15 Nov

Pris dans les tourmentes, les mots durs que je tremble
La peur qui m’éblouit.
Et si je ne dis rien dans l’écho qui démembre
Me plonger dans l’oubli.
Violer ma conscience de vice et de violence
Et de toi aussi.

Plus rien

14 Nov

Tu étais le sourire parce que tu y croyais, à la mélancolie, aux drapeaux anoblis
T’étais de ces gamins qu’on traîne le long des quais
Des ces enfants marins poussés sur des rochers

Tu t’étais réfugié dans les bras des bateaux
Et à six pieds sous mer regardant mon drapeau
Des couleurs de misère l’ardeur d’un échafaud

Tu étais disparu
Tu étais malvenu
Moi j’étais tortionnaire
Moi j’étais parvenu
À tuer des milliers de gamins comme toi
La terreur que je sème t’a fait porter sa croix

Et même si je condamne celui qui t’enracine
En voulant te faire taire, c’est toi que j’assassine
Et même si je me prône un pays de Lumières
Dans mon obscurantisme, c’est ton peuple que j’enterre.

J’essaie de me comprendre, j’essaie de me survivre
Mais dans l’humanité y’a plus rien qui m’enivre.

Allez serre ton bateau
Allez pleure la misère
Et va perdre les eaux
Dans les jupes de la mer

J’ai parlé aux statues qui ne répondent jamais
J’ai prié la vertu de voir le vice tomber
Si tu savais mon frère comme j’ai mal pour demain
Pour l’inhumanité qui sort de son écrin
L’hexagone est tranchant, il retire la lumière
Expérimente la vie, et se reprend une bière

Et pendant que j’invite à ma table des rois
La panse bien remplie de tous ces marchands d’Armes
Je préfère l’opulence de ma démocratie
À la gueule des noyés, dans leur mélancolie.

Les gens qu’on laisse mourir, errer le long d’un quai
La jeunesse, un trésor, dans les mers oubliée.

Allez porte le fardeau
Alep gueule tes prières
Et fais monter les eaux
Jusque sous mes paupières

Sur les quais des métros, ils s’entassent et il suintent
De toute la barbarie du chemin qu’ils empruntent
On regarde les écrans vous être devenus chiffres
Milliers de réfugiés pris dans les eaux du Styx.

Nous étions terre promise, tu étais le chagrin
Nous étions la bêtise, morceau du genre humain
Tu étais condamné, les bombes dans le regard
Toi tu n’avais plus pied dans 2000 ans d’histoire.

Allez chante gamin
Et que demain soit fier
D’abriter en son sein
Ton visage, ta poussière

Tu avais le regard qu’à croisé le bitume et tendais ton regard d’insolente amertume
Je traînais l’étendard d’un pays consumé, un pays de mémoire qui a tout oublié
Toi mon ami mon frère
Toi mon ami Pierrot
Prête-moi ta lumière que j’en fasse des sanglots
Toi qu’a fui la misère
Pour braver les bateaux
Toi jeté au Tartare fils des demi-héros

Mes yeux ne pleurent plus que pour creuser tes rides
Pauvre gosse mal tombé de la fosse apatride.
J’ai le cœur qui soulève les chapelets de prières
Mais il ne battra plus que pour contrer misère

Ceux qui t’ont mis dehors comme un pauvre orphelin
Ceux qui ont fait du port un abattoir humain.
Ceux qui pour leur confort ont scellé ton destin.
La dictature d’un monde des smartphones dans les mains

Et si ce soir je chante, la rosée dans la voix
Et si ce soir j’ai peur parce que tu as trop froid
Tu n’étais pas guerrier contre la tyrannie
Tes mains faites pour prier ignorant l’agonie.

Et si ce soir j’arrime mes paroles sur le quai
C’est pour que ta patrie soit mon regard mouillé
Et si cette nuit tu sens le reflux dans ma voix
C’est pour mieux ravaler le souvenir de toi.

Allez like la photo, allez indigne-toi
Allez vas arborer leurs portraits sur ta croix
Tu n’as rien a porter que le vide d’un silence
Qui a tout occulté, toi mon pays, ma France.

12 Nov

Les ailes se sont barrées, je suis restée au sol.
À force de tomber, la gueule dans les tranchées
Que j’inflige à main nue au nombre des années.

Comme des marées humaines vidées, sans innocence.
Mes yeux ne sèchent plus que pour reprendre au puit
De l’eau de mes silences, moi, qui n’ai rien compris.
Sept plaies pour concevoir que les constellations

Tracent à la lumière, un trait sur l’horizon.

11 Nov

J’ai remis dans tes mains mon souffle invertébré
Mon regard de gamin, mes peurs
Mes apartés
Te faire voir ma douleur quand j’ai le mal de moi
L’alcool comme un sauveur qui ne me sauve pas.

Mon amour dans tes mains j’ai posé mon visage
Tu es l’apesanteur dans ce monde qui me tient
Par le sang, par la gueule déformée de mirages
Que tu ne m’aimeras plus
Qu’a cédé le barrage.

Et mes larmes qui tombent à trois heures du matin
T’explosent par-dessus bord
Et rien ne me retient.
Il n’y a rien à comprendre
C’est ancré dans ma voix
Je voudrais te surprendre
Mais je n’y arrive pas.

J’ai oublié mon cœur, oublié la confiance
J’ai perdu la douceur
Retrouvé l’insolence.
Le verre à moitié plein
Mon air à moitié vide

Mon allure de vaurien qui toujours se lapide

J’invoque abondamment les armées au combat
De libérer ce mal, ces terreurs
Moi.
C’est miséricodieux quand j’écris mes promesses
Alexandrins douteux
Alexandrins grotesques.

1 Nov

J’avais pris 10 ans. 10 ans juste en te regardant.

Je ne savais pas si cela allait durer 10 ans, mais j’avais les poignets liés, pendus à tes lèvres et je n’avais plus le choix.
Je n’ai pas eu à dire oui ou à dire non.
Cette peine que je prenais, je le faisais avec joie.

Ils disent qu’il ne faut pas se mettre à genoux, mais je ne les crois pas.
10 ans de ligne verte, à ne pas savoir si, à la fin, tu me foutrais le cul sur une chaise électrique ou si tu me prendrais, encore, envers et contre tous.

Contre le temps qui passe et qui nous laisse des séquelles, la fin des premières fois, le début des crises existentielles, le dévoilement de l’être impalpable que je suis parfois.
Nos différences, nos ressemblances, les soupirs de joie, de plaisir, de déception, d’envie, de fatigue, de colère.
De vie.

10 ans du côté droit du lit, de réveil le matin, de machine à café qui sonne, de « je vais me coucher », « je vais rentrer tard » « je ne rentrerai pas » « est-ce que tu m’aimes » « est-ce que tu m’aimes encore » « est-ce que tu m’aimes toujours? »

C’est long 10 ans.

Est-ce que mes sourires sauront encore te faire fermer les yeux, te jeter sur moi, te faire sourire, rire, exister?

Est-ce que je n’aurais pas trop bu, trop cru que nous étions invincibles? Est-ce que je serai tombée dans le piège?

Est-ce que tu m’auras demandé en mariage? Est-ce que j’aurais le fils que j’imagine depuis tant d’années? Aurons-nous touché la muraille de chine, dormi dehors, pris le temps d’exister?

C’est un pari risqué et j’ai posé mon jeu sur la table. Le regard incertain, mais conquérant.

J’ai pas les muscles et les visages des magazines. Dans mes irrégularités, ma volonté de contourner la hiérarchie, ma rebellion contre le monde qui va trop vite et trop mal, que se bâcle, la seule chose que j’ai accepté, ce sont ces 10 ans.

20 Oct

Tu as regardé tout autour de toi. Les visages, les promesses, les absences et les regards qui changent. La complexité d’exister. De se complaire dans ton existence. De penser valoir mieux sans jamais être capable de le prouver d’une quelconque manière.
Tu t’es dévisagé dans les miroirs de l’appartement.
Essayant de comprendre le reflux de ce reflet de toi. Jamais transcendé, mais pas déplaisant. Tu te compares. Tu te l’assures, tu es quelqu’un de bien.
Mais peut-on être quelqu’un de bien en faisant mal aux autres?
Ou sommes-nous tous des âmes détestables?
L’angle de vu quand on te prend de travers. De haut. Il t’empêche de dormir.
Tu voudrais être parfait.
Tu voudrais ce qu’on t’a vendu dans les films et les livres de chevet.
Mais t’as pas les moyens. Tu perds toujours tes moyens devant le grandiose.
Tu dis «toujours» comme si ça arrivait tout le temps.
Tu souris dans le miroir. Tu essaies d’avoir pitié de toi pour ne plus y penser.
Tu retournes marcher dehors quelques minutes. La nuit froide s’agrippe au piano dans les oreilles. Personne ne te regarde. C’est ton film. Je sais, c’est effrayant cet obscurantisme sentimental. Cette quête d’exister plus fort, toujours plus fort. Ce soir tu aimerais vibrer.
Tu rentres allumer la télévision. Tu voulais la passion, l’abandon et du corps apaiser les tensions.
T’y étais presque. Au travers de ta télévision, la procuration c’est la prostitution.

17 Oct

J’ai pris peur du vide. J’avais eu le sentiment d’ignorer l’existence de ce précipice qui s’entrouvrait sous mes yeux inconscients. Tournés vers le ciel.
Le temps s’est collé à moi. M’a serré dans ses bras. À écraser l’insouciance. Il fallait vivre aujourd’hui, c’était une certitude.
Alors je me suis mise à exister de toutes les manières dégueulasses que cela peut impliquer.
Est-ce que vivre, c’est ce moment où tu n’as plus conscience de qui tu es et, qu’étouffé par l’alcool et la drogue, tu crois t’évader de ta propre prison?

3 Oct

Le genre de femme qui ne nécessite aucune mise au point. Tout est déjà flou autour d’elle.

30 Sep

«Le silence est d’or»
Ils ne savent pas quelle lutte intérieure se joue parfois en dedans de ceux qui ne parlent pas. Dans leur silence résonne le vacarme d’échecs passés, de mécanismes vicieux, de rage d’exister et de génocide sentimental.
Ils ne disent rien. Il n’y a rien à dire. C’est une sombre contemplation de l’infirmité des cœurs. Incompréhensible et ineffable.
Ils ne disent rien et pourtant, on voit souvent dans leur regard la flamme vaciller.
Les rêveurs ne touchent pas le sol.
La réalité s’éveille. Le silence dort.

29 Sep

Il est de ces impossibles souvenirs qui nous arrachent à nous-même.
Nous ne serons plus jamais pareils.
Nous resterons silencieux, refermant au fond de nous les plaies comme un faux pli.
Comme un ourlet qui se défait.
Nous resterons beaux à marcher dans les rues. Mais dévastés.
À machinalement passer et repasser les doigts sur le faux pli. Pour oublier.
Pour faire comme si on était indemne.
Puis, après avoir regardé les toits christiques rester immobiles face à notre souffrance, nous laisserons la vie reprendre son cours, murmurant au ciel percé d’acier : la croix, c’est mon doigt qui te la fait.