24 fév

Mardi 24 Février

Quelques blessures. De celles qui renforcent. Je m’apprête à faire le chemin inverse. Beaucoup de sourires et d’étreintes comme on en fait plus.
Toi, tu n’es pas venue. Je n’attends plus rien. Faire entrer dans la vielle caboche de 30 piges qui n’a jamais rien pigé à tout ça.
Mais je vais la réussir, mon évasion vers la liberté. Je n’ai plus peur d’être seule car maintenant je sais que je ne le serai pas, même si tu n’es pas là. Ils me l’ont bien montré, ces visages familiers, amicaux, inconnus.
Le cerisier s’est assis à côté de moi. J’ai allumé une cigarette et nous avons parlé. J’ai regretté de ne pas avoir de connaissances en ornithologie car l’oiseau qui me répondait m’a vraiment écouté.
Je parlais, il se taisait. Je me taisais, il sifflait.
Mieux vaut parfois ne pas savoir.
Les larmes sont sorties sans faire de bruit. Presque en s’excusant de vouloir être les dernières.
Faire la paix avec tout ça et rentrer accompagnée de leurs yeux, de leurs bras, de leurs « je t’aime » au travers de la vitre de la bagnole paternelle. Avant de partir précipitamment.
J’ai eu le souffle coupé.
La pompe à pompée plus fort dans la carlingue du gosse que j’étais.
L’avion m’attend. Je t’avais dit que je n’attendrai plus rien ni personne, et je n’ai qu’une parole.
Lever les yeux aux ciels.
Montréal, je rentre à la maison.

13 fév

Vendredi 13 février

Je me demande si c’est le bon jour pour prendre un avion. Mais puisque de toute évidence, j’ai décidé de vivre dangereusement depuis quelques mois, je ne m’étonne même plus.
Suis-je en train de partir ou tout simplement de fuir?
Je vais être honnête avec toi, je n’en sais rien. Je n’ai pas l’impression de fuir. Je fais face à une vague de douze mètres de haut qui s’apprête à me tomber sur la gueule.

Je sais même pas si je suis insubmersible au fond.
Je ne sais rien du tout.
Pas sur moi. Pas comme ça. Inconnu et découvertes. Programme fascinant sans avoir lu le synopsis.
Je suis seule, je suis libre, accoudée à ce bar de l’aéroport avec une bière portugaise bon marché.
Dix dollars le bon marché ici. Quand même. Les marchés ne sont plus ce qu’ils étaient.
Les amis. Cet alcool bien français qui va me monter à la tête. L’ivresse de ceux qui vivent avec un compte un rebours. Pour une fois, non, je n’ai rien à perdre.
Personne ne va m’attendre à la maison lorsque je ferai le chemin de croix à l’envers. Sans la croix.
Prendre un avion qui ne va pas se crasher. Se faire mal quand même.
Aller voir les cendres couleur cerisier.
Remarquer l’absence de celles que j’attendais.
Pardonner pour foutre cette croix à l’envers.
Émotive passagère depuis 30 ans. Bientôt cesser d’attendre à force de déceptions.
J’ai dû tendre l’autre joue comme un SM abstinent depuis dix piges qui reprend sa liberté.
J’attends pour la dernière fois.
Après vous m’attendrez. Mes aiguilles ne montreront que moi.
J’ai bien réussi à foutre le camp des plus beaux yeux de Montréal.
Je réussirai à changer mon sang en vin. Et à n’être liée qu’à moi-même.
Je vais sourire demain.
« Demain peut-être » comme disait l’autre.

9 fév

Putain les larmes au fond du ventre font mal quand elles sortent. 
C’est comme avorter par les yeux grands ouverts. Mais moi je ne suis pas prête. 
Pas prête à regarder.
Trop de corps me passent dans le regard. 
Tout ce que j’ai perdu, tous ceux que je ne reverrai pas. 
Une armée de fœtus qui attendent leur tour.
Ils me sortent par les yeux. 
Circulez.
Il n’y a plus rien à recevoir.

30 jan

Pas le choix, faut s’accepter, faut s’aimer, faudrait presque tomber amoureux de soi-même pour être à même d’aimer les autres. Ou faudrait tomber sur son alter ego. Mais je finis par me dire que c’est moi que je cherche au travers de tous ces visages de femmes aimées.
Mais alors, il me reste quoi? Comment on différencie l’amour de soi et l’amour des autres? L’amour des autres et le vrai amour? Le vrai amour et le grand amour?
Faut arrêter de chercher. C’est ça que tu penses, c’est ça que tout le monde pense. Mais moi j’ai peur, peur que plus personne ne m’aime. Plus jamais. Plus autant. À partir de quand nous avons moins de chances de rencontrer quelqu’un qui vaille le coup?
Faut sortir, faut se montrer, ce qui revient à chercher.
Faut être heureux pour attirer le regard, mais pour être heureux faut aimer.
On nous donne un tas de préceptes prêts à bouffer alors qu’ils se contredisent tous. Je ne sais pas, et puis même si on ne dirait pas, j’ai toujours eu du mal à trouver une fille vraiment jolie et intéressante à mes yeux.
Faut qu’elle soit dans un autre monde, qu’elle aime les mots, la mélancolie, la musique, la vie, l’art, la liberté. Faut qu’elle rie comme si le soleil ne rayonnait que sur toi. Faut que quand elle te regarde tu te rétames par terre. Faut qu’elle te surprenne, qu’elle ait les cheveux longs, des mains gracieuses, un corps élancé en un mouvement délicat. Faut qu’elle soit passionnée, folle, têtue et surtout, surtout, faut qu’elle m’aime.
J’ai l’impression que je ne saurai plus me faire aimer.
J’ai l’impression qu’elles ne sont pas si nombreuses, dans la vie, les femmes de ma vie.

28 jan

C’est à toi que je parle aujourd’hui. Toi et tes yeux que je ne vois plus depuis plus d’un an. Toi et tes bras qui ne m’ont pas pris depuis quelques éternités.
Ce creux est devenu un trou, puis le trou des falaises à s’en faire gicler des larmes tous les jours.
Tous les jours.
Tous les jours.
Toi. Toi dont chaque geste a une répercussion. Tu ne dis rien et je me prends un holocauste en pleine gueule.
Je n’ai plus d’identité. Je n’arrive pas à me construire, j’ai trop peur, trop peur qu’on me laisse.
Ces jours où je me sens tellement en retard sur les autres. J’ai fini par ne plus les compter. J’ai fini par ne plus m’aimer.
C’est pas ce que tu voulais, mais le résultat est le même.
Le physique est pas dégueulasse, mais à l’intérieur, c’est désastreux.
Alors je serre le poing, je ferme les yeux et je me le jette au visage.
Je ne retiens pas la force. Mais après tout, j’ai bien appris, c’est comme ça qu’on fait non?
J’ai pas les armes. Je suis face à la vie armée d’un pauvre regard terrorisé.
Toi. Toi qui me heurtes sans arrêts, au point que je n’arrive même plus à savoir où tu ne m’as pas fait mal. De la nitroglycérine dans un corps de porcelaine.
Tu vas me foutre le coup de grâce et crois-moi, je vais pleurer jusqu’à ce qu’il ne reste plus d’eau à verser. Renversée.
Comment croire encore en quelque chose. En l’amour. La stabilité.
Jolis mots pour musées bien sous tous rapports.
J’y crois toujours. Religion. Terrorisme. Ça se tient, croire en quelque chose que l’on a jamais vu.
Ces failles comme des taches de naissance.
Je ne ressemble à rien de l’intérieur, j’ai juste un univers à moi, l’envie de tout donner, si tu savais, tout cet amour à la con qui circule coûte de coûte. Il est pathétique.
Mais je ne trouve plus aucune paire de mains assez douées pour te faire enfin taire.
Alors, d’un geste machinal et désespéré, je fais glisser mes doigts sur ma joue un peu salée, un peu désorientée.
Les yeux fixant le néant silencieux.
« Ça va aller Mon Cha, calme-toi. Tout va bien se passer. Je suis là. Je ne te laisserai jamais, tu ne seras plus jamais triste, plus jamais seule. Plus jamais. Je te le promets. »miiiii

28 jan

« Je te disais les mots que les idiots ne disent pas sobres, de peur de passer pour des imbéciles. »

27 jan

Le genre de journée qui ressemble à  l’allégorie d’un sourire.

22 jan

J’ai dans la tête des contradictions, constellations du bout du monde qui jonchent le ciel de part et d’autre.
Le ciel ressemble à une déchetterie. On sait plus quoi y mettre.
Les étoiles deviennent des truffes célestes.
À moins d’avoir été traité comme un chien, pas sûr que tu saches les trouver.

20 jan

J’ouvre grand les portes de mon corps fatigué, prête à dégueuler le trop plein de toi dans la théorie.
J’enfonce les doigts le plus profond que je le peux.
J’y mets tous mes hauts de cœurs, mais je reste toujours aussi bas.

16 jan

Projet titanesque d’un an.
Rendez-vous en 2016

cons

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