21 Juil

Je n’ai plus rien à perdre, et telle que tu me vois, je ne donnerai pas cher de ta peau. Parce que c’est paradoxalement lorsque l’on n’a rien à perdre que nous devenons irrémédiablement capables de tout.
Tu finiras par me suivre chez moi le premier soir.
Pas parce que je le veux, mais parce que tu en auras envie. Aller se noyer dans les bras que quelqu’un qui n’a plus rien, c’est comme se prendre de l’oxygène pur. Dépaysant.
J’aurais trop bu comme c’est le cas depuis une éternité, chaque soir. Tu finiras par faire tout ce que je te demande, sans poser de questions.
Mes yeux fixent le vide, écoutent certainement la musique ambiante. Tout est tellement vide au fond de moi que forcément cela résonne plus que chez les autres.
J’allume une cigarette, inspire l’immensité de l’imperfection d’une telle situation.
Je te regarderai, longuement de ces regards qui veulent dire que quelque chose va se passer. Mais pas comme tu l’entends.
Je ferai gicler la violence, la perdition, l’agonie. Tu crieras. Je me tairai.
Dans un silence religieux, je profanerai tout ce qu’il y a en toi, sans jamais fermer les yeux.
Ta stature un peu ébranlée me regardera longuement, mais nous ne dirons rien. Il n’y a rien à dire.
Je reprendrai mon verre. Mon visage n’aura pas changé. Je me replongerai dans la  musique expirant le sacré, pris à même ta peau brulante, encore endolorie, à peine en rémission.
Tu vois, je ne suis pas une fille facile.

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