2 Juin

« Parfois je pense encore à toi. »
C’est intolérable comme cette phrase si sémantiquement insignifiante est porteuse d’une vérité à peine confessée. D’une bouche à peine entr’ouverte. Elle ne dit rien, comme si elle n’avait rien à dire, et pourtant elle hurle. Cela en devient déconcertant.
« Parfois je pense à toi », c’est dire je pense à toi maintenant. C’est dire que tu me soulèves les entrailles, que je ne respire plus vraiment, que j’agonise de ton absence, que mon cœur a battu plus fort. Que l’écorce de chair s’est soulevée.
« Parfois je pense à toi » c’est tendre tout entier vers l’autre tout en se gardant une gêne, un moyen de repli, une excuse, une constance. Un alibi.
Demain je n’y penserai peut-être plus.
Et toi?

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