Archive | décembre, 2016
21 Déc

J’ai pris le temps de regarder toi et ton regard rassurant, protecteur, imbibé du reste des crises que je te fais à tous les soirs, parce que j’ai peur.
Parce que ce je suis terrifiée du monde qui nous entoure, des autres, de l’absence de patience, de pardon, de sourires.
Des autres corps, plus beaux, plus étendus, moins littéraires, plus terre  à terre.
Ils semblent beaux dans leurs costumes, dans leurs sourires. Ils n’hurlent pas, immobiles, vierges aux visages cirés.
Moi et ma bière et mon regard brisé.
Et j’ai senti progressivement toute ma fragilité s’effondrer entre tes bras. Je me suis senti déglutir comme on avale des pierres, des caps, que dis-je des péninsules.

20 Déc

On regarde les vieilles photographies inhabitées. Avec fracas, on pose son doigt sur le papier à peine maltraité par le temps.
Mais on ne pleure pas. Pas devant toi. L’hiver  nous met d’un seul coup à nu.
On crève de froid et de tristesse en retournant les photos pour que tu ne regardes pas.
On a encore la pudeur d’avoir mal après deux ans.
On voudrait pas qu’on nous dise qu’il est temps d’arrêter.
Alors on écoute cette matinée Einaudienne qui n’en finit pas de te ramener à la vie.

14 Déc

Fils des regards perdus, fils perdus du regard
J’ai les yeux qui se gorgent à ne savoir qu’en faire
De la pluie pour noyer cette ère d’indifférence.
Ces jours de condamnés
La fin des insouciances.
Et ça donne son avis et ça condamne l’horreur
Dans l’immobilité sereine la mort au kilomètre
Avale ta culture tes corps sur le pavé
Pour les regards perdus les chants désespérés.

Les acronymes n’aident plus les nations désunies.
On laisse creuser les tombes, des morceaux de trottoir
Pourquoi vous enterrer, il n’y a plus rien à voir.
La trêve est une putain, la syphilis au bras
Qui te prend par la main
Qui te prend par la joie.

Allez sois pas trop triste Occidental meurtri,
Dis-toi que ton pays et que toute sa nation
Aimeront enfin le voile, opaque et déshumain
Qu’on va foutre dessus. «Ça ira mieux demain»

14 Déc

Ma voix est un écho creusé dans un écho.
Je ne sais pas m’aimer, c’est bien pas là que j’aurais dû commencer.
Je dilapide tous mes regards pour l’horizon. L’horizon, à bord d’un bateau, il ne te déçoit jamais.
Tu me gifleras. Je ne me laisserai pas faire.
Je me débattrai dans ce trop peu de réalité.
Toi qui es parfait. Toi l’autre qui irradie de tant de blancheur.
Toi tu t’en fous, toi tu as le nombril sur le cœur et tu ne vois que ça.
Je te regarde droit dans les yeux. Je ne suis pas moins bien que toi.
Ça te fou des échardes sur ton air ébahi. Je suis quelqu’un de bien.
De bien gentil, de bien-pensant.
– De bien con.
Tu me voles les mots de la bouche.
Tu as tous les droits.
Je suis gauche quoi qu’il en soit.

Ces proverbes que tu gangrènes à leur paroxysme.

– Tu me fais vivre un enfer
– Ne me reproche pas d’être malentendante
– Je te souhaite de finir seule à terre.
– Oeil pour œil, dent pour Dante.