Plus rien

14 Nov

Tu étais le sourire parce que tu y croyais, à la mélancolie, aux drapeaux anoblis
T’étais de ces gamins qu’on traîne le long des quais
Des ces enfants marins poussés sur des rochers

Tu t’étais réfugié dans les bras des bateaux
Et à six pieds sous mer regardant mon drapeau
Des couleurs de misère l’ardeur d’un échafaud

Tu étais disparu
Tu étais malvenu
Moi j’étais tortionnaire
Moi j’étais parvenu
À tuer des milliers de gamins comme toi
La terreur que je sème t’a fait porter sa croix

Et même si je condamne celui qui t’enracine
En voulant te faire taire, c’est toi que j’assassine
Et même si je me prône un pays de Lumières
Dans mon obscurantisme, c’est ton peuple que j’enterre.

J’essaie de me comprendre, j’essaie de me survivre
Mais dans l’humanité y’a plus rien qui m’enivre.

Allez serre ton bateau
Allez pleure la misère
Et va perdre les eaux
Dans les jupes de la mer

J’ai parlé aux statues qui ne répondent jamais
J’ai prié la vertu de voir le vice tomber
Si tu savais mon frère comme j’ai mal pour demain
Pour l’inhumanité qui sort de son écrin
L’hexagone est tranchant, il retire la lumière
Expérimente la vie, et se reprend une bière

Et pendant que j’invite à ma table des rois
La panse bien remplie de tous ces marchands d’Armes
Je préfère l’opulence de ma démocratie
À la gueule des noyés, dans leur mélancolie.

Les gens qu’on laisse mourir, errer le long d’un quai
La jeunesse, un trésor, dans les mers oubliée.

Allez porte le fardeau
Alep gueule tes prières
Et fais monter les eaux
Jusque sous mes paupières

Sur les quais des métros, ils s’entassent et il suintent
De toute la barbarie du chemin qu’ils empruntent
On regarde les écrans vous être devenus chiffres
Milliers de réfugiés pris dans les eaux du Styx.

Nous étions terre promise, tu étais le chagrin
Nous étions la bêtise, morceau du genre humain
Tu étais condamné, les bombes dans le regard
Toi tu n’avais plus pied dans 2000 ans d’histoire.

Allez chante gamin
Et que demain soit fier
D’abriter en son sein
Ton visage, ta poussière

Tu avais le regard qu’à croisé le bitume et tendais ton regard d’insolente amertume
Je traînais l’étendard d’un pays consumé, un pays de mémoire qui a tout oublié
Toi mon ami mon frère
Toi mon ami Pierrot
Prête-moi ta lumière que j’en fasse des sanglots
Toi qu’a fui la misère
Pour braver les bateaux
Toi jeté au Tartare fils des demi-héros

Mes yeux ne pleurent plus que pour creuser tes rides
Pauvre gosse mal tombé de la fosse apatride.
J’ai le cœur qui soulève les chapelets de prières
Mais il ne battra plus que pour contrer misère

Ceux qui t’ont mis dehors comme un pauvre orphelin
Ceux qui ont fait du port un abattoir humain.
Ceux qui pour leur confort ont scellé ton destin.
La dictature d’un monde des smartphones dans les mains

Et si ce soir je chante, la rosée dans la voix
Et si ce soir j’ai peur parce que tu as trop froid
Tu n’étais pas guerrier contre la tyrannie
Tes mains faites pour prier ignorant l’agonie.

Et si ce soir j’arrime mes paroles sur le quai
C’est pour que ta patrie soit mon regard mouillé
Et si cette nuit tu sens le reflux dans ma voix
C’est pour mieux ravaler le souvenir de toi.

Allez like la photo, allez indigne-toi
Allez vas arborer leurs portraits sur ta croix
Tu n’as rien a porter que le vide d’un silence
Qui a tout occulté, toi mon pays, ma France.

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