12 Juil

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12 Juil

12 Juil

Les éléments passent par-dessus le cœur.
C’est marée haute dans toutes les sphères de ton corps.
La respiration saccadée, atrophiée.
On dirait que tu n’as jamais appris à respirer
Que tu te contentais d’apnées quotidiennes
Retenant ton souffle pour ne pas faire de vagues.
Des poumons de cire.
La chaleur de l’été qui s’emplafonne dessus.
Comment on respire.

Tu t’es perdue entièrement
Puis t’as tout perdu.
« Les femmes et les enfants d’abord ».
Tu n’as pas su quelle partie de toi jeter en premier.
Laisse s’évaporer la tristesse de tes yeux.
Contemple encore un peu ce champs de bataille qu’est ta chair
Puis ferme les yeux.
Laisse toi couler au fond de l’eau.
Comme un poids que tout le monde à porté.
C’est à ton tour.
Pierre, tu te lances dans des prières.
Mais tu sais très bien que les notre père
Sont juste des hurlements qui ne savent plus se taire.
5 Juin

J’aurais remonté les temps comme on relève les draps sur les épaules endormies de ceux que l’on convoite et que l’on adore.
J’aimerais ouvrir ma porte sur la présence indicible de ta venue imprévue.
Ne rien dire et juste mettre le baume sur le cœur.
Le silence est parfois la seule manière de garder la tête froide.
Et le corps brûlant.
Des silence accoutumés.
En attendant le bavardage confiant de ceux qui réussissent leur vie.
Des silences éloquents.
Mais qui évitent les promesses à l’Aube que l’on ne pourra pas tenir.
Les échos imberbes d’une route sans issue.
Car le vide me fait bien trop peur ce soir.

Autoportrait II

27 Mai

Me regarder en face. Ne pas avoir honte de qui je suis et des chemins que je prends. Ne pas me sentir ridicule. Je ne suis pas incomprise tant que je me comprends moi-même.
Je choisis l’amour avec tout ce qu’il englobe de doutes, de souffrances mais aussi de rire et de merveilles.
Comment se blamer d’essayer mille fois de grimper l’Everest?

Faut-il rebrousser chemin parce que tout le monde le fait?
Faut-il abandonner car trop de fois chutée en bas de la montagne.
Je vais grimper cet Everest. En tête à tête avec moi-même.

Le froid perçant de l’altitude me fera douter. Mais j’aggriperai mes mains plus fort.
Quelles que soient les failles, les erreurs de parcours. Tous les chemins peuvent me mener au sommet.
J’ai choisi l’Everest depuis que je suis née.
Je l’ai parcouru à en avoir le souffle coupé.
Sans jamais m’approcher du sommet.
Mais à chaque fois, j’allais un peu plus loin, dans son envers, sur d’autres chemins, contre d’autres rochers.

Je suis déterminée à faire l’ascension de mes choix.
Tant que je ne tourne pas le dos à ce qui toute ma vie a été la finalité.
Je n’ai plus peur du froid, des solitudes quand, à la nuit tombée on n’entend que son propre écho.
Je reconnais ma voix.
Mes mains et mes bras me porteront là où je veux aller.
Les cicatrices, les ecchymoses et le manque d’oxygène qui me talonnent dans les sentiers.
Je ne les fuirai plus.
Mais jamais mon regard ne se détournera du sommet.
Pour un jour, planter mes crocs dans cette vue imprenable sur qui j’ai été, et sur tout ce chemin parcouru.  

Autoportrait

26 Mai

L’hypersensibilité est le cadeau le plus beau que la terre m’ait donné. Je ressens les émotions. Les miennes, celles des autres, décuplées.
Mais ce cadeau m’empêche d’avoir une armure, de celles que l’on utilise pour se protéger.
C’est comme être nu. Été comme hiver.

Alors un mot devient une gifle.
Un regard peut m’anéantir.
Je mets sur mes épaules tout ce que les autres portent. Parce que je pense que c’est ainsi que l’on prouve son amour. Que c’est de cette manière qu’en retour, on me donnera cet amour.

Alors j’ai cessé, un jour, de m’écouter. De savoir ce que je voulais.
J’acceptais tout par peur. J’ai perdu ma personnalité. J’ai acheté les autres. Tellement d’argent dépensé juste pour prouver mon amour.
Me disant que si je ne le faisais pas alors ils partiraient.

On achète pas l’amour.
Je mets tellement peu de valeur en moi que je donne le pouvoir aux autres de la déterminer.
Si tu m’aimes alors je me sens bien. Si tu ne m’aimes pas alors je me déteste.

Ce que j’avais de plus précieux, je l’ai mis dans les mains des autres.
Et je me targuais de ne pas baiser sans sentiments.
Mais je faisais pire que cela.

C’est donner le contrôle de tout ce que nous sommes.

C’est ne pas se connaître, ne plus se reconnaître.

Et sentir pousser un mal-être démesuré envers soi même.

Et n’avoir aucun moyen de s’en sortir.
Ailleurs que dans les mains des autres.

On finit par ne plus savoir où l’on marche, les yeux bandés par la peur de se regarder en face.

On se veut parfait.
C’est un spectacle affligeant.

Que l’on a appris à accepter.

Plutôt ça que d’être seul.
Sans identité.

Sans valeur.
Se prendre en main demande plus de courage que n’importe quoi d’autre.
Je mets un doigt dans mon engrenage

Et j’essaie de réparer mes dégâts.

Acceptant mes imperfections.

Reconnaissant ma valeur.
Dans le reflet du miroir.
Essayer d’y voir clair.

24 Mai

Je critique intérieur pour ne pas inculper
Certaines de mes erreurs
Je les laisses dépasser
Je vois bien dans leurs yeux qu’ils ne savent pas comment

Les mots à amputer les gestes à déposer
Alors je ne dis rien, qui ne dit mot consent
Ce l’on ne voit pas
Au fond
N’existe pas vraiment
16 Mai

Emmène-moi loin de cette certitude laconique de l’existence qui ne cesse de me décevoir.
Parce que je sais qu’un éclat de rire peut ressembler au démembrement du ciel.
Pour en faire des pièces à emporter.
Du Michel-Ange de poche.
Juste pour avoir le sentiment que chaque jour compte.
Et de cesser de jouer au mathématicien du temps perdu.
La madeleine rancie.
À peine entamée.
On attend, chaque minute comme si une main, sortie de nul part allait jouer aux peintures titanesque des ciels de cathédrale.
Et je tends ma main dans le bleu perçant.
Est-ce l’océan où la couverte céleste, je ne sais plus vraiment.
Racler le fond comme pour essayer de trouver la prise.
Entrer comme un gant dans la texture nacrée de bleu.
L’humidité, de l’eau ou les symptômes de mon angoisses traversant les pores de ma peau.
Être au port ou aux abords aériens.
Transparence sublimée. Les mineures mélancolique d’un piano droit qui rêve d’horizon.
L’évasion harmonieuse n’existe que dans les pamphlets que je m’inflige.
Certaine qu’à force de la fixer, l’horizontale deviendra parallèle.
Juxtaposée à la rage de survivre.
Pour ne pas simplement vivre.
Faut-il effleurer toutes les chapelles pour envisager l’éther qui ne dort jamais.
Celui qui les frissons vient caresser, pour leur dire que nous ne serons plus jamais seuls.
Pourquoi faut-il tendre l’autre joue
Quand on ne veut que tendre les bras.
Allez Michel Ange, dis-moi.

MichelAngeAdamSixtine

 

 

 

15 Mai

La joie se lit sur les parois de leurs lèvres

Et j’aimerais, plus que tout, sourire contre leurs bouches radieuses
Mais l’inlassable écho du vide, chez moi, ce soir
Me rappelle l’écran sur lequel je ferme les yeux
Cette place abyssale contre laquelle je presse mon corps chaque matin
Ce mur en craie en face duquel je mange chaque jour
Je me dis que ça manque de cadres photos
De souvenirs posés que la plupart des gens oublient de regarder une fois que cela trône chez eux.
Je crois que je passerais des heures à regarder mes cadres, témoins des scènes de vie quotidienne imparfaitement parfaits.
Aux lumières qui s’éteignent à deux.
Aux « tu reveux de la salade? »
À la fièvre nocturne des chairs qui se reconnaissent avec l’évidence et la hardiesse sublimée.
C’est quelque chose qui me manque chaque jour.
Et contre lequel je ne peux rien dire.
Alors je laisse s’évaporer mon silence.
Contemplant mes accomplissements personnels comme on regarde une reproduction de Rembrandt.
Mais pas un Rembrandt.
3 Mai

Le claquement du silence

L’ombre de nos mains, frôlées, dans l’obscurité surpeuplée d’amateurs de contes de fée.
Mon vacarme, quand tu as déposée la tienne sur ma peau, d’un seul coup.
Les spectateurs silencieux. Je m’imaginais qu’ils se taisaient juste pour me laisser le plaisir de me rendre compte.
Car ici, tous permettent de pouvoir croire aux histoires que l’on se raconte.
Les bords de mes rives ont commencé à déborder, calmement.
Tout en moi battait calmement.
Une vague légère. Noctambule.
On marche sur une rive et on entend la marée monter. Sans se montrer, suivant le décompte du temps.
Mes horloges se sont tues chez moi.
Peut-être est-il minuit.
Peut-être n’ai-je tout simplement pas dormi.