2 Nov

Ta vie sentimentale va mieux. Tu te sens beau, tu te sens fort et tu as l’impression que même dans dix ans, ce sera toujours ce demain impeccable et immaculé. Tu n’es pas à l’abri mais tu te sens dans un bunker allemand.
T’as pas assez étudié l’histoire. Les bunker ça ne gagne pas à la fin mais au fond, là, maintenant tu t’en fou.
Elle efface les doutes, les peurs, les craintes d’un regard, d’un geste et d’une parole. Le bunker fera très bien l’affaire pour le moment.
À cet instant tout semble coordonné, impossible à dévaster.
Jeudi matin, elle est partie en fermant la porte. Elle t’a embrassé rapidement. Adverbe incompatible.
La première oxymore du couple.
T’as pas réussi à te rendormir.
Tu t’es levé, a préparé le café, essayé de penser à autre chose et puis tu as oublié. Tu l’as embrassé passionnément le soir venu, comme pour effacer définitivement cette figure de style de vos visages encore amoureux.
Pourtant, chacun de ses gestes est devenu plus lent, moins touchant. Elle te prend la main mais ne la traverse plus avec force. Tu la regarde prendre sa tasse de café en passant à côté de toi, tentant de mettre une sorte de filtre pour ne pas voir ce qui pourtant, te saute aux yeux.
C’est peut-être l’habitude, c’est peut-être quelqu’un d’autre. C’est peut-être rien. Non ce n’est pas rien. Tu deviens maladroit, peu confiant. Tu as l’impression que tu pourrais être expulsé de ta propre vie.
Elle, elle continue de vivre et, plus tu la regardes plus tu as envie de lui demander, de savoir, de comprendre.
Personne ne nous a jamais vraiment dit que l’on ne comprendrait jamais. Que la vérité que l’on se promet avec tellement d’étoiles dans les yeux n’est que de l’artifice.
C’est humain. C’est normal. Mais la douleur qui te prend de part en part, elle est inhumaine.
Comme un immense puzzle, elle se détache, pièces par pièce comme si tu n’allais te rendre compte de rien. Spectateur impuissant, tu as tout essayé.
Mais rien ne s’emboîte comme cela le devrait, tu brises le peu de pièces que tu essaies de toucher. Tu fais pire que mieux, essaie de parler, de comprendre.
Je t’avais dit qu’il n’y avait rien à comprendre. Tu la regardes se disperser et tu es le témoin privilégié de ton impuissance.
Tu essaies la distance, le rejet, la passion, la tendresse et tout le répertoire des synonymes proches ou non de ce qui s’apparente à de l’amour. Regarde toi bien. Dans le miroir, chaque matin à te demander ce qui pourrait inverser, revenir en arrière. Tout, tout pour ne pas t’exploser le cœur encore une fois.

Il n’y a rien a faire de plus. L’instant T est arrivé. Celui où l’un d’entre vous bascule dans un endroit que l’autre ne connaîtra jamais.
C’est cela l’amour. C’est prendre un risque en pensant pouvoir l’éviter. En se croyant plus malin, plus fort, plus endurant que tous les autres. Et finir au même point.
Un peu ravagé.
Tu vas te reconstruire car ils le disent tous. Ce n’est pas ce que tu as envie d’entendre. Tu es anéanti par de l’invisible. Tu rampes plus bas que terre, embourbé dans ce tas d’émotions informes qu’elle prendra pour de l’indifférence ou pire, de l’attachement.

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