21 Nov

Je t’écris à toi, la seule qui ne puisse pas lire mes mots. J’écris pour toi, pour nous.
Tu n’imagines pas comment est la vie depuis que tu l’as abandonnée pour t’enfermer dans un silence immuable, insupportable, intenable. Je passe toutes les secondes qu’il me reste à penser à toi. A fermer les yeux en imaginant que tu t’avances, vers moi, comme avant, pour poser ta main sur mon visage. Tes doigts rugueux, tes doigts souverains, ta main ensorcelée qui elle seule sait m’apaiser.
J’essaie de ne pas trop respirer, j’ai l’impression que chaque bouffée d’air est juste une inspiration sans goût, sans ton parfum, sans l’odeur de tes foulards toujours noués à la perfection autour de ton cou.
J’en ai un, avec moi ici, tu sais. Tu me l’avais donné le jour de l’enterrement. Cette nuit où tu as dormi dans mes bras, tellement malheureuse. Tes larmes dans mon cou et moi, si petite qui voulais aspirer, prendre ta peine plus que personne ne pouvait le faire.
Je t’écris pour te dire que je n’arrive pas à te laisser partir. Tu le sens, tu t’accroches à des branches mortes, essayant d’attendre que je sois prête.
Mais je n’y arrive pas.
Je ne suis pas à la hauteur. Je me sens seule tu sais. J’attends la caresse sur mon visage, à chaque instant, j’attends que quelqu’un réussisse à prendre tout mon chagrin pour en faire quelque chose de bien. Mais je reste seule, portant, comme je peux, toute cette misère d’un monde qui n’existe plus.
Pars. Pars et viens traverser cet océan pour m’aider à comprendre, à accepter.
J’ai cette colère, contre la terre entière. Il ne faut pas que je retombe dans ces vieux démons. Il ne faut pas. Et pourtant, j’ai l’Envie, le besoin incontrôlable de tout détruire, de frapper les murs froids qui ne le seront jamais autant que toi, bientôt.
Je suis tellement loin. Je veux pas que tu aies froid. Je voudrais te prendre dans mes bras, t’insuffler des degrés, des souvenirs, tout l’amour d’un univers qui va tellement mal. Mon univers. Des bombes me pètent à la gueule chaque jour.
Dans ma tranchée tout est à l’étroit. J’ose pas aller combattre avec les autres. Ils sont forts, ils ont des armures et tout un tas d’armements super développés.
J’essaie tu sais, parce que je suis pas quelqu’un qui abandonne, de grimper, mais la flotte rend la terre glissante et je m’agrippe, je crois remonter juste avant de retomber. A chaque fois plus loin. A chaque fois un peu plus sous la terre.
Je me cache. Je voudrais être ailleurs. Loin d’ici. Je voudrais rêver, croire, sourire, oublier.
Mais ce ne sont que des mots.
Pas la vraie vie.

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