Archive | avril, 2014
25 Avr

Rester seul. S’envenimer sous les questions qui laissent sans voix, tu vois,
Le silence accablant prend la place de tes mots
Et je reste, debout, insatisfait, rongé par ce terrible sentiment d’abandon que tu viens de faire s’écrouler dans tout mon être
Incapable, sidéré, anéanti d’un vide sans air, irrespirable qui restera néant
Plus jamais, plus jamais offrir sa solitude aux bras des amitiés
Elles s’arrachent à la peau avec cynisme
Les mots préfabriqués
L’horizon dénudé, les visages inconnus
Aggravent la surdité de nos malentendus
Plus jamais mendier l’amour à des cœurs béants
Qui sans un mot s’insurgent, et décident de purger
Leur amitié sincère d’un post-scriptum cinglant

12 Avr

L’obscurité, la vue sans fin au fin fond de mes onirismes
Les prunelles mûres au fond des yeux qu’on pourrait les en décrocher
T’embrasser pour la première fois, l’anatomie de l’atomique

A(p)part(h)é(id)

7 Avr

Je quitte mon pays, et j’ai l’impression d’abandonner un navire foutu d’avance, où tout semble compromis.
Je regarde autour de moi, écoute attentivement les informations, le regard des uns, la morosité des autres. Tout le monde semble s’être perdu hormis une poignée d’élus. Plus personne n’a la faculté de se battre aux côtés des autres. On préfère pointer du doigt un homme et dix ou quinze ministres pour justifier l’état dans lequel nous sommes aujourd’hui.
Je me souviens de mes livres d’Histoire, racontant la prise de la bastille, les révolutions d’hommes qui risquaient la mort pour avoir osé se révolter. Et je vois aujourd’hui leurs descendants, hurlant dans les rues, se désolidariser, prôner que la terre, les autres, leur appartiennent. Incapable de s’unir pour changer de vie.
Pour la seule cause qui mérite que l’on se batte. La vie.
Les livres d’Histoire sont devenus des contes de fées auxquels on ne croit plus.
Je repense à tous ces Hommes dans la rue, manifestant pour le droit des enfants, ou plutôt contre le droit d’autres Hommes à élever des enfants.
Les uns veulent protéger la vie de leurs enfants alors qu’ils laissent pourrir le monde. Ils laissent leur descendance croître dans un univers rempli d’inégalités, d’OGM, de Mac Donald, de pollution. L’argent aussi. Bien sûr. Inéluctablement. Mais le papier imprimé ne servira à rien contre le cancer de la vie que nous assurons désormais aux plus jeunes.
Les Hommes sont tellement préoccupés par leur besoin de contrôler superficiellement leur univers qu’ils s’autorisent une petite monarchie personnelle comme on prendrait un digestif en fin de repas.
Le droit des enfants de vivre est compromis, mais au moins, ils crèveront avec un papa et une maman.
L’honneur est sauf.
Cette volonté de réduire à néant certains droits à certaines personnes en fonction de leur vie personnelle me rappelle une autre page de nos livres d’histoire.
L’ère où l’on apprend de ses erreurs est terminée.
Il n’y a plus eu de guerre dans mon pays, et je crois que c’est ce qui lui manque pour revoir ses priorités, pour ouvrir les yeux.
J’ai honte. Honte chaque matin de m’entasser dans un métro avec autant de visages mortuaires, entendre les insultes, les râles, la mauvaise humeur, alors qu’au même moment à une station de métro un homme crève la gueule ouverte de voir ceux qui ont plus que lui continuer à se plaindre.
Personne ne bouge. On regarde notre monde s’épuiser.
C’est comme fumer toute sa vie, savoir que les poumons vont y rester, mais préférer mourir un paquet de clope à la main plutôt que de se battre.
Ou alors on prend une jolie cigarette électronique, pour se donner l’illusion d ‘avoir changé les choses, de s’être donné la chance.
Le courage des hommes a disparu en même temps que le reste.
Je quitte mon pays parce que je ne peux plus me regarder en face, les regarder en face.
On regarde notre terre disparaître, en rejetant la faute à la politique, et je repense à ces paysans, ouvriers réduisant la monarchie à néant, et j’ai honte.
S’ils avaient juste critiqué le roi dans leur coin, nous n’aurions pas bénéficié de cette jolie vie à gaspiller.
Rejetons nous la faute les uns et les autres, préoccupons nous des mœurs que NOUS pensons juste en écrasant ceux qui ne sont pas d’accord au lieu de se soucier réellement de l’avenir de la famille et des enfants.
Je me vois, les yeux fixés sur mon téléphone, à plus me soucier de la qualité d’une photo de profil qu’à cette invitation à une vente de solidarité pour la Serbie. Je ne me reconnais plus non plus. Les priorités absurdes, maigrir pour mieux se sentir dans sa peau, faire cramer sa peau au soleil pour mieux chopper un cancer, être bronzé pour avoir une jolie photo de profil.

Et on nous a dit que nous descendions du singe… Pourtant, lorsque l’on regarde de plus près, nous sommes une race à part, la seule contre laquelle on aurait le droit d’être raciste. La race des femmes battues, des inégalités, des intolérants, des épicuriens du dimanche, des maltraiteurs d’hommes, d’enfants, d ‘animaux. La seule race qui se soit autoproclamée supérieure, et qui aurait dû être victime d’un holocauste général avant d’en arriver là.

Nous avons oublié que nous n’étions pas là pour toujours, que ce n’est pas la terre qui nous appartient mais bien nous qui lui appartenons. On la délaisse, on préfère manger light plutôt que de garer sa voiture pour marcher un peu.
Je ne suis pas sûre d’aimer la fin de ce mauvais film, tout avait bien commencé mais aujourd’hui la peur, la honte et l’impuissance nous rendent con.
La France sans viagra. Elle n’a plus sa vitalité d’avant. Elle ne saura plus faire jouir son peuple. Et son peuple ne sait même plus comment se faire jouir.
Dans mon avion je regarderai la nature se faire la malle au profit des tours. Je la verrai reprendre ses droits dans certaines villes.
Elle, au moins, elle se bat pour récupérer sa vie d’avant. Elle est seule et pourtant, je suis sûre qu’elle vaincra nos sept milliard de têtes à claques.
On entendra juste dire, dans un cri collectif « c’est injuste ! ». parce que mon pays, en plus d’être gangrené par la paresse et la phobie de tout ce qui n’est pas comme lui, ne reconnaît jamais ces erreurs.

Nouveau livre terminé : Aloïs

3 Avr

alois

 

Un livre qui va partir dans les semaines à venir un peu partout.
Pourquoi Aloïs ? Parce qu’un bon ami m’a donné ce titre comme une évidence, du prénom de celui qui a découvert la maladie d’Alzheimer. Un prénom poétique pour une maladie abrupte.

« La mort est un assassin. Aujourd’hui, nous sommes le 13 mars et je vis un deuil à moitié consommé.

La femme que j’aime, la femme qui m’a élevée de cœur et d’esprit se vide de tout son sens.
La maladie d’Alzheimer gangrène son visage et je ne peux que regarder ce qui est en train de se passer.
Incapable de l’aider.

Comme la plupart des gens, j’ai découvert cette maladie par hasard. Avant on en parle peu, on sait juste que ça parle vaguement d’un problème de mémoire, sans se douter une seule seconde des méandres dans lesquels elle va nous mener.
Me voilà face à elle maintenant, découvrant l’envers du décor, les facettes d’un terrorisme intérieur qui ne laissera rien.
Une curée qui annihile toute envie de croire en Dieu. »