25 août

Est-ce que tu te souviens de moi cette première fois?
Les mains sur toi comme deux pamphlets plus très sûrs d’eux.
Trembler un peu, mon cœur te tire dans le dos.
Tu ne te retournes pas  et j’espère, j’espère que derrière ta robe tu as senti les contretemps, qui ne savent plus compter, ricocher sur ta peau.
Nos mains se joignent pour parfaire le geste.
Je soupire certainement de paroles inaudibles
Je souris sûrement parce que tu ne vois pas.
Tu te retournes, tes yeux giflent le reste.
Je resterai debout
À genoux devant toi

24 août

J’ai un peu froid. Ta veste sur mes épaules.
Comme des bras qui me serrent, mais dans lesquels n’importe qui
Pourrait rentrer.

20 août

Et, à la manière d’une trop longue apnée, j’ouvre les yeux, la gueule débordant à en vomir, de ces images, à bout de souffle, anéantie, me demandant seulement si un jour, elles n’existeront plus.

5 août

C’est une scène au ralenti mais qui fait s’accélérer ton cœur.
Quelque chose à 4800 images par seconde, mais qui prend son temps.
Elle s’avance et chaque pas, chaque mouvement est un Haka en pleine gueule, le cri d’un opéra, la guitare que l’on explose sur la scène.
Quelque chose qui ne te soulève pas, mais qui t’emporte.
Ce n’est rien, vous aviez rendez-vous et tu le savais.
Cela fait maintenant cinq ans que tu la regardes te rejoindre à la table d’un restaurant.
Cinq ans.
Huit cent cinquante-neuf hakas
Puccini greffé à même le cœur
Des kilomètres de cordes brisées

Elle s’assied à côté de toi. Te regarde avec cet air familier que tu connais par cœur, et pourtant, c’est une première fois à chaque dernière fois.
Tu ne dis rien, ta main tremble un peu.
Elle croira que tu as froid.
Sa douceur t’émeut.
Tu ne diras rien.
Elle saura.

4 août

On se dit je t’aime au travers un écran avant de raccrocher comme pour donner sa dose d’endorphine à l’âme d’enfant.
L’enfant répond machinalement, ça fait longtemps qu’elle n’y croit plus. Ça fait longtemps que les je t’aime ont la portée sémantique d’une interjection. Ça donne du rythme à la phrase. Ça clos le débat et c’est tout.

24 juil

Javelliser son âme pour ne plus rien ressentir.
T’es pas mieux, toujours aussi dégueulasse.
Peut-être que tu as l’âme souillée de naissance.
« Il ne nous arrive que ce qui nous ressemble »
Alors je ne ressemble à rien.

21 juil

Un large sourire qui entaille mes joues. Un sourire libertaire.
Je ne pense plus à rien avant de m’endormir. Je laisse ma main et mon visage s’imprégner une dernière fois de toi, attrape-rêve.
Emmêlée dans un de tes regards, plus de peur.
Tire encore la corde, je n’ai jamais été aussi libre et attachée.
Pendue à notre existence comme le cordon qui me maintient en vie.
Peut-être enfin prête à venir au monde.

16 juil

La rue est trop calme. Beaucoup trop calme pour te laisser t’enfuir au milieu de ses bras endormis. Les miens te serrent et veulent te garder encore, un peu. Une seconde. Attends-moi.
Pas assez de ton parfum matinal contre ma joue marquée par l’oreiller. Attends-moi. Pas assez de ta bouche qui vient s’appuyer contre mon sommeil qui se réveille, et mes yeux entr’ouverts qui te regardent partir. Qui te retiennent.
Attends-moi.
Parce que ces matins sans toi. Parce que ces secondes où tu pars, je ne veux même plus regarder par la fenêtre. Je voudrais juste entendre ton pas courir, remonter. Mes pas, descendre, te rattraper.
Reste avec moi. Le reste du monde ne saura pas me faire oublier que tu es partie.
Reste avec moi. Courons dans ces escaliers.
Embrasse-moi. Jusqu’à aller me chercher là où je ne savais pas que tu pouvais aller.
Rentre chez nous. Ferme la porte. Aujourd’hui et les autres jours, te voler au présent parce qu’on ne sait jamais.
Parce que si je meurs demain, je n’en regretterai rien.

14-07-2015

14 juil

Assise sur le bord d’une terrasse en bois, il est 5 heures 30.
Se lever tôt pour ne pas faire s’écarter davantage le décalage horaire. Avoir le temps de te le dire mille fois si je le peux.
Regarder les feuilles dans l’arbre qui me surplombent sans sourciller. Tenir tête à la nature. Lui en vouloir un peu, encore, de t’avoir arrachée à moi. Défier l’Absence d’un regard qui renie ses propres larmes.
Je ne les essuie pas.
Je fais comme si elles n’existaient pas.
Si tu savais comme aujourd’hui, tu me manques.
Comme je n’ai pensé qu’à ça depuis la première fois que j’ai ouvert les yeux ce matin. J’ai imaginé ton visage, plisser les yeux très fort pour me souvenir le son de ta voix et de ton rire qui ne s’arrêtait jamais.
Sur ma terrasse, le piano. Le bruit des feuilles et le silence de l’eau triste que recrachent mes yeux.
J’imagine ton regard et ressens, une seconde, tes mains calmer ma peine, me serrant si fort contre toi que rien d’autre n’a plus d’importance.
Pour toi aujourd’hui, je vais sourire au milieu ce cours d’eau qui ne cesse de s’échapper de mes yeux.
Pour toi, aujourd’hui je vais commencer à accepter.
C’est mon cadeau pour toi. Essayer de faire la paix avec mon absence le jour de tes derniers jours.
Essayer de réapprendre à marcher loin de tout le monde, à des milliers de kilomètre de ce qui représente une famille.
En m’appuyant sur ton image de femme parfaite, imbrisable, douce et aimante que le temps m’a volée. Ma famille.
Passe encore ta main sur ma joue
Transforme l’eau en main.

Bon anniversaire.

 

mamaie

6 juil

« Mais qu’est-ce que tu veux? »
« Il me faut du bouche-à-bouche qui te réanime l’âme. Sans ça ce n’est que de l’air qui entre et qui ressort, c’est mécanique. Ça fait bien longtemps que je sais que les poumons n’ont pas de sentiments »
« C’est pour ça que tu continues de fumer? »
« Curieusement, souvent, ça éteint les incendies que j’ai dans l’âme. Mais tout comme toi, je ne cherche plus à me comprendre »

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.