Archive | juin, 2016
28 Juin

C’est dans un prisme arbitraire. Quelque chose que tu ne contrôles pas. Tu as les deux mains sur le volant, et, comme quand tu étais jeune sur les jeux d’arcades, il t’a fallu un moment pour comprendre que tant que tu ne paies pas, tu ne joues pas.
Insert coins, c’est pour dire « parce que l’on a rien sans rien ».
Insert coïts
C’est juste parce que l’on ne croit plus en rien.

27 Juin

Moi aussi j’y ai pensé.
Nous aurions déjeuné, très tôt, quelque part près de chez moi. Nos deux cafés qui ne savent plus où se foutre parce que nous prenons toute la place. Tu m’aurais regardée et nous aurions eu cet instant qui arrive quelquefois, lorsque deux personnes lisent exactement entre les lignes la même symphonie alors qu’elles n’ont jamais appris le solfège. Ça ne s’explique pas.
Nous aurions couru un peu plus vite en haut du Mont-Royal, comme pour essayer de justifier ce cœur qui bat un peu trop vite.
Nous aurions hésité à chuter.
Comme deux murs de Berlin qui se regardent depuis des années sans s’effondrer.
Je t’aurais fait entrer chez moi. Chez moi c’est toute la ville lorsque tu es là.
C’est pour que tu te sentes chez toi.
Et je suis fou. Fou à lier. Non, fou lié à ton existence.
Emmurée berlinoise. Je prononce ton prénom en te regardant.
Comme si je te possédais.
Te disant, entre les lignes :
Ich bin ein Berliner autant que tu voudras.
Lorsque tu chuteras, ce sera contre moi.

27 Juin

Il y a un an, cet appartement ressemblait à la promesse d’un avenir surpeuplé de nos éclats de cœur. Le verre de vin posé sur la terrasse, les murs vides, le plancher vierge de nos cent pas, de nos corps, de notre soif de vivre ensemble.
Il y a une heure, c’était il y a un an. J’ai ouvert les yeux. Cet appartement ressemble à la promesse d’un dictateur, surpeuplé de mes éclats de larmes. La bouteille de bière posée sur le plancher, les murs troués d’anciennes étagères. Des murs blessés. Le plancher violé de mes cent pas, de mon corps, de ma soif de le quitter sans me retourner.

22 Juin

Je me défigure au rythme de ta respiration à contre temps.
Contre moi.
Je me retiens, mais je ne sais pas de quoi.

21 Juin

Et me voilà seule. Face à cet inconnu qui me fait peur.
On m’a dit de ne pas parler aux inconnus et là on me demande de vivre avec.

17 Juin

On finira par s’aimer comme les autres. On commencera à vouloir collectionner les instants. On croira que c’est la bonne idée. Alors que tout ce que nous serons en train de faire, c’est de créer une rétrospective pour plus tard.
« On a eu de bons moments »
Cette phrase qui t’invite à prendre ton pop corn, à venir t’asseoir et regarder.
À avaler. À bouffer du souvenir jusqu’à ce que tu n’en puisses plus.
« Oui. Sûrement »
Tu peux regarder sans fin la voiture juste avant qu’elle ne se prenne le pont de l’Alma. Les princesses meurent toujours autant à la fin.

16 Juin

À chaque doute, à chaque déception, ce n’est pas par terre que je tombe, c’est sur toi.
Tu as déjà ressenti cela toi en dehors de notre cercle imaginaire tracé à la craie? Nous ne sommes que des enfants.
À chercher au fond de chaque regard ce même battement de cœur sans jamais y parvenir.
Réussir à se projeter au fond de toi sans jamais te regarder. Tellement facile. Presque réel sans jamais l’être vraiment. Et ressentir la même évidence. Celle que l’on veut faire taire. Celle contre laquelle nous mettons chaque jour de grandes coulées de béton qui se percent comme des fils de soie.
C’est criant de vérité et pourtant on continuera à se mentir.
À se fendre d’un silence qui frappe dans la poitrine.
À chaque doute, à chaque déception, ce n’est pas par terre que je tombe, c’est sur toi.
Et je ne sais toujours pas lequel des deux fait le plus mal.

13 Juin

Être d’un rationalisme Cartésien.
Mais ce soir j’ai le vertige. Je me brûle avec la cire de cette bougie qui n’en finit pas de cramer, y plongeant les deux mains. Pétrissant l’amertume.

7 Juin

L’attachement possède le suffixe le plus authentique qui soit.

2 Juin

« Parfois je pense encore à toi. »
C’est intolérable comme cette phrase si sémantiquement insignifiante est porteuse d’une vérité à peine confessée. D’une bouche à peine entr’ouverte. Elle ne dit rien, comme si elle n’avait rien à dire, et pourtant elle hurle. Cela en devient déconcertant.
« Parfois je pense à toi », c’est dire je pense à toi maintenant. C’est dire que tu me soulèves les entrailles, que je ne respire plus vraiment, que j’agonise de ton absence, que mon cœur a battu plus fort. Que l’écorce de chair s’est soulevée.
« Parfois je pense à toi » c’est tendre tout entier vers l’autre tout en se gardant une gêne, un moyen de repli, une excuse, une constance. Un alibi.
Demain je n’y penserai peut-être plus.
Et toi?