8 Nov

Le trottoir me semble trop épais, le temps comme absent, les gens marchent vite tu ne trouves pas? Ils arpentent la rue avec conviction, et moi j’attends, je suis là, en avance parce que j’aime regarder les gens. Ils ne savent pas. Ils ne comprennent pas. Je respire, le casque presse contre ma tempe et ressasse les quais, sans la seine.
Je ferme les yeux au pied de la statue bienveillante de Cartier. Le parc est dense. Le parc est beau. Royal.
L’heure est grave. Tellement grave que j’ai à peu près l’impression que tout le monde va s’arrêter de marcher, de parler, de respirer, d’exister.
La musique ne s’est pas arrêtée. Je n’arrive pas à enlever le casque. Mes mains tremblent et je me dit que j’aurai toujours l’air d’un idiot, quoi que je dise ou fasse. Et ça, moi, ça me rassure.
Je me demande si tu me trouves idiot d’être là.
Dostoïevski aurait trouvé ça charmant. Les russes ont cette longueur d’avance lorsqu’il s’agit de tenir leurs promesses.

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