Archive | décembre, 2014
22 Déc

Excisée du regard. Plus de plaisir à regarder la neige s’abattre sur les putains de Montréal. Il fait bien trop froid pour aller chercher la joie ailleurs qu’auprès du feu de ces corps d’habituées.
Finir le fond du verre, se resservir un peu de jouissance au fin fond du bar. Te choisir au hasard des solitudes de comptoir.
Écrire un texte qui parle cru, écrire un texte qui va à la chair. Il doit s’enfoncer au creux de tes reins. Il faut que ça transpire le mauvais whisky, mais puisqu’on a que ça, vas-y, adonne toi.
J’ai les yeux grands ouverts sur le plafond du bar. Te parler des poésies, des lignes prêtes à l’emploi. Allez viens, je t’emmène débarquer les mers, les océans dans les lignes à l’écran, la poudreuse inutile.
T’y comprends pas grand chose, la poésie pour toi c’est un principe. Faut que ça rime, faut des soleils, des cygnes et des fontaines prêtes à gicler des alexandrins. Vas-y monte avec moi, la poésie ça se respire. Les cahiers sont trop remplis de vies à moitié vécues. Donne moi l’impression d’être en vie. Je ne ferme pas les yeux, même si je chiale un peu, je m’acharne sur toi comme un navire à la dérive.
L’ancre ressemble à une épave. Se resservir un verre, se dépraver du corps. Et le tien qui chavire. Mon regard ne quitte pas la fenêtre du 1er. J’observe la nudité primale du ciel de Décembre, vidé de sa lumière.

16 Déc

Des aphtes jusque entre les lignes. Les sensations fortes du vice de ceux qui se plantent des stylos jusqu’au fond du ventre pour donner vie à l’encre bon marché.
Des sensations mortes pour remplir les lignes.
Vas-y. Fais-toi les trottoirs et laisse-les te passer dessus. Tu pleures des larmes mortes, qui n’ont pas le temps d’avoir vécues.
Vas donc  chercher l’amour au fond des yeux sans vie de ces regards immondes. Ils ont le corps des hommes mais l’esprit des trottoirs.
Trainer sur la trainée.
L’aimer un peu pour voir. L’amer beaucoup pour boire.
Il neige dans les ruelles, tout le monde parait plus pur. La poudreuse rendrait belle la flotte cristallisée. Je ne chiale pas je pleure putain parce que c’est dur, les parfums d’une écume au goût de piedestal. Mais les seins des statuts sont plus compatissants, que le regard muet du commun des vivants.
Religion et ta croix, tu joues avec les mots. Croix de bois croix de plomb, cambré jusqu’à la moelle. Je supporte et j’avance, exalté magnifique.
Écrivain par hasard, de naissance. Écrivain du regard.

14 Déc

Le vide. Tu flippes. Le plongeoir des cinq ans est devenu le haut des tours. Se jeter. Sauter.
Tu sais que la chute va faire mal. C’est un faible mot. Tu vas te défoncer de part en part. Faut du courage.
Pourtant tu te sens lâche. T’as comme l’impression d’être trop lourde pour pouvoir survivre à la chute.
Incapable de bouger. Incapable de sourire. Ton corps te rejette toi même.
Tu ne sais plus où rester. Même ton fort intérieur est assiégé par une horde de bombes nucléaires.
T’as peur d’aller en toi. Ton chemin devient une corniche à des kilomètres d’altitude.
Ne pas regarder en bas.
La vie. Un mot si court qui en dit si long.
Une seule vie. Un seul corps. Qu’est-ce que tu fous, à demander du temps.
Chaque minute est une minute de moins en vie. Ça tu l’as compris il y a quelques jours.
Des putains sur tes lèvres. Des putains qui en veulent pour leur argent.
Tu te prostitues au ciel. C’est la faute aux étoiles.
Vice de poésie. Le cygne est mal orthographié.
Les muses, démesurées.

12 Déc

Faudrait pouvoir exister ailleurs.
Quand s’allumer une cigarette devient un génocide.

10 Déc

« Je te serre fort mon amie. Fort, fort.
Puisses-tu tantôt me faire entendre sur une de mes plages
par delà l’Atlantique et nos fuseaux d’horaires en décalé
de ton envie de vie tes plus beaux cris. »

Merci.

6 Déc

5 ans…
Le temps d’apprendre à parler, à penser. Dans cinq ans, je voudrais être loin. Loin de tout, de la douleur et des conflits. Je me vois marcher, la mer. L’océan enfin près de moi. Dans mes yeux, à perpétuité. Il pleut et la falaise à moitié nue sous la flotte, elle est belle. Je te jure, je pourrais rester des heures à la regarder, être. Juste pour moi. Égoïstement.
Je rentrerais chez moi. De la lumière, des bûches qui s’enflamment. Sereins. Des livres, dans toutes les pièces, des dessins, de la peinture. Que ça vive. Je veux que les rires fissurent les murs. C’est con hein, la simplicité semble si compliquée à obtenir. Le Graal de ceux qui veulent réussir. J’aurais réussi. je ferais enfin parti de ceux qui ont le laisser passer vers la stabilité.
Mais pas géographique. je veux traverser  le monde, je veux être dans cinq ans, le 4 Décembre 2019, chez un gars que j’aurais rencontré dans le bus qui reliait Antalya à Istanbul. Il m’aurait invité chez lui, pour boire le thé. Et je lui aurais raconté cette histoire de pari de s’imaginer dans 5 ans. Que j’étais chez lui maintenant.
Y’aurait toute sa famille. Des gens qui se montrent. Qui se foutent à poil dès le premier regard. Qui te hérissent le poil. Ils sont beaux. C’est pour eux que je suis partie conquérir le monde.
Ils me rappellent mes choix. Dans leurs eux littéralement tout l’amour du monde. Je ne sais pas à qui je tiendrais la main, mais ce qui est sur, c’est que ce sera un moment incroyable.