Archive | avril, 2017
25 Avr

Tu sais ça prend du temps à devenir soi-même
On respire par le coeur à baiser les étoiles
Ça ouvre un peu les veines, ça ouvre un peu les vannes
D’avoir perdu les quais en plein coeur de l’ automne
Les feuilles dans la gueule déshabillent la ville
La bière n’est pas belle, la vodka n’est pas bonne.
C’est tout un strip poker mais tu as les mains vides.

Son visage distancé au fond d’une Atlantique
Tu ramasses le temps, il n’y a plus de fleurs
Tu penses au goût amer de toute cette Amérique
L’hiver te fout du blanc quand tu rêves en couleurs.

Et les bars du plateau ne changent rien au mépris
Quand la marée descend bribes d’étoiles dans ton lit
Colmater les comètes avec de l’ecstasy.
Finir toute la bouteille, en faire un télescope
Chialer au fond du ciel et s’allumer une clope.

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7 Avr

Tu as déjà vu ça toi, ceux qui courent sous la flotte pour aller chercher, reconquérir. Ils frappent à ta porte, le coeur comme du napalm. Leur regard. Leur regard qui te dit qu’ils sont prêts à tout pour ne plus manquer d’air loin de toi.

Ceux qui attendent, des heures planqués dans une voiture pour te regarder passer, mais qui ne diront rien parce qu’ils ont peur. Et qui finalement, une fois que tu auras tourné au coin de cette rue claqueront la porte, la gueule à cette abstinence sémantique.
Ils jouent le tout pour le tout, car tu es tout.
Tu as raison, cela doit être étrange d’être ça pour quelqu’un. Bon, enivrant, assurant, déroutant, bandant, addictif.
Mieux que la coke, des lignes de destin alignées devant toi.
Défoncé à la joie de vivre, aux sentiments, aux «ne t’inquiètes plus».
Ne t’inquiètes plus.
Ne t’inquiètes plus.
La porte s’ouvre sur l’horizon. Entre l’or et la prison.
4 Avr

La cage dorée de cette solitude, le principe infernal selon lequel nous devons être heureux. Manger sain quand ils ne nous sauvent de rien, les saints. J’ai pas tellement la gueule des évangiles, juste un peu la mâchoire fragile.
Je ne souris plus que pour faire semblant que je ne suis pas ailleurs. Je souris pour qu’on me laisse tranquille.

Colombine s’est tirée, haïssant mon corps, mon être et mon identitée. Plus qu’une armée. Moins que rien, de toute évidence, rien de moins.

C’est pas pour le prix de ma gueule abordable de martyr.
C’est pas pour le ras de marré qui ne m’ébranle même plus.

«Éloigne toi du monstre, et ne lui laisse rien. Il t’a ôté la vie tu ne lui dois plus rien.»

La bête comme ses pieds regarde encore par terre, la belle a pris la mer. La balle à pris ma terre. C’est le matriarcal, bien pire qu’un art martial. Mais merde les monstres aussi ça pouvait avoir mal.
J’ai pas la carrure d’une belle fille, j’ai pas de genre, bonne à tous me les faire.
Le familial embryonné tricote en triturant. Je ne fais pas le tri, je m’accote, j’écris en raturant. 

Laisse donc passer le temps, le temps de te le repasser en mémoire. Ressasser. Tu sais. C’est cadenacé. C’est menaçant.

Mais bon, même en mer on prend le large.
Tant qu’à passer pour un connard autant que ce soit en faisant de l’art.

 

3 Avr

Vous avez déjà remarqué comme votre perception change en fonction de votre propre situation émotionnelle?

Les livres, les films, les photos des amis qui défilent dans l’écran. Le bonheur des autres, feint ou non, s’invite jusque dans nos poches. On les envie, on les déteste, on se pense plus heureux qu’ils ne le sont. Cela dépend de la situation dans laquelle nous sommes. Une chose est sûre, quelle que soit la situation : quand je me compare, je me fissure.

On les envie. Parce que nous aussi nous voulons goûter à ce bien-être, cette quiétude. Apaisement. Le mot porte si bien son nom qu’à peine lu ou prononcé il déverse sa douceur d’une manière presque cathartique. Répétez le mot «apaisement», écoutez le son si bien balancé et ces syllabes douces et rassurantes.
On a convoité d’être regardé de la manière dont certains ou certaines sont regardés. On a envié les yeux fermés de cette fille qui semble être tombée dans une marée d’apaisement. Ils sentent bon, même en photographie. Le parfum de l’amour, on le dévore lorsque l’on est confronté à ce que l’on a pas et ce pour quoi on serait prêt à tout sacrifier.

On les déteste avec leur sourire blanc, leur beauté, et la béatitudes qui les enserrent. Ils puent l’assouplissant. On se murmure que cela ne dure pas, que ce ne sont que des images. Après tout, s’ils étaient si heureux que ça, pourquoi ont ils ressenti ce besoin de poster l’image, en quête de l’approbation populaire?

On se pense plus heureux qu’ils ne le sont. Nous, nous vivons l’amour le vrai, nous avons des photos où nous respirons la quiétude.
On ne les regarde presque pas d’ailleurs dans ces moments-là ces photographies, pas plus que l’on remarque les couples qui s’agitent à côté de nous dans la rue, dans le métro ou à la télévision.