Archive | novembre, 2016
15 Nov

Pris dans les tourmentes, les mots durs que je tremble
La peur qui m’éblouit.
Et si je ne dis rien dans l’écho qui démembre
Me plonger dans l’oubli.
Violer ma conscience de vice et de violence
Et de toi aussi.

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12 Nov

Les ailes se sont barrées, je suis restée au sol.
À force de tomber, la gueule dans les tranchées
Que j’inflige à main nue au nombre des années.

Comme des marées humaines vidées, sans innocence.
Mes yeux ne sèchent plus que pour reprendre au puit
De l’eau de mes silences, moi, qui n’ai rien compris.
Sept plaies pour concevoir que les constellations

Tracent à la lumière, un trait sur l’horizon.

11 Nov

J’ai remis dans tes mains mon souffle invertébré
Mon regard de gamin, mes peurs
Mes apartés
Te faire voir ma douleur quand j’ai le mal de moi
L’alcool comme un sauveur qui ne me sauve pas.

Mon amour dans tes mains j’ai posé mon visage
Tu es l’apesanteur dans ce monde qui me tient
Par le sang, par la gueule déformée de mirages
Que tu ne m’aimeras plus
Qu’a cédé le barrage.

Et mes larmes qui tombent à trois heures du matin
T’explosent par-dessus bord
Et rien ne me retient.
Il n’y a rien à comprendre
C’est ancré dans ma voix
Je voudrais te surprendre
Mais je n’y arrive pas.

J’ai oublié mon cœur, oublié la confiance
J’ai perdu la douceur
Retrouvé l’insolence.
Le verre à moitié plein
Mon air à moitié vide

Mon allure de vaurien qui toujours se lapide

J’invoque abondamment les armées au combat
De libérer ce mal, ces terreurs
Moi.
C’est miséricodieux quand j’écris mes promesses
Alexandrins douteux
Alexandrins grotesques.

1 Nov

J’avais pris 10 ans. 10 ans juste en te regardant.

Je ne savais pas si cela allait durer 10 ans, mais j’avais les poignets liés, pendus à tes lèvres et je n’avais plus le choix.
Je n’ai pas eu à dire oui ou à dire non.
Cette peine que je prenais, je le faisais avec joie.

Ils disent qu’il ne faut pas se mettre à genoux, mais je ne les crois pas.
10 ans de ligne verte, à ne pas savoir si, à la fin, tu me foutrais le cul sur une chaise électrique ou si tu me prendrais, encore, envers et contre tous.

Contre le temps qui passe et qui nous laisse des séquelles, la fin des premières fois, le début des crises existentielles, le dévoilement de l’être impalpable que je suis parfois.
Nos différences, nos ressemblances, les soupirs de joie, de plaisir, de déception, d’envie, de fatigue, de colère.
De vie.

10 ans du côté droit du lit, de réveil le matin, de machine à café qui sonne, de « je vais me coucher », « je vais rentrer tard » « je ne rentrerai pas » « est-ce que tu m’aimes » « est-ce que tu m’aimes encore » « est-ce que tu m’aimes toujours? »

C’est long 10 ans.

Est-ce que mes sourires sauront encore te faire fermer les yeux, te jeter sur moi, te faire sourire, rire, exister?

Est-ce que je n’aurais pas trop bu, trop cru que nous étions invincibles? Est-ce que je serai tombée dans le piège?

Est-ce que tu m’auras demandé en mariage? Est-ce que j’aurais le fils que j’imagine depuis tant d’années? Aurons-nous touché la muraille de chine, dormi dehors, pris le temps d’exister?

C’est un pari risqué et j’ai posé mon jeu sur la table. Le regard incertain, mais conquérant.

J’ai pas les muscles et les visages des magazines. Dans mes irrégularités, ma volonté de contourner la hiérarchie, ma rebellion contre le monde qui va trop vite et trop mal, que se bâcle, la seule chose que j’ai accepté, ce sont ces 10 ans.