27 Mar

Toi la bouche de bistro.
T’as vu comment le ciel est lourd dans cette insignifiance meurtrie. Blessé par les passé, biaisé par le présent. Je les écoute parler. L’incontinence des rivières. Des pierres au Rhin.
J’ai mal à mes étreintes.
Leur poésie trop lapidaire qui cherche la métaphore, filée pour mieux nous enfiler. Moi je l’emmerde cette prose rythmée trop belle, trop sage et un peu trop guindée. Ils ajustent des mots comme des porcelaines. L’harmonie de la salle à manger. L’armée de bibelots qu’on montre à ses voisins. Poésie bourgeoise. Illettrisme ou pire, vice des plus lettrés. Ils nous foutent de l’or sur les mots échancrés. Ils dénaturent le beau par du préfabriqué.
Toi la bouche de bistro. Toi, la gueule du maestro.
Je t’embrasse vilement, je caresse tes cuisses. La prose dans les bars, les rides solitude ont bien plus de charme que toutes leurs interludes.

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