Archive | janvier, 2017
30 Jan

Les drapeaux qui débandent de sur leurs étendards
Encore une fois.
Faire rimer les sanglots avec un abattoir.

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26 Jan

J’avais retrouvé ce goût de vie ravagée, ce parfum d’ivresse des bars de trois heure du matin. Je voulais hurler sans raison, lever mon verre, rire, danser, vibrer, qu’importe, tant que je ne posais pas ma conscience sur ce instant vide et pathétique. Emmuré dans un bar, étouffé par les vapeurs de shots dégeulasses que l’on t’offre parce que tu viens de claquer ta paye en bière bon marché, j’étais bien.
Bien comme on est bien dans des vêtements souillés par la pluie, qui collent, qui sont lourds et imbibés de l’erreur d’être sortis sans imperméable.
Je prends l’eau. Je me sens lourd. Le bar va fermer et je ne peux plus me porter. Plus me supporter.
Les autres rient, les autres ne voient pas. On est tous les même à cet instant. À crier trop fort pour être honnête. À gueuler la joie parce qu’on ne pourrait pas parler de la peine.
À chanter pour se donner une constance. Une raison.
Je sors fumer une cigarette dehors. Les gens se parlent au milieu de ce drame nocturne. Non je n’ai pas de cigarettes. Non je ne veux pas d’un autre verre. Non je ne sais pas où est ton téléphone. Non je ne veux pas rentrer.
Je finis par m’effondrer dans un taxi qui me dépose devant cette porte gargantuesque. Elle va me bouffer. Non je ne veux pas rentrer chez moi.
Je ne veux plus rentrer chez moi depuis que tu n’y es pas.

24 Jan

J’avais fini de pleurer pour ce qui, de toute évidence, avait le goût infâme d’un mois d’hiver à demi consommé.
J’avais fini de t’attendre.
D’imaginer que tu serais exactement comme je le voulais. Que tu prendrais mes peurs pour les faire rire, que tu transformerais tout ce qu’il y a de plus dégueulasse en moi pour en faire un putain d’arc en ciel.
J’avais fini d’imaginer le luxe le calme et la volupté. Fermé les livres. Avalé ma salive. Ouvert les yeux.
Ces invitations au voyage fantasmées, je ne les voulais plus.
J’avais fini de pleurer pour ce qui, de toute évidence, avait le goût infâme d’un moi d’hiver à demi consommé.
J’avais fini de m’y attendre.

17 Jan

Et je courais, contre le temps, contre les autres, contre moi-même. À vouloir devenir tout ce que je ne serais jamais. Je voulais te baiser les yeux juste parce que c’était moi.
Que ça s’impose, que tu en ai le souffle coupé. Je voulais devenir tes obsessions, tes pensées de deux heures du matin, le visage que tu vois en fermant les yeux, le prénom que tu répètes sans raison au cours de ta journée.
Que la résonance même des voyelles et des consonnes, parfaitement ajustées te fasse tourner la tête. Je voulais être le miracle, l’insolente réalité qui s’agrippe à toi, l’impossible enfin atteint, le point final et accaparant, la ponctuation légèrement lascive.
Les silences en écho aux battements de mon égo sur ta peau.

14 Jan

– Le quotidien me fait peur
– Pourquoi?
– Regarde-le comme il nous tend les bras, comme il nous attend. Je n’ai jamais rien vu d’aussi concret, fataliste et rassurant. Tu vas me dire qu’être rassuré, c’est ce vers quoi nous tendons tous, et je ne te contredirais pas. Mais regarde-le encore une fois, il nous avale dans sa définition pré mâchée. Dans son envergure.
Le quotidien, je voudrais qu’il soit surprenant, imbécile heureux, qu’il éclate de rire, qu’il me regarde comme si j’étais la chose dont il ne pourrait se passer pour exister.
Le quotidien devra être à la fois vil, facile, différent pour que je cesse de lui barrer la route.
– Tu demandes à tout ce qui t’entoure de faire le travail pour toi, aux autres de t’aimer comme tu penses le mériter.
– Je reproche à l’hiver de ne pas être assez brulant, au sexe d’être trop conventionnel, aux baisers de fins de journées de rester en surface, aux bonne nuit mon amour d’être trop mécaniques, à l’air que je respire de n’être pas saturé.
– Et à moi, qu’est-ce que tu me reproches?
– De me laisser trop parler.

 

13 Jan

– Qu’est-ce que tu fais?

– Je dévisage tes cuisses comme on regarde un Rodin. On y voit déjà le mouvement, la pureté, le travail des mains sur la surface blanche. Les statues à genoux. Les artistes contemplatifs, maîtres absolus.
J’ai passé ma vie à me demander si je faisais les choses de la bonne manière.

– Et?

–  Et ce ne fut jamais le cas. Les gens partent ou nous finissons par nous lasser. Nous ne sommes jamais assez bien, nos erreurs planent au dessus de nous même, fatalistes.
Alors avec toi je ne ferai pas semblant. Regarde-moi comme on regarde la vérité en face.
Regarde-moi avec dégoût, envie, tendresse, amour, compassion, rage, colère, nostalgie, envie.
J’ai trop bu, pas assez baisé, et je n’ai plus rien à perdre.

10 Jan

On veut faire se taire les vacarmes de nos plaies d’enfances. Mais elles s’ancrent dans nos regard. J’ai beau fermer les yeux, j’ai les larmes avalées. J’ai essayé mais tu comprends, non tu ne comprends pas. J’ai besoin que tu me serres contre toi. Me percutes essoufflée. Me renverses sans en renverser. Ne rien laisser au vide. Ne rien laisser aux autres. De notre enfer Sartrien je veux que tu sois les murs, les tables, les autres. Il faut que tu sois tout, ou tu ne seras rien.

3 Jan

À ne pas t’embrasser.
La salive me monte aux yeux.