26 juin

Tu es là et ce sont les murs des horizons tout entiers qui sont annihilés, qui se dénudent dans un chaos proche de la perfection.
Je crois que je retiendrai cette dernière phrase comme étant la comparaison la plus absolue qui soit.
Dans tout ce qu’elle est elle inspire le désordre. La puissance. La beauté.

 

23 juin

Métamorphose un peu endeuillée.
Des pulls vides entrent dans ma maison.
Un morceau de toi ira jusque dans ces placards de l’autre bout du monde.
Ta maison n’existe plus et je n’ai plus que cette immense cathédrale vide au fond de moi, pour aller faire le deuil. Passer les étapes.
D’autres vont y vivre. Regarderont pas la fenêtre. En plein dans la cendre d’un rêve qui a pris fin il y a des années.
Et moi, moi qui avance tant bien que mal.
Avec des rames qui raclent le gravier.
L’air n’est plus vraiment statique. Il devient difficile d’y respirer, de s’y attacher, de comprendre pourquoi encore, il faut aller s’en inspirer.
Viking premier prix. Guerrier mort-né. Petite fille avortée.
Je n’arrive à rien quand je me colle une étiquette bon marché pour définir mes sentiments sans jamais en parler.
Il y a quelques jours, j’ai vu tes yeux dans d’autres yeux.
Aussi perdus. Aussi innocents.
Sourire de cette chance qui me flagelle. Te revoir un instant. Silence tout autour. Déglutir les larmes.
C’est quoi la famille? Tu sais que j’ai mal appris. Que je ne sais pas vraiment, au fond, comment on y habite.
Si je suis faite pour ça. Si j’ai les armes, les yeux, les rires.
Je voudrais tellement y arriver comme j’arrivais à le faire avec toi.

Alors je te parle, je t’implore, je te promets.
J’essaie de marchander avec ton fantôme.
Que tu me donnes autre chose que cette jambe de bois pour avancer.
Moi, qui ai toujours voulu courir.

Poser ce pied dans les fondations d’une vie comme je la voudrais.
Comme on marche sur les pleines lunes.
Que l’éclopée du genre humain, l’invalide des sentiments et l’estropiée de la famille fasse ce putain de premier pas.
Sans fermer les yeux.

17 juin

Ses regards dévisagent le reste de la table, elle cherche à savoir, à sentir dans le contact de nos doigts qui s’étreignent, à combien.
Combien d’amour transparait, là, quand je serre du plus fort que je peux, jusqu’à oublier que nous ne sommes pas seules.
Je m’imagine lui prendre le bras, renverser le reste de cette table.
Les carafes en verre éclatées d’eau, inonder le parvis de cet amas d’amis,
Nous excusant de savoir vivre sans savoir-faire.
Fuir. Courir à gorges perdues. Déployées. Pleines.
Demeurer introuvables. N’entendre que nos souffles qui se reprennent.
Approche-toi. Que je t’apprenne, que je t’imprègne. Que tes bras serrent plus fort autour de moi.
Fais-moi entrer au plus profond de ton indispensable éclat de rire.
Fendre les rides de la main pour changer les futurs.
L’air est irrespirable.
Emmurée dans nos évasions impromptues, tu m’imagines partir sans toi?

16 juin

Viens  m’inspirer.
Faire le bouche a bouche à mon envie de vivre. Sans m’arrêter.
J’ai les poumons trop grands et la vie est trop courte.

Image 11 juin

empyre

5 juin

L’hiver est terminé. Le soleil doit briller un peu plus sur cet amas de toi, au pied du cerisier.
Les feuilles doivent commencer à pousser, à se pousser pour avoir la plus belle vue sur toi.
Je les envie un peu.
Bientôt les feux d’artifice, ceux de ton anniversaire.
Tu sais, moi, où j’habite, il y en a tout l’été.
C’est un peu comme un signe. Comme si tout de ce pays m’appelait à rester.
J’imagine ton regard dans les rues que je traverse tous les jours.
Tu aurais cette manière de tenir tes mains, lorsque tu marchais avec cette élégance innée, frappante, qui transformait les autres en passants, en second plan.
Aujourd’hui, c’est quand je ferme les yeux que plus personne d’autre n’existe à part toi.
Et je te regarde, avancer vers moi, ton sourire, ton regard et tes mains qui vont venir me rendre unique.
Jamais seule.
Dans 29 jours, c’est ton anniversaire, et je ne sais pas quoi t’offrir.

25 mai

Tes rires incestueux qui me mettent à nu donnent à la pudeur l’amertume des regrets que nous n’avons pas le temps d’avoir.
Mais parfois devant toi, j’ai la parole aphasique, à  risquer la vie comme un deuil de l’attente.
Demain n’existe plus.
Et tous les jours seront inoubliables.
C’est aujourd’hui l’exorde primal.

21 mai

Faire s’étendre l’univers dans les recoins de ses lèvres, entre’ouvertes, prêtes à bouffer le monde entier, les heures, le temps, les absences, les silences, les regards oniriques et les quelques soupirs frénétiquement posés à même la chair.

Bien sûr que j’ai mal. J’ai mal à chaque foutue seconde irrespirable interposée au milieu de nos séparations.
Au-dessus du vide, je me balance pour m’élancer, le plus vite.
Mon dieu. Faites que ça passe vite les heures inutiles à attendre pour donner sens, reliefs et effluves à l’air qui m’accompagne.
Si tu savais combien j’ai voulu de ce regard depuis ces quelques heures.
Si tu savais combien il semble plus simple de ne plus dormir plutôt que de s’effondrer au milieu des draps solitaires, incapables et silencieux.
Je cours, frénétique, convaincue, arbitraire pour laisser jaillir les sourires de gosse qui n’y croit pas.
Mais j’y crois.
Et je crois qu’elle le voit.
Alors je ne dis rien, je souris de cette ride d’enfant de trente ans au milieu de cette confiserie. Insouciant.
Certain d’avoir, dans mes poches, assez de courage pour la cambrioler toute entière.

19 mai

Voici la vie qui s’accapare ta présence comme un filtre essentiel à mon regard sur le monde.
Je souris à fêler toutes mes certitudes. Le masque, les murs, les barrières éclatent une à une.
Voici ma vie qui t’accapare et mon regard est désormais tourné vers ton monde.
Pourvu que j’y respire dans l’écho répétitif de nos longues minutes de silence.
Restons dans ce capharnaüm muet de ce qui nous submerge.

4 mai

Impassible asile, terre réconfortante et bassin généreux.
Au comble de notre inspiration commune, des bouquets dans les soliflores.
J’écarte de la main les hérédités maladroites. Le savoir-faire des inconscients.
Mon amour, irons-nous paver les enfers de notre paradis terrestre?
Les printemps commencent à se heurter sur les branches dénudées. La chambre ouvre la voie et je ne vois que toi.
La saveur matinale des rencontres de peau.
Garder intact le silence presqu’immuable, de l’aurore qui traverse ton visage encore endormi.
Je te regarde posté en gardien, garant de ta paix intérieure.
L’air incommode la pièce quand ce n’est pas toi qui l’expires.

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