme personne ne peut imaginer.

Il crache à la gueule de l’océan, jalousant le matriarcal possessif. La mer, toujours avec ses eaux. Refusant d’accoucher. Gonflée et fière.

Il était encore tard. De l’heure des fenêtres comblée d’obscurité.
Il était encore là.
Bien sûr qu’on l’attendait, peut-être même qu’on s’inquiétait.

Mais ce n’était jamais assez. Il voulait sentir autour de lui des bras comme des litres d’eau qui s’éloigneraient, mais qui reviendraient toujours.

La marée. Comme la figuration bipolaire du monde. Comme la représentation parfaite des hésitations populaires.
Une forme de “je t’aime moi non plus” à peine anachronique.

Les éléments se lèvent. Il sent l’air se remplir d’air. Quelque chose dans ce qu’il respire.
Des étaux qui se resserrent. Qui avalent le paisible pour le transformer en euphorie incontrôlée. Le souffle qui se distend, qui se contracte, qui exulte.
En un instant, la marée revient dans les jupes de sa mère avec une frénésie extraordinaire. La flotte se répand sur le sable, effaçant les traces d’humanité.
Immobile, c’est le déferlement d’eau, une rafale humide qui s’abat sur le corps, incapable de bouger.
Les voix lui disent de rester là.
Il voit des regards le pénétrer. Il sent le viol collectif d’une armée de visages familiers. Et bouillir l’incapacité de se débattre.
Liquide, perméable, insensé, profondément seul et pourtant habité de tant d’autres voix auxquelles il ne peut pas répondre.
Il se laisse aller aux désirs du large. Il est la pute de ce qu’il admirait il y a un instant.
L’honneur éclate en morceaux, ça gicle, perfore, incise, fend le coeur précaire.

Pourtant.
Pourtant…
Au loin, la lumière semble offrir promesse de rédemption.
Il se souvient qu’il faut tendre l’autre joue pour avoir droit au salut.
Au fond, il ignore si les promesses de l’aube ne sont qu’un livre.

Les promesses ne sont que la promiscuité de la vérité un jour de carnaval.
Le silence, encore, encore,  après le lointain assourdissant.
Il s’est passé quelques minutes depuis que tout le monde est  parti.
Lui, n’a pas bougé.
Il sait que l’orage reviendra, sans savoir quand exactement.
Il sait qu’il revient toujours.
– À quoi tu penses? Tu es bien silencieux.

– À rien.

Car il le sait bien, quand on est entre deux pôles, ils diront toujours qu’on extrapole.

11 Jan

Ces gens qui ont le cerveau plus gros que leur cœur. Ils suintent de la connaissance toute tracée. Ils ont toujours raison. Sur leur chemin les pierres sont en carton pâte. Jamais de problèmes. Des gosses qui disent merci, et leurs yeux qui te disent « et toi? ».
Moi je suis allée cramer mon âme aux entrailles de la vie. J’ai pris entre mes doigts le dégueulasse. Les failles. Les erreurs. J’en ai pas vraiment fait quelque chose de plus beau tu sais. Mais j’ai vu. L’humain dans toute sa démesure. Celui qui a pris le risque d’aller aimer plus loin, plus grand. Plus beau. Celui qui a posé, sur la table le cœur encore battant. Il a perdu la femme qu’il aimait. La Rafle dans ces yeux.  Je voulais aimer comme lui. A perdre une partie de toi-même.

Je ne sais pas ce qui force les hommes à prendre autant de précautions. Peut-être que c’est moi. Trop d’amour pour la vie. Vécue. Abîmée. Comme les vieux bouquins aux pages cornées. Quand t’arrêtes d’y faire attention. Tu lis. Faut tourner les pages avec fougue. Envie. Désir. Savoir la suite. Peur de la fin. Frénésie incontrôlable. Les bouquins ressemblent à la vie. Certains usés, déchirés. Raturés. On a vécu dedans. Jusqu’à s’y perdre. Crimes et châtiment. On se Raskolnikov la gueule. On s’ouvre aux pages qui s’ouvrent.
D’autres restent derrière la vitrine de la bibliothèque. Jamais lus. Violés vite faits par des yeux une fois ou deux. Ils sont là pour faire beau. Bons à retourner les lettres sur un plateau télé dans une émission dégueulasse.

Mais t’as raison, ça fait mal. Mal de vivre toujours aussi fort. Mais ça fait chier. Chier de vivre en sourdine, pour déranger personne.
Bouscule les un peu. Ils se gêneront pas pour t’ébranler si c’est dans leurs intérêts. Ceux qui parlent. Bons à ne rien foutre d’autre que de donner leur avis.
Ils regardent ton existence. La suivent comme une télé réalité. Ils veulent la suite. Savoir. Curieux et déshumains.
Moi je leur ai parlé tu sais. Tout le temps. Ils écoutent bien. Du haut de leur tribunal il évaluent. Jaugent. Jugent. Le délibéré à huit clos. Ils pensent que tu attends un avis sur ta propre vie. Le vote du public. Par contre quand tu chialeras du fond de toutes tes tripes, ils seront chez eux. Au chaud. Plus d’avis à donner. Pas envie d’écouter. De venir. De sauver. Ces gens là ils sont aux 35 heures. Ils ont pas le temps. Ils sont pas payés pour ça.
Ta vie dans tes mains. Tes peurs. Tes larmes bien seules, bien lourdes sur les lattes du plancher. Coup de latte.
Le vin. Aller chercher un peu d’immensité puisque le commun des mortels est décidément trop commun. Aller chercher dans l’écriture. Écris. Accouche plus fort mais dans le silence. Sans péridurale. Douille. Tu vas en chialer de l’encre. Et ce sera toi. Ce sera toi. C’est moi ici. Je me vois, je me dessine. Je me livre. Laboure ces pages pour sillonner mon cœur. Nu. Blessé mais en vie putain. Le cœur. Il bat. J’ai des bleus partout à l’intérieur de moi. Mais je suis là. Souriante. Belle. Palpitante. Écorchée.

11 Déc

Amours analphabètes qui regardent leurs pieds
Les souvenirs taillés dans les joues qui soulagent
Des années de carence qui n’on jamais trouvées
Plus qu’un lac de goudron derrière les paysages
Et ca s’éclate la gueule comme tous ces maladroits
Amoureux des linceuils où l’amour est une croix.
Ils se déchirent toujours, de leurs bouchent s’accumulent
Le ver de la pomme qu’on avale quad même
Je regarde l’amour métamorphose freudienne
Comment tu peux m’hair quand tu dis que tu m’aimes
La tristesse dans mes yeux la colère dans les tiens
Parralèlle stupéfiante, amour peau de chagrin
Il s’évapore si vite quand tu me lâche la main.
Et je danse sur une corde comme un pendu maudit
Qui ne tient qu’à un fil, le fil de sa vie
Et les bourreaux se marrent quand ils me voient pleurer,
Fille, à 33 ans, t’es mieux d’apprendre à la fermer.

21 Sep

J’ai le coeur amputé de ses vaisseaux sanguins
C’est une pierre angulaire où n’y pissent que les chiens
Elle a rendu mon sang plus dur qu’un tournevis
Qui s’empale et s’enfile, qui vient glisser son vice

J’ai le coeur amputé du reste d’un amour fictif
Il a des hallucinations à force de prendre le periph’
Ca s’entasse et ça tourne en rond comme un manège
Mais là ya pas de tickets, et tous les jours il neige

J’ai le coeur amputé et ya pas grand chose à faire
J’le r’garde se démembrer, les larmes ça macère
Il avorte chaque jour des promesses non tenus
Il se vide sans retour il est au dépourvu

J’ai le coeur amputé mais j’suis pas à la guerre
Ya pas moyen d’crier, de faire des notre père
Ya personne qui répond et l’écho qui s’enlace
Et un silence brimé, un soupir dégueulasse

J’ai le coeur amputé, qui porte bien son nom
À demander l’amour comme 10 piges de prison
Il ‘s’exhibe croyant qu’on lui prendra la main
Il est prostitution, plaisir sans lendemain

J’ai le coeur amputé de toutes les belles promesses
Il est sourd et aveugle aux courbes des princesses
Il a fini de croire aux contes de Perrault
Il sait que dans la vie ce sont juste des mots

J’ai le coeur amputé et presqu’analphabète
Il ne lis plus les livres il font mal à la tête
J’ai la mémoire paumée, l’envie de foutre en l’air
Mes rêves, mes idées.
Mais c’est pire que l’enfer

L’amputation précoce des membres de ton corps
Ça fait mal à l’estime, ça brise les rêves de gosse
Mais qu’est ce que tu veux c’est ça la machine insipide
De l’Amour proclamé et de sa belle vitrine

21 Sep

J’avais le cœur qui battait comme on bat la chamade
Elle elle restait en retrait, une forme d’amour nomade
Elle a touché avec ses mots les parois névralgiques
Et pour réparer les dégâts, y’a pas de solution magique

J’ai les cicatrice gonflées qui prennent de l’altitude
J’arrive plus à respirer putain la pente est rude
Quand le bonheur tu crois l’approcher, elle elle te gifle si fort
Que tu vois ton estime s’effondrer et ton sud perdre le nord

Elle a propulsé mes entrailles dans le fond de mes orifices
Elle mériterait presqu’une médaille pour la force de ces vices
Mais tu sais quoi, je vais affronter chaque journée comme un lendemain
Le futur est déjà périmé, mais le présent il sera mien

Les mensonges névrosés sont devenus limpides
Quand elle pris mes émotions pour y verser de l’acide
C’est toujours moi qu’avais tort, victime des hallucinations
Elle elle me mentait encore j’avais des électrocutions

Elle a craqué l’allumette avec un air dédaigneux
Me crachant presque à la gueule qu’elle pouvait trouver bien mieux
Dans le miroir je ne vois plus rien mais c’était son objectif
Quand on perd son chemin on s’accroche aux sédatifs

Elle te fera tourner la tête tu sauras plus où tu es
Comme une mauvaise héroïne qui se répand dans tes plaies
Puis un jour j’ai bien vu dans la flamme de son regard
Que l’amour avait disparu, qu’elle y brûlait mon étendard

Elle a foutu de l’essence sur chacun de mes rêves
Elle a pas eu la décence de m’accorder une trêve
Et jusqu’à la fin elle a joué comme un mauvais acteur
Ses paroles tellement boudinées dans sa belle bouche d’orateur

Alors je te souhaite bonne chance toi qui va l’approcher
C’est un état d’urgence dans tout ce que tu vas essayer
Elle va faire de tes repères un brouillon dégueulasse
Et tu pourras plus t’en tirer qu’en y perdant un peu la face

Tu verras tes larmes s’écouler comme un barrage qui cède
Tu essaieras de marcher mais c’est un putain de centipède
Maintenant que j’en suis sortie je peux enfin toucher le fond
C’est ça que je me dis et puis de toutes façons
J’ai pas peur de regarder au fond du puits de mon existence
Depuis qu’elle s’en est allée il me semble y voir de l’abondance.

move on

21 Sep

Le blogue va migrer sur une autre adresse, si vous souhaitez resté informé des textes envoyez juste un courriel à : chapristilavie@yahoo.com je vous joindrai la nouvelle adresse.

Merci

 

20 Sep

9 Sep

Bien sûr que tu avais peur.
Emmuré et à perte de voix tu chantes pour remplir le silence de l’appartement.

7 Sep

C’est tout ton corps qui se resserre contre toi même, comme s’il n’y avait plus de place.
Plus de place pour respirer.
Pour respirer.
Tu n’arrivais à rien.
C’était plus fort que toi.
Comme une chute magétique contre toi même.
La claque dure et sans ménagement.
La claque du passé qui revient, comme la marrée remonte.
Comme une envie de tout foutre en l’air.
Synthétique.
La claque chirugicale.Tu rêvais de l’unicité dans les yeux de celles qui ne voient que les autres et leurs belles qualités.
T’avais beau avoir tout ton être à donner.
Il n’était pas celui des autres.
Il n’était pas celui des autres.
Chirurgicale.
Seule. Parce qu’il faut bien cela pour prendre la mesure.
Regarder le desastre.
Et tout ramasser.
Comme un lendemain de fête.
Ta gueule de bois vient t’enlever le peu d’humanité.
On serre ses bras contre soi même en se disant que ça ira mieux demain.
Mais demain n’est qu’une pale copie d’aujourd’hui.
T’as le coeur qui saigne mais tu dois l’éponger.
Parce qu’elle est déjà loin.
Dans d’Autres corps à chercher le plaisir.
Dans d’Autres bouches à convoiter le désir.
Dans d’autres promesse dire les mots qu’elle te disait.
Qui n’avaient rien d’uniques.
Qui étaient faits pour tous. Comme un vêtement bon marché.
Tu te regardais.
Foutu en l’air.
Pas sûr de bien retomber.