19 Jan

Elle était entrée.
J’ai senti d’un seul coup se dresser minutieusement l’épiderme.
La sensation monumentale, mais silencieuse.
Le premier regard.
Au travers la vitre d’une station de métro.
Le silence. Puis sa voix.
Un nouvel instrument. Les vibrations inconnues
On se demande toujours si cette voix finira par faire écho, par éclore au fond de nous-même pour devenir différente des autres.
J’ai senti ma main trembler légèrement, mais ne jamais bouger.

Elle était entrée.
Trois heures à l’aube entre les quatres murs de l’appartement.
Les souffles essouflés.
La sensation d’entrer par effraction dans une cathédrale.
Le silence. Puis sa voix.
On se demande toujours si ce corps finira par être l’Arche familière, si les parfums nous feront fermer les yeux puis prendre une profonde inspiration.
Comme lorsque l’on rentre chez soi.
J’ai senti mon corps perdre pieds.

Elle était entrée.
Alors que nous nous échappions dans la ville nappée d’obscurité
Qu’abritées, sous la veine lumineuse d’un ciel nous tendions les mains pour le toucher. La sensation de parler avec la voix que l’on a toujours voulu entendre.
Le besoin des paumes de se toucher. Encore.
Le soulagement.
Celui qui veut dire : «tu es enfin là».
La certitude que je ne rentrerai pas chez moi.
Pas après avoir partagé le spectacle invraisemblable du ciel qui se tait, à son bras.

Elle était entrée.
Premières larmes. Sanglots du passé qui essaie, en vain, de desserer les liens. J’ai regardé mon ombre se replier sur elle-même avant de vouloir m’enfuir.
J’ai senti sa main agripper mon épaule, et j’ai pensé
Plus jamais je ne laisserai une vitre en nous.
Elle n’a pas laissé mon visage se défaire du sien.
J’ai souri au fond de moi, sans le montrer.
Au fond de sa délicatesse, j’ai accepté de respirer
Sans retenir mon souffle.

Tu étais entrée.
Tu es ici, chez toi.
Le visage que tu caresses le matin restera près de toi.
La voix qui te parle doucement et parfois trop fort continuera de s’adresser à toi.

Le corps qui se fend quand tu le touches ne cessera de s’émouvoir à chaque contact avec le tien.
La bouche qui se fond sur la tienne ne cessera de le faire avec ce coeur qui s’agite.
Pas parce que c’est nouveau.

Parce que c’est réel.

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16 Jan
Claquer la porte et recouvrir l’air de notre inconscience.
Tu t’en fous, tu me dis que l’on a plus vingt ans.
Défaire les draps.
«Les lits conventionnels, ça manque de savoir-vivre.»
Tu as ri.
J’ai vu l’atmosphère entière entrer dans ton expiration.
Tu retenais un peu ton souffle. Comme une première fois.
Il faudrait que je te dise que je suis capable de retenir le mien chaque jour de notre vie.
Mais il n’y a pas de notre vie.
Il n’y a que ce maintenant. Ce jour le jour.
Demain n’existe que dans les yeux des autres.
Dans les miens, tu veux saisir l’étroitesse d’un temps impassible.
J’ai les mains qui palpent chaque seconde.
Je ne tiens rien.
Pour un idéaliste incommensurable, c’est faire sa Cartesienne.
La flamme de la bougie se consume sur la table basse.
Sablier de feu.
Jours opulents.
Un étreinte en aveu
Nuits de ciment.
Demain au regard de la flamme abîmée par le temps,
Le savoir-vivre.
16 Déc

Imagine les touches lisses, magnétiques des pianos enivrants que tu rêves de toucher. La stature imposante de ce couvercle relevé, la surface presque maculée de satisfaction silencieuse.
Tu portes tes mains sur cette lumière encore endormie.
Premier contact. Enivrant, décadence, souvenir, nouveau, perfection perforante, arc-en-ciel, en terre, en mer, en tout ce que tu veux. Ton coeur ne bat plus, il se débat pour calmer ses intuitions manichéennes.
Le bien, le mal. Tu me fais tellement de bien que ça fait mal. Tu connais ce sentiment.
Il t’est déjà arrivé de le fantasmer, rêver, implorer, simuler.
Les touches s’entichent de tes doigts.

Second contact. La paume de ta main prend appui sur le monde pour donner l’impulsion au premier son. Comme le cri d’un gosse. C’est un nouveau-né. Mais il n’est pas de toi. Tu n’aimes pas cette sonorité décalée. Peu harmonieuse. Difficile. Sûrement un bémol.
C’eût été si facile de se foutre des blanches au bout des doigts.
L’Harmonique.
Et toi, tu te heurtes au bémol de mon existence. Une touche moins affirmée. Qui sans les autres, n’est qu’un son inarticulé qui pourrait être merveilleux.

Mais qui ne l’est pas,
Je voudrais sonner mieux. Mais sans tes mains, il n’y a que ceux qui lisent la musique qui sont aptes à déceler mon importance.
Tu veux le meilleur?
Il n’existe pas de partition pour me lire.
Tu devras apprendre à aimer le son bancal avant d’y voir le miracle.
Tu devras accepter la sonorité larmoyante de ce gosse qui reste prostré au fond du couloir. Persuadé qu’à la moindre occasion, on le laissera là.
Persuadé que les autres touches sonnent mieux. Que seul, il est juste un bruit. Un grésillement. Quelque chose qui défenestre l’ouïe à force d’essayer d’y voir le beau.
Je penserai à tes mains, chaque jour de mon existence. Comme la promesse d’une caresse qui saura un jour dompter les craintes, rassurer les peurs, faire taire le vacarme bémol
Je penserai à tes mains, qui panseront ma peur de sonner faux, pour me faire résonner dans toutes les églises que tu voudras toucher à pleine paume.
Je penserai à demain, quand tu ne regarderas plus les autres touches pour y deviner des symphonies. Et qu’avec mon seul requiem, tu réinventeras l’harmonie.
14 Déc

Il me semble qu’hier encore était le commencement.
J’y revois, gravé au fond de la pièce, tes paroles qui me tendaient leurs belles paroles.
J’y croyais comme on y croit les premiers jours.
Je n’y croyais pas.

Je connaissais trop bien les déceptions des regards qui promettent des soleils mais qui ne peuvent pas changer une ampoule.

Alors, tous les jours, tu faisais ce chemin pour aller chercher l’éclat et le mettre quelque part en moi.
J’ai vu ta détermination à me faire sentir différente des autres.
J’ai senti tes mains serrer le plus fort possible les plaies pour les faire hurler, puis se taire.
J’ai vu ton sourire, et j’ai vu tout s’effondrer autour pour ne laisser que toi.

J’ai pris la main que tu me tendais.
J’ai osé fermer les yeux alors que tu me faisais traverser la vie. J’entendais la vie des autres, j’entendais les chutes, les larmes, les doutes.
Tu as serré ma main plus fort.
J’ai osé croire aux ampoules, aux soleils, à l’incandescence d’une seule personne.
Tu m’as laissé marcher seule, les yeux fermés.
Tu m’as dit que je devais me faire confiance.

Lorsque je suis tombée, tu m’as laissée me relever. Tu ne me quittais pas des yeux.
J’ai senti la chaleur sur ma peau.
J’allais dans le bon sens.

Tu m’as repris la main.

J’ai tourné la tête, comme on le fait en bagnole, et qu’on regarde la personne que l’on aime.
Tu n’as rien dit.
Mais j’ai tout entendu.

6 Déc

J’ai pris ma mémoire infantile, quelque chose qui est là depuis toujours, qu’on ne remarque plus.
Un vase, une table, le divan.
Un meuble.
Quand on ne sait pas où mettre les mains pour ne pas faire tomber, retourner, enfoncer. Déplacer.
Et d’un seul coup, au fond de l’âme, l’amnésie.
La douleur sans savoir pourquoi. La peur, amputée de ses dix doigts.
Intenable.

Ça me glisse entre les mains.
Mais tu sais, j’essaie. J’y fous la bouche pour déchirer les morceaux qui ne servent plus à rien.
Pour que tu sois fière.
Pour que personne dans tes yeux ne soit plus beau, plus fort, plus grand que moi. Même si l’amour ne se mesure pas.
Pour que personne n’ai l’air de mieux se débrouiller avec ces cicatrices, j’appuie dessus très fort pour que tu ne les vois pas trop.
Je souris avec ce visage que tu connais et auquel tu ne crois pas vraiment.
Mais c’est comme lire une langue inconnue.
Tu ne peux pas comprendre.
À peine déchiffrer. Je ne suis pas un livre ouvert.
Ce n’est pas  toi que j’en veux, c’est à moi.
De ne pas savoir, comme on le faisait avant, déverser l’alcool sur la plaie pour qu’elle disparaisse.
De ne pas savoir mettre les mots dessus.
De ne plus savoir où sont les souvenirs pour les effacer.
D’avoir peur.
Mais de ne pas savoir où aller la chercher.
4 Déc

Tu m’avais dit : «j’ai hâte du moment où je te regarderai et où je te connaitrai».
Les choses deviennent familières.
Ton regard dépose maintenant une sorte de film protecteur sur moi.
Tu me regardes.
Tu me connais mieux.
Chaque jour.
Tes mains, souvent perdues dans mes cheveux.
Juste pour me faire du bien.
Juste pour moi.
Nos rires qui cognent contre les murs de ton appartement.
Ce n’est plus pour rire. C’est très sérieux.
On ouvre les yeux à cinq heures du matin. Pas assez proches.
Besoin du contact comme quelque chose d’inévitable.
Tu te serres contre moi.
Je respire mieux.
Nous dormons les yeux ouverts pour mieux se regarder avant de replonger.
Je voudrais ne pas connaître la fatigue.

Tu m’avais dit : « je ne veux pas que tu t’endormes, on ne se verra plus sinon»
Je me suis endormie, mais ce matin, je comprends l’amertume de ces regrets.
J’aurais voulu veiller toute la nuit à ne rien faire avec toi.
J’aurais aimé avoir cette force.
Je suis partie, embrassant tes yeux ouverts endormis, fermant la porte sur la seule raison que j’avais de me lever ce matin.
Je me suis promis d’apprendre à moins dormir.
Moins dormir pour sourire
Moins dormir pour rester vivre près de toi.
Car si ce matin je ne suis pas fatiguée, il résonne en moi et autour de moi le bruit de ton absence et des regrets de ne pas avoir été noctambule.
Demain, faire de tes nuits les yeux ouverts mes opportunités de partager ta vie.
Demain.
20 Nov

Bien sûr que j’y pense.L’amnésie n’est pas une option dans les sentiments. Si tu peuples mes nuits à défaut de ne pouvoir submerger mes jours, il ne me reste que le marc du café pour forcer mes insomnies.
Je n’ai pas le choix que de tirer un trait, mettre le blanc dessus. Gratter la surface pour parfois y voir encore ton prénom. Me rappeler sa sonorité familière. Puis plus rien.
Les souvenirs, c’est accumuler l’amertume au fond de la gueule mais ne pas vouloir les recracher. Les recracher ce serait les voir sortir de soi.
Je ne veux pas oublier. Les souffrance mais aussi les instants plus salvateurs.
Les ruptures, ce sont les points de suture de l’esprit. Ils sont justes toujours là, quelque part à tirailler des morceaux de soi. Ils marinent entre la colère et la nostalgie. Entre les larmes et les rires. Entre l’indifférence et la stupéfaction.
À disséquer la peine comme on analyse une toile dans un musée. Passer à la salle suivante. Oublier les toiles mais jamais la lumière de cette salle au accents de renaissance. Ou de Sécession. Je ne sais plus.
À enterrer à coups de pelle le moindre souvenir trop délicat.
À te cracher à la gueule pour ne pas perdre la face.
À s’empêcher de dormir, parce que la nuit déforme les mouvements de mon coeur.

2 Nov

Suis les mouvements de mon corps.
La chair en champ de blé, debout, prête à éclore
Presqu’île en devenir.
Tu avais allumé la musique, j’ai entendu Porz Goret.
Je t’ai dit que cette mélancolie en noir et blanc me redonnait les couleurs.
Nous n’avons rien dit. J’ai vu tes yeux ne pas me quitter des yeux.
Tu voulais saisir toute la substance de mon âme.

Tu sais que je n’y crois plus depuis longtemps.
Les gens aiment se regarder dans un miroir.
Je sais que tu t’interesseras à moi les premiers instants.
Ma complexité te plait. J’ai beau te le répéter.

Tu vois la perfection dans le mien de miroir.
La musique, l’écriture, les mots.
C’est en moi tu comprends,
Ce n’est pas pour un instant.
Les gestes, les pulsions du coeur sont solides

Et pourtant, personne ne fait exception à la règle.
Tout le monde retourne à son miroir.
À ses affaires.

Je me demande si les scénaristes pour inventer des amours invincibles,
Pour inventer des filles qui traversent la ville en pleine nuit, sous la flotte
Pour mettre au monde des regards au bout de dix ans
Pour enflammer nos coeurs avec ce «nous deux» qui semble si indestructible.
Ne sont pas fous.

Où bien c’est moi.
C’est souvent moi.
Fais-moi mentir.

J’ai perdu ma virginité dans ton regard.
Je le vois.
Je ne suis plus pure. Et j’y lis parfois le mépris.
Déjà.
Encore.
C’est souvent moi.
Ils ont raison, personne ne nous comprend jamais vraiment.

Fais-moi taire. Arrête de me lire, embrasse moi. Renverse-moi. Gifle moi en me promettant de ne plus jamais dire ça. Que tu seras là. Que tu seras là. Que rien ne te fera plus plaisir. Que je suis la moitié de toi. Que nous sommes entiers. Beaux. Forts. Merveilleux.

Emmène moi à Porz Goret.

Ne lâche pas ma main. Laisse moi mettre ma tête sur ton épaule.
Apaise moi.
Pour faire taire ces terreurs  qui nuit et jour viennent me chercher pour un ailleur douteux.
Parce que je vaux mieux que ça.

Parce que tu le sais.
Parce que tu lis sous les murs que j’érige autour de moi.
Parce que tu poses les mains sur la pierre pour l’écouter.
Pour la réchauffer.
Parce que tu vois au travers.


Emmène moi à Porz Goret.
Fais-moi voir la mer.
Je t’attendrai.

27 Oct

J’avais quinze ans les premiers jours de notre rencontre
C’est fou comme quand t’as rien tout change en une seconde
Les regards, les absences et les absinthes, les miroirs
J’osculte cent fois le reflet avant de te revoir
Histoire de savoir, ou juste pour me faire croire
Nos existentialismes n’existent pas par hasard
J’avais quinze ans je croyais tout
Les caresses, les paroles, les boire, m’en foutre partout
Jamais assez de toi, j’avalais jusque tard
Je ne dors plus vraiment mais s’endormir c’est quoi
C’est perdre un temps précieux où t’es pas vraiment là.

Je tiens pas la distance,  je dormirai debout
Si c’est ce qu’il faut faire pour te voir à genoux.
Te donner tout ce que j’ai pour que tu l’illumines.
J’en ai marre de nager, je veux que tu m’arrimes.

J’avais vingt ans quand tu m’as dit que tu m’aimais
Les étoiles débordant de ma gueule de novice
Pourtant ça fait dix fois que je prends un précipice
Pourtant toi je te crois, je sais pas, c’est propice.
Je prends encore le temps de courir après ça
Je garde tout les souvenirs qui commencent par toi
J’avais vingt ans, je voulais tout
Les ivresses, tes oboles en y voyant richesse
J’avais vingt ans, déjà, j’occultais la tristesse.

Elle est belle la distance quand elle est avec toi
Tu es ce que je suis, je suis devenue quelqu’un
Je te regarde hier, aujourd’hui et demain
J’ai envie de plonger partout où tu seras.

Hier j’ai eu trente ans tu m’as dit je sais plus
Il y a cette fille là bas, elle transpire le début
C’est sûr qu’avec ma gueule que tu connais par coeur
«Arrête c’est pas toi, j’ai peut être juste peur»
J’ai eu trente ans un jour dans mes yeux délavés
Toi, je sais pas vraiment si tu l’as oubliée
Et puis arrête de dire que tu es désolé
J’ai fait semblant de croire tes paroles d’évangiles
Regarde encore une fois ma petite gueule d’apôtre
Reflet dans le miroir, ce n’est plus toi qui brille
J’aurais quinze ans parfois, mais dans les bras d’une autre.

Elle m’emmerde la distance que tu prends dans les yeux
Je sens tes frustrations gifler comme un aveu
J’ai regardé mon verre, aujourd’hui et demain
Me noyer sur la terre, j’ai plus le pied marin.

Demain j’ai quarante ans je veux pas rester seule
Comment on se reprend quand on a pas de toi
Comment te voir vieillir si t’es pas encore là
Demain j’ai quarante ans à la lumière du jour.
J’essaie de voir ta main, ses rides et ses défauts
Qui font qu’elle est unique et que j’en perds mes mots
Ta main là, dans la mienne, c’est ce qu’il me fallait
Ça y est c’est aujourd’hui que j’arrête de compter.

Il y a plus de distance, assez pour reculer
Lever les yeux vers toi me taire, te regarder
Je m’imprègne de tes rides, mes endroits préférés
Si tu sautes je saute, enfin, putain, ça y est.

23 Oct

Le lien est vidé, comme un ombilical biaisé,
Comme une allure foetale déjà brisée.
L’intermittence pesante d’un regard percutant,
La gestuelle manquante d’un gosse de dix sept ans.
En tête à tête dans ma mémoire, repasser l’histoire
Les nouveaux départs, parier sur le hasard,
Quand-est ce que tu rentres
Les excuses qu’ils s’inventent.
Ils ont dépucelé nos rêves à rentrer bien trop tard.
J’appréhende chaque regard comme si j’allais en crever
Maman j’ai plus peur du noir mais laisse allumé.

Les vérités sont toujours ostentatoires
Pourquoi quand tu dis vrai c’est toujours parce que t’en as marre.
Pourquoi quand j’ai envie de pleurer ça fait que toi tu te barres.
Pourquoi ils nous ont séquestré dans des films où personne se sépare
Les génériques de fin c’est promettre un nouveau départ.
J’ai regardé par la fenêtre j’ai vu mon voisin sauter
Le sourire aux lèvres d’avoir enfin osé,
Un doigt bien en l’air comme si ça comptait,
Le visage par terre comme s’il finalement il l’avait regretté
J’appréhende chaque regard comme si j’allais en crever
Maman j’ai plus peur du noir mais laisse allumé.

J’ai vu des femmes me mentir droit dans les yeux
L’insolente vérité débordant de leur jeu
J’ai regardé leurs sourires qui disent ne t’inquiète plus
Mais qui par derrière lui disent que tu ne m’aimes plus.
J’ai vu tes larmes quand je t’ai dit c’est terminé,
C’est toujours quand il y a un drame qu’on se sent tous soudés.
Il y a qu’à regarder comment ça se passe juste à côté
Les réunions de familles commencent toutes par un décès.
À croire qu’on sait juste se dire je t’aime quand on en a plus besoin
Pour combler des silences des vides qui ne veulent dire plus rien.
J’ai pris de la valeur le jour où j’ai disparu
Dans tes yeux j’ai de la place juste quand je n’y suis plus.

Et on va refaire l’histoire en se croyant historiens
Non j’ai plus peur du noir, mais en fait j’en sais rien
J’ai beau t’expliquer comment je me sens fissurée
Mes blessures t’insuportent, ne sont pas ma fierté
J’ai des rêves enragés qui ne veulent qu’exister
Dans un coeur bombardé par la peur de t’aimer
Mes craintes, mes questions, mes paroles bégayées
T’en fais pas il y a personne qui a su les apaiser.

Impact générique, publique, génétique
Trop nostalgique
Des entailles mécaniques, la vision à peine pathétique.
Mais putain comment je me construis
Si même dans tes yeux je trouve pas mon abris.
J’appréhende chaque regard comme si j’allais en crever
Maman j’ai plus peur du noir mais laisse allumé.

Elles écoutent sans entendre ce que j’ai à leur dire
Si j’essaie calmement, elles voient quand même le pire
Oui vas-y t’as raison je me victimise par choix,
Fucking belle sensation de n’être toujours que ça.
Mais toi t’es imparfaite, mais c’est toujours meilleur
Qu’la gueule de mes défaites qui se défendent par peur.
Les autres sont tellement beaux ancrés dans leur confiance
Laisse-faire, j’ai trop d’égo.
On dira que c’est la France.

J’appréhende chaque regard comme si j’allais en crever
Maman j’ai encore peur du noir.
S’il te plait n’éteins jamais.