Archive | avril, 2018
26 Avr

Prends mon imaginaire pour en faire l’artifice, les feux guident les bateaux les sirènes sans Ulysse.
L’anti héros parfait de toute mon existence, pas de cape pas d’épée juste un peu de silence
Les quatre murs de chez moi se resserrent et m’étouffe. J’essaie d’y foutre les doigts c’est une bataille de plus.
Comme ce reste d’arrière gout d’amertume dans mon souffle. L’oxygène devient plomb, des balles jamais perdues
Les gilets parent les coup mais le choc te transperce : c’est se mettre à genoux aujourd’hui sous l’averse.

8:00
J’ai repris pour cent ans depuis que les miroirs brisés
Reflètent le démembrements de toutes mes dernières années
Pourtant je regrette rien, tu vois, j’ai repris mon stylo
Si je ne peux pas perdre la voix alors je prendrai de l’égo
9:00
Et il n’y aura rien, je le jure, qui me fera sombrer
Tu peux me regarder en face, j’ai plus peur de me noyer
J’ai tellement passé de temps la tête au fond d’un seau
Que je suis dans mon élément, mes poumons sont gorgés d’eau
10:00
J’ai pris mes dernières histoires comme les témoins nostagiques
De mes terreurs du noirs et de mon esprit pathétique
Pourtant il y a bien quelqu’un pour qui un jour je serai entier
Chez moi il y a pas de partage, garde ta putain de moitié
11:00
L’insolence indulgente des prémisses des rencontres
Sont incompréhensibles j’ai plus le temps, j’ai pas de montre
Alors tu peux m’embrasser sans grands préliminaires
C’est à ça que je vais m’accrocher pas aux paroles remplies d’air
12:00
J’ai toujours cru au contact comme la preuve rigoureuse
Que tu peux être insouciante quand tu tombes amoureuse
On fini par passer à l’acte, actant que tout sera bien
On l’a dit c’est promis, on s’attendra demain
12:01
Mais demain c’est pareil sans l’electricité
Il ne reste que le coup, la foudre s’est tirée
01:00
Les pavés sur la route je les ai tous ramassés
J’en ai fait une frontière, un socle, un bouclier
Les pierres sur ma route ricochent sur le chemin
Je ne m’y arrête plus, j’ai plus le temps de demain
02:00
J’ai pris l’inspiration jusqu’à ne plus pouvoir m’en passer
Le grain de peau est tendu mais la mâchoire reste acérée
Dans tous ce que je respire il y a tout ce que je n’ai pas dit
Quand j’ai vu ce qui voulait sortir j’ai cru que j’avais raté ma vie
03:00
On m’a dit que le secret c’était de savoir se taire
Pour pas trop déranger, pour pas finir derrière
À force de silence pour ne pas t’emmerder
J’ai fait une dépendance au besoin de m’exprimer.
04:00
Et si c’est juste de l’encre qu’il va falloir que j’abandonne
Ce sera pour prendre le large avant que minuit sonne
Cendrillon marche pieds nus depuis que dans ses soulier
Elle a vu que c’était pas du vair mais bien du verre pillé
05:00
Je ne sais pas plus où je vais mais je sais qu’à mon bras
Il y a ma main d’accrochée et qu’elle elle me lâchera pas
Je ne sais pas non plus où je vais mais je sais que dans mes mains
Il y le coeur fragile de quand j’étais gamin
Il est cinq heures. Mon paris se réveille.

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24 Avr

J’ose parce que demain n’existera peut-être pas.
Les lendemains ne sont que des promesses

Montrez moi les cartes du passé
Celles qui ont construit cette échelle sans barreaux
Je vois le ciel mais je ne peux pas l’atteindre
Où sont passés les barreaux
Comme marches de mon existence
Des courtes échelles de mains tendues
Caresses sur la joue ou claques contre le corps
Ne pas pouvoir redesendre
Je suis suspendue ne m’accrochant qu’à moi
J’ai peur de ne jamais plus m’endormir dans le silence d’une autre respiration
La ligne d’arrivée a dérivé
Les parvis religieux se sont emmurés
Les anneaux, serpents qui se mordent la queue
Ravalés.
Ils disent que l’on ne doit pas compter sur cet autre qu’ils appellent moitié
Car ce n’est qu la moitié de ce que nous voulons bien donner
C’est limpide et pourtant si difficile à mémoriser
Quand trente ans de ta vie tu avais tout à donner
Et qu’à deux doigts des bougies tu as tes poches lessivées
Lisez moi le passé que je comprenne aujourd’hui
Les cartes ne me disent rien que je n’aurais pas compris
L’échelle sans ses barreaux
Des bâtons dans les roues
Aujourd’hui sans la peau
Des cartes sans atouts
Allez souffle tes bougies, cette fois ci c’est la bonne
Inspire sans mépris, ne rend que ce que l’on te donne.
18 Avr

Les émotions, cette vague intermittente. Fracassante dans sa dureté, mais glissant sur la peau avec la récurrence des aurores, des aubes qui se succèdent.

J’avais regardé par-dessus la vitre du métro presqu’absent. Le quai, les visages, les sièges vides. Une mélancolie souterraine.

À pleine vitesse, mon reflet se tassait contre la vitre, essayant de percevoir au travers l’obscurité, des réponses.
Quel était ce sentiment de vide à l’intérieur. Cette irrépressible latence qui abreuvait mon regard perdu.
Je n’y voyais rien.

J’ai fermé les yeux quelques secondes, simplement pour tenter une évasion calculée depuis quelques arrêts déjà.
J’ai fermé les yeux sur tout ce qui m’avait mené jusque là, aujourd’hui.
On inspire toujours plus profondément les yeux fermés. Comme si les poumons ne se laissaient le droit d’inspirer à grande bouffée que dans cette intimité de soi-même.
C’est vrai, ce jour-là, je me suis laissée pleurer de l’intérieur, pour que personne ne voit, ne sache. Ne sache pas quoi faire.

Le siège d’à côté est vide, comme celui de la voiture que je conduis.
Il n’y a pas d’écho à mes paroles.
Pas de main sur ma cuisse.
Il n’y a rien.
J’ouvre les yeux. Il ne s’est rien passé.

Je déglutis mes envies de fleurs, de rires et de simplicité.
Descendre du métro, sortir de terre.

Demain, peut-être.

Non, demain je prendrai la rue. L’air. Pour ne plus fermer les yeux sur des fantasmes sentimentaux qui nous labourent sans jamais rien laisser pousser.

7 Avr

Un anachronisme dans le regard, pourtant toujours immobile.
Je ne suis plus dans l’optique d’une illusion.
Tu me touches et je métamorphose mes aphorismes
Parce que la fulgurance de ma perte de parole
S’explose contre ta douceur qui me laisse sans voix

Tu vois.
Non je te regarde.
Les mots ne dépassent pas la pensée.
La pensée me dépasse.
Tu crois.
Tu me fais du bien.
C’est indolore.

Comme lorsque la chaleur d’un été tant attendu colore les veines sous la peau.
Comme le mouvement impassible d’une terre qui tourne sur elle-même.
Déroulant les saveurs de l’aube comme une fresque cinématographique.
J’ai sentie l’humanité dans mes faiblesses pleines de courage
Tu me regardes encore alors que tu sais tout.
Je te sculpte des yeux en connaissant tes failles.
C’est cela que nous sommes.