26 Jan

J’avais retrouvé ce goût de vie ravagée, ce parfum d’ivresse des bars de trois heure du matin. Je voulais hurler sans raison, lever mon verre, rire, danser, vibrer, qu’importe, tant que je ne posais pas ma conscience sur ce instant vide et pathétique. Emmuré dans un bar, étouffé par les vapeurs de shots dégeulasses que l’on t’offre parce que tu viens de claquer ta paye en bière bon marché, j’étais bien.
Bien comme on est bien dans des vêtements souillés par la pluie, qui collent, qui sont lourds et imbibés de l’erreur d’être sortis sans imperméable.
Je prends l’eau. Je me sens lourd. Le bar va fermer et je ne peux plus me porter. Plus me supporter.
Les autres rient, les autres ne voient pas. On est tous les même à cet instant. À crier trop fort pour être honnête. À gueuler la joie parce qu’on ne pourrait pas parler de la peine.
À chanter pour se donner une constance. Une raison.
Je sors fumer une cigarette dehors. Les gens se parlent au milieu de ce drame nocturne. Non je n’ai pas de cigarettes. Non je ne veux pas d’un autre verre. Non je ne sais pas où est ton téléphone. Non je ne veux pas rentrer.
Je finis par m’effondrer dans un taxi qui me dépose devant cette porte gargantuesque. Elle va me bouffer. Non je ne veux pas rentrer chez moi.
Je ne veux plus rentrer chez moi depuis que tu n’y es pas.

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