22 Déc

Excisée du regard. Plus de plaisir à regarder la neige s’abattre sur les putains de Montréal. Il fait bien trop froid pour aller chercher la joie ailleurs qu’auprès du feu de ces corps d’habituées.
Finir le fond du verre, se resservir un peu de jouissance au fin fond du bar. Te choisir au hasard des solitudes de comptoir.
Écrire un texte qui parle cru, écrire un texte qui va à la chair. Il doit s’enfoncer au creux de tes reins. Il faut que ça transpire le mauvais whisky, mais puisqu’on a que ça, vas-y, adonne toi.
J’ai les yeux grands ouverts sur le plafond du bar. Te parler des poésies, des lignes prêtes à l’emploi. Allez viens, je t’emmène débarquer les mers, les océans dans les lignes à l’écran, la poudreuse inutile.
T’y comprends pas grand chose, la poésie pour toi c’est un principe. Faut que ça rime, faut des soleils, des cygnes et des fontaines prêtes à gicler des alexandrins. Vas-y monte avec moi, la poésie ça se respire. Les cahiers sont trop remplis de vies à moitié vécues. Donne moi l’impression d’être en vie. Je ne ferme pas les yeux, même si je chiale un peu, je m’acharne sur toi comme un navire à la dérive.
L’ancre ressemble à une épave. Se resservir un verre, se dépraver du corps. Et le tien qui chavire. Mon regard ne quitte pas la fenêtre du 1er. J’observe la nudité primale du ciel de Décembre, vidé de sa lumière.

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