5 Juin

J’aurais remonté les temps comme on relève les draps sur les épaules endormies de ceux que l’on convoite et que l’on adore.
J’aimerais ouvrir ma porte sur la présence indicible de ta venue imprévue.
Ne rien dire et juste mettre le baume sur le cœur.
Le silence est parfois la seule manière de garder la tête froide.
Et le corps brûlant.
Des silence accoutumés.
En attendant le bavardage confiant de ceux qui réussissent leur vie.
Des silences éloquents.
Mais qui évitent les promesses à l’Aube que l’on ne pourra pas tenir.
Les échos imberbes d’une route sans issue.
Car le vide me fait bien trop peur ce soir.

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Autoportrait II

27 Mai

Me regarder en face. Ne pas avoir honte de qui je suis et des chemins que je prends. Ne pas me sentir ridicule. Je ne suis pas incomprise tant que je me comprends moi-même.
Je choisis l’amour avec tout ce qu’il englobe de doutes, de souffrances mais aussi de rire et de merveilles.
Comment se blamer d’essayer mille fois de grimper l’Everest?

Faut-il rebrousser chemin parce que tout le monde le fait?
Faut-il abandonner car trop de fois chutée en bas de la montagne.
Je vais grimper cet Everest. En tête à tête avec moi-même.

Le froid perçant de l’altitude me fera douter. Mais j’aggriperai mes mains plus fort.
Quelles que soient les failles, les erreurs de parcours. Tous les chemins peuvent me mener au sommet.
J’ai choisi l’Everest depuis que je suis née.
Je l’ai parcouru à en avoir le souffle coupé.
Sans jamais m’approcher du sommet.
Mais à chaque fois, j’allais un peu plus loin, dans son envers, sur d’autres chemins, contre d’autres rochers.

Je suis déterminée à faire l’ascension de mes choix.
Tant que je ne tourne pas le dos à ce qui toute ma vie a été la finalité.
Je n’ai plus peur du froid, des solitudes quand, à la nuit tombée on n’entend que son propre écho.
Je reconnais ma voix.
Mes mains et mes bras me porteront là où je veux aller.
Les cicatrices, les ecchymoses et le manque d’oxygène qui me talonnent dans les sentiers.
Je ne les fuirai plus.
Mais jamais mon regard ne se détournera du sommet.
Pour un jour, planter mes crocs dans cette vue imprenable sur qui j’ai été, et sur tout ce chemin parcouru.  

Autoportrait

26 Mai

L’hypersensibilité est le cadeau le plus beau que la terre m’ait donné. Je ressens les émotions. Les miennes, celles des autres, décuplées.
Mais ce cadeau m’empêche d’avoir une armure, de celles que l’on utilise pour se protéger.
C’est comme être nu. Été comme hiver.

Alors un mot devient une gifle.
Un regard peut m’anéantir.
Je mets sur mes épaules tout ce que les autres portent. Parce que je pense que c’est ainsi que l’on prouve son amour. Que c’est de cette manière qu’en retour, on me donnera cet amour.

Alors j’ai cessé, un jour, de m’écouter. De savoir ce que je voulais.
J’acceptais tout par peur. J’ai perdu ma personnalité. J’ai acheté les autres. Tellement d’argent dépensé juste pour prouver mon amour.
Me disant que si je ne le faisais pas alors ils partiraient.

On achète pas l’amour.
Je mets tellement peu de valeur en moi que je donne le pouvoir aux autres de la déterminer.
Si tu m’aimes alors je me sens bien. Si tu ne m’aimes pas alors je me déteste.

Ce que j’avais de plus précieux, je l’ai mis dans les mains des autres.
Et je me targuais de ne pas baiser sans sentiments.
Mais je faisais pire que cela.

C’est donner le contrôle de tout ce que nous sommes.

C’est ne pas se connaître, ne plus se reconnaître.

Et sentir pousser un mal-être démesuré envers soi même.

Et n’avoir aucun moyen de s’en sortir.
Ailleurs que dans les mains des autres.

On finit par ne plus savoir où l’on marche, les yeux bandés par la peur de se regarder en face.

On se veut parfait.
C’est un spectacle affligeant.

Que l’on a appris à accepter.

Plutôt ça que d’être seul.
Sans identité.

Sans valeur.
Se prendre en main demande plus de courage que n’importe quoi d’autre.
Je mets un doigt dans mon engrenage

Et j’essaie de réparer mes dégâts.

Acceptant mes imperfections.

Reconnaissant ma valeur.
Dans le reflet du miroir.
Essayer d’y voir clair.

24 Mai

Je critique intérieur pour ne pas inculper
Certaines de mes erreurs
Je les laisses dépasser
Je vois bien dans leurs yeux qu’ils ne savent pas comment

Les mots à amputer les gestes à déposer
Alors je ne dis rien, qui ne dit mot consent
Ce l’on ne voit pas
Au fond
N’existe pas vraiment
16 Mai

Emmène-moi loin de cette certitude laconique de l’existence qui ne cesse de me décevoir.
Parce que je sais qu’un éclat de rire peut ressembler au démembrement du ciel.
Pour en faire des pièces à emporter.
Du Michel-Ange de poche.
Juste pour avoir le sentiment que chaque jour compte.
Et de cesser de jouer au mathématicien du temps perdu.
La madeleine rancie.
À peine entamée.
On attend, chaque minute comme si une main, sortie de nul part allait jouer aux peintures titanesque des ciels de cathédrale.
Et je tends ma main dans le bleu perçant.
Est-ce l’océan où la couverte céleste, je ne sais plus vraiment.
Racler le fond comme pour essayer de trouver la prise.
Entrer comme un gant dans la texture nacrée de bleu.
L’humidité, de l’eau ou les symptômes de mon angoisses traversant les pores de ma peau.
Être au port ou aux abords aériens.
Transparence sublimée. Les mineures mélancolique d’un piano droit qui rêve d’horizon.
L’évasion harmonieuse n’existe que dans les pamphlets que je m’inflige.
Certaine qu’à force de la fixer, l’horizontale deviendra parallèle.
Juxtaposée à la rage de survivre.
Pour ne pas simplement vivre.
Faut-il effleurer toutes les chapelles pour envisager l’éther qui ne dort jamais.
Celui qui les frissons vient caresser, pour leur dire que nous ne serons plus jamais seuls.
Pourquoi faut-il tendre l’autre joue
Quand on ne veut que tendre les bras.
Allez Michel Ange, dis-moi.

MichelAngeAdamSixtine

 

 

 

15 Mai

La joie se lit sur les parois de leurs lèvres

Et j’aimerais, plus que tout, sourire contre leurs bouches radieuses
Mais l’inlassable écho du vide, chez moi, ce soir
Me rappelle l’écran sur lequel je ferme les yeux
Cette place abyssale contre laquelle je presse mon corps chaque matin
Ce mur en craie en face duquel je mange chaque jour
Je me dis que ça manque de cadres photos
De souvenirs posés que la plupart des gens oublient de regarder une fois que cela trône chez eux.
Je crois que je passerais des heures à regarder mes cadres, témoins des scènes de vie quotidienne imparfaitement parfaits.
Aux lumières qui s’éteignent à deux.
Aux « tu reveux de la salade? »
À la fièvre nocturne des chairs qui se reconnaissent avec l’évidence et la hardiesse sublimée.
C’est quelque chose qui me manque chaque jour.
Et contre lequel je ne peux rien dire.
Alors je laisse s’évaporer mon silence.
Contemplant mes accomplissements personnels comme on regarde une reproduction de Rembrandt.
Mais pas un Rembrandt.
3 Mai

Le claquement du silence

L’ombre de nos mains, frôlées, dans l’obscurité surpeuplée d’amateurs de contes de fée.
Mon vacarme, quand tu as déposée la tienne sur ma peau, d’un seul coup.
Les spectateurs silencieux. Je m’imaginais qu’ils se taisaient juste pour me laisser le plaisir de me rendre compte.
Car ici, tous permettent de pouvoir croire aux histoires que l’on se raconte.
Les bords de mes rives ont commencé à déborder, calmement.
Tout en moi battait calmement.
Une vague légère. Noctambule.
On marche sur une rive et on entend la marée monter. Sans se montrer, suivant le décompte du temps.
Mes horloges se sont tues chez moi.
Peut-être est-il minuit.
Peut-être n’ai-je tout simplement pas dormi.
26 Avr

Prends mon imaginaire pour en faire l’artifice, les feux guident les bateaux les sirènes sans Ulysse.
L’anti héros parfait de toute mon existence, pas de cape pas d’épée juste un peu de silence
Les quatre murs de chez moi se resserrent et m’étouffe. J’essaie d’y foutre les doigts c’est une bataille de plus.
Comme ce reste d’arrière gout d’amertume dans mon souffle. L’oxygène devient plomb, des balles jamais perdues
Les gilets parent les coup mais le choc te transperce : c’est se mettre à genoux aujourd’hui sous l’averse.

8:00
J’ai repris pour cent ans depuis que les miroirs brisés
Reflètent le démembrements de toutes mes dernières années
Pourtant je regrette rien, tu vois, j’ai repris mon stylo
Si je ne peux pas perdre la voix alors je prendrai de l’égo
9:00
Et il n’y aura rien, je le jure, qui me fera sombrer
Tu peux me regarder en face, j’ai plus peur de me noyer
J’ai tellement passé de temps la tête au fond d’un seau
Que je suis dans mon élément, mes poumons sont gorgés d’eau
10:00
J’ai pris mes dernières histoires comme les témoins nostagiques
De mes terreurs du noirs et de mon esprit pathétique
Pourtant il y a bien quelqu’un pour qui un jour je serai entier
Chez moi il y a pas de partage, garde ta putain de moitié
11:00
L’insolence indulgente des prémisses des rencontres
Sont incompréhensibles j’ai plus le temps, j’ai pas de montre
Alors tu peux m’embrasser sans grands préliminaires
C’est à ça que je vais m’accrocher pas aux paroles remplies d’air
12:00
J’ai toujours cru au contact comme la preuve rigoureuse
Que tu peux être insouciante quand tu tombes amoureuse
On fini par passer à l’acte, actant que tout sera bien
On l’a dit c’est promis, on s’attendra demain
12:01
Mais demain c’est pareil sans l’electricité
Il ne reste que le coup, la foudre s’est tirée
01:00
Les pavés sur la route je les ai tous ramassés
J’en ai fait une frontière, un socle, un bouclier
Les pierres sur ma route ricochent sur le chemin
Je ne m’y arrête plus, j’ai plus le temps de demain
02:00
J’ai pris l’inspiration jusqu’à ne plus pouvoir m’en passer
Le grain de peau est tendu mais la mâchoire reste acérée
Dans tous ce que je respire il y a tout ce que je n’ai pas dit
Quand j’ai vu ce qui voulait sortir j’ai cru que j’avais raté ma vie
03:00
On m’a dit que le secret c’était de savoir se taire
Pour pas trop déranger, pour pas finir derrière
À force de silence pour ne pas t’emmerder
J’ai fait une dépendance au besoin de m’exprimer.
04:00
Et si c’est juste de l’encre qu’il va falloir que j’abandonne
Ce sera pour prendre le large avant que minuit sonne
Cendrillon marche pieds nus depuis que dans ses soulier
Elle a vu que c’était pas du vair mais bien du verre pillé
05:00
Je ne sais pas plus où je vais mais je sais qu’à mon bras
Il y a ma main d’accrochée et qu’elle elle me lâchera pas
Je ne sais pas non plus où je vais mais je sais que dans mes mains
Il y le coeur fragile de quand j’étais gamin
Il est cinq heures. Mon paris se réveille.

24 Avr

J’ose parce que demain n’existera peut-être pas.
Les lendemains ne sont que des promesses

Montrez moi les cartes du passé
Celles qui ont construit cette échelle sans barreaux
Je vois le ciel mais je ne peux pas l’atteindre
Où sont passés les barreaux
Comme marches de mon existence
Des courtes échelles de mains tendues
Caresses sur la joue ou claques contre le corps
Ne pas pouvoir redesendre
Je suis suspendue ne m’accrochant qu’à moi
J’ai peur de ne jamais plus m’endormir dans le silence d’une autre respiration
La ligne d’arrivée a dérivé
Les parvis religieux se sont emmurés
Les anneaux, serpents qui se mordent la queue
Ravalés.
Ils disent que l’on ne doit pas compter sur cet autre qu’ils appellent moitié
Car ce n’est qu la moitié de ce que nous voulons bien donner
C’est limpide et pourtant si difficile à mémoriser
Quand trente ans de ta vie tu avais tout à donner
Et qu’à deux doigts des bougies tu as tes poches lessivées
Lisez moi le passé que je comprenne aujourd’hui
Les cartes ne me disent rien que je n’aurais pas compris
L’échelle sans ses barreaux
Des bâtons dans les roues
Aujourd’hui sans la peau
Des cartes sans atouts
Allez souffle tes bougies, cette fois ci c’est la bonne
Inspire sans mépris, ne rend que ce que l’on te donne.
18 Avr

Les émotions, cette vague intermittente. Fracassante dans sa dureté, mais glissant sur la peau avec la récurrence des aurores, des aubes qui se succèdent.

J’avais regardé par-dessus la vitre du métro presqu’absent. Le quai, les visages, les sièges vides. Une mélancolie souterraine.

À pleine vitesse, mon reflet se tassait contre la vitre, essayant de percevoir au travers l’obscurité, des réponses.
Quel était ce sentiment de vide à l’intérieur. Cette irrépressible latence qui abreuvait mon regard perdu.
Je n’y voyais rien.

J’ai fermé les yeux quelques secondes, simplement pour tenter une évasion calculée depuis quelques arrêts déjà.
J’ai fermé les yeux sur tout ce qui m’avait mené jusque là, aujourd’hui.
On inspire toujours plus profondément les yeux fermés. Comme si les poumons ne se laissaient le droit d’inspirer à grande bouffée que dans cette intimité de soi-même.
C’est vrai, ce jour-là, je me suis laissée pleurer de l’intérieur, pour que personne ne voit, ne sache. Ne sache pas quoi faire.

Le siège d’à côté est vide, comme celui de la voiture que je conduis.
Il n’y a pas d’écho à mes paroles.
Pas de main sur ma cuisse.
Il n’y a rien.
J’ouvre les yeux. Il ne s’est rien passé.

Je déglutis mes envies de fleurs, de rires et de simplicité.
Descendre du métro, sortir de terre.

Demain, peut-être.

Non, demain je prendrai la rue. L’air. Pour ne plus fermer les yeux sur des fantasmes sentimentaux qui nous labourent sans jamais rien laisser pousser.