2 Juin

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant, d’une femme que j’aime et qui ne m’aime pas.
Mais ce soir c’est différent.
Tu sembles ici. Tu sembles maintenant. Ça me déstabilise les premières secondes.
C’est une guerre de Troyes dans ma poitrine.
J’avance vers toi et chaque pas me fait l’effet d’un immense tronc en chêne massif cognant violemment contre moi.

Le cœur est à cœur.
Je ne sais pas si tu l’entends, je ne sais pas si je vais réussir à faire s’entrechoquer une brindille contre le tien.
Mais j’ai l’impression que c’est a meilleure chose qui me soit arrivée cette nuit.

Tu es assise par terre, et malgré mes deux pieds, bien scotchés au sol je me sens bien plus petit que toi.

L’effet Papillon.
Tu clignes des yeux, comme ça, comme on le fait tous deux cent fois par jour et l’instant d’après j’essaie de survivre à un séisme intérieur.
A terre. Enterré au centre de la gravité. J’ai peur. Il va falloir me taire. M’approcher et suspendre le temps.

Au risque que tu me plaques contre le mur d’un mouvement de recul.

Je m’élance. J’ai l’impression d’aller très vite mais que tu es à des années lumières de l’instant T. L’instant Tueur.
Une fraction de seconde. Une faction m’assaillit le corps entier mais je ne bougerai pas.
Je suis là. Tu ne recules pas. Le chêne a implosé. Les chaînes sont ravagées.
La guerre de Troyes
A deux.

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