Archive | septembre, 2016
30 Sep

«Le silence est d’or»
Ils ne savent pas quelle lutte intérieure se joue parfois en dedans de ceux qui ne parlent pas. Dans leur silence résonne le vacarme d’échecs passés, de mécanismes vicieux, de rage d’exister et de génocide sentimental.
Ils ne disent rien. Il n’y a rien à dire. C’est une sombre contemplation de l’infirmité des cœurs. Incompréhensible et ineffable.
Ils ne disent rien et pourtant, on voit souvent dans leur regard la flamme vaciller.
Les rêveurs ne touchent pas le sol.
La réalité s’éveille. Le silence dort.

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29 Sep

Il est de ces impossibles souvenirs qui nous arrachent à nous-même.
Nous ne serons plus jamais pareils.
Nous resterons silencieux, refermant au fond de nous les plaies comme un faux pli.
Comme un ourlet qui se défait.
Nous resterons beaux à marcher dans les rues. Mais dévastés.
À machinalement passer et repasser les doigts sur le faux pli. Pour oublier.
Pour faire comme si on était indemne.
Puis, après avoir regardé les toits christiques rester immobiles face à notre souffrance, nous laisserons la vie reprendre son cours, murmurant au ciel percé d’acier : la croix, c’est mon doigt qui te la fait.

23 Sep

Il y a eu la première fois. On a fait semblant de conquérir le monde. C’est curieux cette impossibilité d’être normaux pendant les premières fois.
Le corps, au lieu de s’habituer, s’empare de tout ce qui l’approche. Assoiffé.
Il terrasse les angoisses, les peines, les doutes, les bonnes manières. Il a la belle manière du premier coup.
Il est le jeune premier qui a de l’expérience. Qui feint son expérience.
Il s’emballe.
Et ne voit pas la balle.
Tant pis.
Je veux la roulette rustre encore. À t’en dévaster les pensées. Je ne veux plus que tu penses.
Nous n’avons aucune chances, mais j’ai envie d’y foutre un pluriel.
Après tout, 6 coups, c’est baiser les probabilités.

15 Sep

Je te prendrai et persévérerai jusqu’à ton corps, jusqu’à perdre pied pour que tu prennes le tien.

12 Sep

Tu veux regarder au fond de moi. Mais ça ce sont les premières fois.
Pour y voir la mer
Pour y voir l’amer
Pour y voir ton sourire, taillé comme un silex, il fait naître la flamme
Aiguisé mais tranquille.
Je ferme le regard, comme une chute en plein vide
Pour y voir le silence
Pour y voir l’innocence
Des coupables silencieux
Je te plais.
Je ne cicatrise pas ou je cicatrise mal.
Je pourrai être le vair. Ou le vers.
À moitié plein ou à moitié vide.
Tu veux regarder au fond de moi. Mais il n’y en a pas.
Alors mon amour, tu sautes ou tu sautes pas?