21 Fév

Ferme les yeux. Il suffit de raconter pour s’évader et croire, un instant que tout est encore possible.
Il appuya ses mains sur les siennes afin qu’elle empoigne et triture les flancs boisés aux parfums de marée.

Ce sont les frontières de ce monde que je t’ai promis. Sens le bois qui craque, se durcit, qui prend la flotte plus nous gagnons en vitesse. Détache tes cheveux. Elle s’empare de toi. La frénésie des libertaires. Ce n’est pas un tour du monde, le monde c’est toi.
Écoute les voiles se gonfler. Elle se gorgent de notre ascension. Elles s’emparent de notre évasion.
Ne te retourne pas. Tes doigts caressent mes bras, je me sens bien. Je n’ai pas assez de souffle pour soupirer correctement.
Tu me tue, tu me fais du bien, jamais je n’aurais cru…
– Ne dis pas ça.
Tu n’aimes pas que je me sente si petit. Tu n’as jamais aimé ça. Je suis grand, capitaine, élancé, fort, conquérant, magnifique, désarmant. Même si c’est juste dans ton monde.

Ferme les yeux mon amour. Ce sont nos coeurs qui s’embrassent, nos yeux qui se noient dans le mirage d’un océan éclaté, décuplé. Martyrisant nos doutes, nos erreurs, nos peines.
Plus vite, plus fort. La chair du voilier embrasse la flotte. Ça sent la mer comme les cheveux d’un nouveau né. Tu entends mon rire. J’entends tes sourires.
Attends quelques minutes avant d’ouvrir les yeux. Que ma narration soit, le temps d’une illusion, ta nation.

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