Archive | novembre, 2017
20 Nov

Bien sûr que j’y pense.L’amnésie n’est pas une option dans les sentiments. Si tu peuples mes nuits à défaut de ne pouvoir submerger mes jours, il ne me reste que le marc du café pour forcer mes insomnies.
Je n’ai pas le choix que de tirer un trait, mettre le blanc dessus. Gratter la surface pour parfois y voir encore ton prénom. Me rappeler sa sonorité familière. Puis plus rien.
Les souvenirs, c’est accumuler l’amertume au fond de la gueule mais ne pas vouloir les recracher. Les recracher ce serait les voir sortir de soi.
Je ne veux pas oublier. Les souffrance mais aussi les instants plus salvateurs.
Les ruptures, ce sont les points de suture de l’esprit. Ils sont justes toujours là, quelque part à tirailler des morceaux de soi. Ils marinent entre la colère et la nostalgie. Entre les larmes et les rires. Entre l’indifférence et la stupéfaction.
À disséquer la peine comme on analyse une toile dans un musée. Passer à la salle suivante. Oublier les toiles mais jamais la lumière de cette salle au accents de renaissance. Ou de Sécession. Je ne sais plus.
À enterrer à coups de pelle le moindre souvenir trop délicat.
À te cracher à la gueule pour ne pas perdre la face.
À s’empêcher de dormir, parce que la nuit déforme les mouvements de mon coeur.

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2 Nov

Suis les mouvements de mon corps.
La chair en champ de blé, debout, prête à éclore
Presqu’île en devenir.
Tu avais allumé la musique, j’ai entendu Porz Goret.
Je t’ai dit que cette mélancolie en noir et blanc me redonnait les couleurs.
Nous n’avons rien dit. J’ai vu tes yeux ne pas me quitter des yeux.
Tu voulais saisir toute la substance de mon âme.

Tu sais que je n’y crois plus depuis longtemps.
Les gens aiment se regarder dans un miroir.
Je sais que tu t’interesseras à moi les premiers instants.
Ma complexité te plait. J’ai beau te le répéter.

Tu vois la perfection dans le mien de miroir.
La musique, l’écriture, les mots.
C’est en moi tu comprends,
Ce n’est pas pour un instant.
Les gestes, les pulsions du coeur sont solides

Et pourtant, personne ne fait exception à la règle.
Tout le monde retourne à son miroir.
À ses affaires.

Je me demande si les scénaristes pour inventer des amours invincibles,
Pour inventer des filles qui traversent la ville en pleine nuit, sous la flotte
Pour mettre au monde des regards au bout de dix ans
Pour enflammer nos coeurs avec ce «nous deux» qui semble si indestructible.
Ne sont pas fous.

Où bien c’est moi.
C’est souvent moi.
Fais-moi mentir.

J’ai perdu ma virginité dans ton regard.
Je le vois.
Je ne suis plus pure. Et j’y lis parfois le mépris.
Déjà.
Encore.
C’est souvent moi.
Ils ont raison, personne ne nous comprend jamais vraiment.

Fais-moi taire. Arrête de me lire, embrasse moi. Renverse-moi. Gifle moi en me promettant de ne plus jamais dire ça. Que tu seras là. Que tu seras là. Que rien ne te fera plus plaisir. Que je suis la moitié de toi. Que nous sommes entiers. Beaux. Forts. Merveilleux.

Emmène moi à Porz Goret.

Ne lâche pas ma main. Laisse moi mettre ma tête sur ton épaule.
Apaise moi.
Pour faire taire ces terreurs  qui nuit et jour viennent me chercher pour un ailleur douteux.
Parce que je vaux mieux que ça.

Parce que tu le sais.
Parce que tu lis sous les murs que j’érige autour de moi.
Parce que tu poses les mains sur la pierre pour l’écouter.
Pour la réchauffer.
Parce que tu vois au travers.


Emmène moi à Porz Goret.
Fais-moi voir la mer.
Je t’attendrai.