Archive | août, 2014
24 Août

La gravité quand tu entres dans la pièce. Les meubles qui ne ressemblent plus à chez moi, les murs qui semblent s’épaissir à en écraser l’horizon.
Tu respires dans cet air, celui avec lequel j’ai dormi, pleuré, pensé, soupiré.
Et d’un seul coup tout l’oxygène sature l’espace. Pourtant je suis à l’étroit dans mes poumons assommés d’adrénaline, la terreur des imbéciles heureux.
Tu refermes la porte refermant avec elle, l’idée qu’un monde existe hors de ce rendez-vous à ciel couvert.
La pensée dilatée par endroits, je m’efforce de t’inviter dans cet espace temps que tu habites avec délicatesse
Rempli de toi, dans notre appartement
La porte que tu franchis pour la cent septième fois me claque toujours autant à la gueule : le parfum d’intérieur des soirs où tu t’endors quand je ne suis pas rentré.
L’adrénaline, de fermer les yeux avant de tourner sept fois ma langue dans ma bouche.
Ne pas te dire je t’aime par peur de ne pas y mettre le bon ton. Passer un album de Neil Yong pour essayer. Ecrire ce à quoi ça ressemble, de se réveiller avec deux paupières qui te retournent de l’intérieur.
La femme aux paupières fermées sous mes yeux grands ouverts.

14 Août

Tu es parti.
Respirer l’horizon amputé d’une partie de lui même
Cette absence limpide existe. Un trou béant qui vient d’annihiler tout le reste, de recouvrir les plaies pour en créer une plus grande, plus indispensable.
Exister semble plus compliqué, la liberté empeste l’envie de chialer.

 

8 Août

Ma vue sur horizon résonne en apparté
Laisse passer les orages, épingler l’eau de pluie
La cigarette humide observe le paysage, cendrier qui se noie
Je m’emplie de fumée pour ainsi contraster
Incendie intérieur, tempête sur le balcon
Musique transformant l’instant je te jure on se croirait sur grand écran
Rêveur intoxiqué qui voit du piédestal
Les nuages s’agiter sur le pont Jacques Cartier