Archive | février, 2016
25 Fév

Non je ne fais pas d’insomnie.  Le pire n’est pas de ne pas en dormir.
Le pire, ce n’est pas quand tu te réveilles, et que pendant deux secondes tout semble si parfait.
L’amnésie paraplégique de ceux qui tentent d’oublier.
Le pire, c’est quand tu te réveilles et que ces deux secondes n’existent plus.

23 Fév

Quand ton propre cœur rampe en dehors de toi.
Te regarde. Se marre. Se meurt.
Quand tes larmes coulent, se perdent sous la peau, sur le sol.
Quand tu pleures jusqu’au fond de tes yeux, à te noyer dans ta propre digestion oculaire.

C’est vrai. Malgré l’absence qu’il suggère, le néant hante mieux que personne.
La douleur ne mérite même pas d’un préfixe si délicat.
À ce moment, la douleur
Ce n’est un mot qui ment.

19 Fév

L’impact délicat, insoluble et percutant
Cet instant en dehors de tous les instants
Ce paradis planqué sous les veines palpitantes qui s’ébouillantent entre elles
Ce prisme de deux corps qui se mettent à s’aimer : rien n’est plus beau, instable et redoutable
Le cœur gonfle à vue d’œil, explose l’architecture de tes pensées
Pleine conscience à peine dissimulée
Pupilles répandues au-delà du permissif
Impertinents, au-dessus de tout, elle t’enlève à toi-même
Bourreau sur piédestal
Tu restes à genoux, soumis à l’attraction terrestre de sa simple existence.

17 Fév

Son corps exulte sous tes yeux dans une indécence qui te les éveille tous.
La contagion de votre attraction épaissit l’atmosphère, les autres ne vous regardent plus.
Ses mouvements frôlent l’intérieur de ta chair, ils brûlent, incendient, expérimentent l’amour qui ne se touche qu’au rythme de la musique qui rôde autour de vous.

C’est de l’art qui coagule
Elle ne te quitte pas des yeux
Dans un désir somptueusement chorégraphié
Inaccessible et délicieux.

16 Fév

J’avais pensé que tu viendrais vers moi, tu sais, comme parfois, sur les écrans de cinéma, les femmes s’accrochent au bras, ne détachent plus leur regard, deviennent contemplatives.
J’avais imaginé que tu commencerais à me parler de ton enfance, que nous aurions marché toute la nuit, tu sais, comme ils le montrent dans les jolies histoires. Que le froid ne semble jamais atteindre ceux qui tombent amoureux.
Je veux dire, si ils nous le montrent c’est que cela doit exister.
J’ai cru que cette image était la réfraction parfaite de l’amour des premiers instants. Scientifique.
Plus tard, nous avons marché dehors.
Tes rires noctambules teintés d’ivresse. Notre trajectoire imbibée de l’aube encore aux abris pour quelques heures.
Le froid, qui nous a finalement rattrapés et que nous giflons de nos voix qui se racontent pour la vingtième fois.
Ta peau, miraculée, évidente et prophétique s’élève au-dessus de moi.
Ce n’était pas la première fois.
Et c’est peut-être ce que je n’avais pas compris, car ils ne nous disent pas au cinéma au bout de combien de fois, la scène est finalement réussi.

16 Fév

Fragments d’un visage légèrement penché
Elle ne me voit pas
Je la perfore de regards silencieux
Dessinant mentalement les courbes du visage
Transposant l’image à travers le temps
Imaginer son allure.
Penser à contresens
J’entends les soupirs
D’il y a quelques heures
Drapés, à nus et conquérants
Je reste allongé, muet et immobile
Elle le sait.
La vue imprenable sur son indifférence passagère
Me prends toute entier