7 Avr

Un anachronisme dans le regard, pourtant toujours immobile.
Je ne suis plus dans l’optique d’une illusion.
Tu me touches et je métamorphose mes aphorismes
Parce que la fulgurance de ma perte de parole
S’explose contre ta douceur qui me laisse sans voix

Tu vois.
Non je te regarde.
Les mots ne dépassent pas la pensée.
La pensée me dépasse.
Tu crois.
Tu me fais du bien.
C’est indolore.

Comme lorsque la chaleur d’un été tant attendu colore les veines sous la peau.
Comme le mouvement impassible d’une terre qui tourne sur elle-même.
Déroulant les saveurs de l’aube comme une fresque cinématographique.
J’ai sentie l’humanité dans mes faiblesses pleines de courage
Tu me regardes encore alors que tu sais tout.
Je te sculpte des yeux en connaissant tes failles.
C’est cela que nous sommes.

Publicités
30 Mar

Non je n’ai pas cessé de penser.
La mécanique des coeurs qui se débat avec elle-même.
Paumée. Parfois le cul entre deux chemins.
Les frissons du corps qui viennent remuer le fond de l’âme.
Bien sûr que je pense à toi.
Mais le dire c’est donner trop de place à la réalité.
Et à la douleur qui parfois accompagne les pensées structurantes.
Effacer hier. Pas de futur. J’ai passé ma vie à attendre le futur.
Une nouvelle année me tend les bras et je la regarde avec mépris.
J’ai froid de l’absence religieuse des gestes des couples de mon imagination.
Je n’imagine plus vraiment.
J’avais d’autres projets pour ma belle gueule et moi.
Elle prends des rides et j’ai pas encore de toi.
Il pleut en avril.
Pas de toit.
La gueule sous l’Eau.
Sans respirer.
On peut tenir combien de temps tu crois

27 Mar

J’ai mal à l’intérieur du contour de mes muscles
Je ne tiens plus debout la gueule dans les souvenirs
Les étoiles sont par terre, éteintes et controverses
Elle miment le reflux des marées pétrolières

Pourquoi tu me regardes comme si j’étais sauvable
Tu le disais si bien comment j’étais pas stable
Sensible et émotive comme une gangraine du coeur
Tu voyais le cancer sans trouver la tumeur

C’est con l’esprit humain, ça détruit ce qu’on donne
Suffit de regarder ce qu’en disent les grands hommes
Aujourd’hui je te manque parce que je suis partie
On préfèrera toujours ce qu’on nous a repris
21 Mar

De ces claques que l’on aime

15 Mar

J’ai regardé par-dessus bord.
L’eau était agitée, mais semblait suivre inlassablement mon regard. Comme ces portraits que l’on regarde de chaque côté de la pièce et qui ne nous quittent jamais vraiment des yeux.
Il n’y avait que moi.
L’océan immense recouvrait tout de sa couleur colérique.
Prendre la barre. Contourner les récifs. Emprunter à l’horizon le silence si particulier des matins de marée.
Les lèvres nappées de sel figé.
J’ai regardé par-dessus bord.
Les fonds invisibles des terres submergées.
En quête d’Atlantide.
Les muscles tout entiers sont immobiles.
Atrophiées de n’avoir jamais su marcher ailleurs que dans les traces des autres.
Les boussoles pointent toutes vers mon or.
Excitées d’avoir perdu leurs repères.
Tendues vers l’inconnu et ouvrant la place à un futur aussi incertain qui se dissimule sous les vagues déformées. Des toiles cirées, peintes à la main. Des kilomètres de toiles opaques. Cristallisées.
J’ai regardé par-dessus bord.
Tout m’a semblé plus profond,
Dangereusement avalé par la marée.
33 années à regarder les vagues me déporter.
Les mains agrippées à la barre.
Les voiles? Religieusement dans l’attente des miracles qui n’arrivent que dans les Bibles.
Ne pas pouvoir me jeter dans l’inconnu.
Nager.
Être ma propre terre.
Comme une île, cette union de deux termes au genre décontenancé. Une île.
Presque.
J’ai regardé par-dessus bord.
Compté jusqu’à Troyes.
Je suis monté sur mes grands chevaux.
Je me suis jetée par dessus bord.
Si je sais nager?
On verra bien demain.

7 Mar

Je n’avais rien destitué.
Les labyrinthes existentiels qui débouchent sur des précipices.
J’ai peur. Du vide. Des cris. De l’égoisme. Des déceptions.

Le mutisme dans lequel on est plongé lorsque la terreur nous habite ne ressemble à rien de connu, même s’il est familier.
C’est comme essayer de combattre des moulins à vent.
On sait qu’il y a un ennemi mais on n’arrive pas à le voir.
On fou des coups d’épée dans l’eau.
On ne sait pas où tirer.
Mais on le sent.
Et la seule chose qui nous apaise est de foutre toute sa vie sur pause. Comme pendant un film trop prenant, trop effrayant dont on ne connaît pas l’issue. Se dégourdir l’âme. Prendre le temps de respirer. De repenser au mouvement des rires qui s’évaporent des restaurants. Le mouvement des feuilles dans les arbres qui continuent leur danse, coûte que coûte.
Reprendre son souffle.
Reprendre son souffle.
Fermer les yeux sur demain.
Laisser simplement aujourd’hui ne jamais s’arrêter et penser pour une fois,
Juste à soi. Sans penser aux autres. Juste à soi.
Essayer de trouver les réponses.
Pour que les tentacules des labyrinthes lâchent prise et pouvoir enfin, courir dans la bonne direction.
Les yeux fermés ou ouverts peu importe, je saurai enfin ce qu’il y a de l’autre côté du miroir.
6 Mar

Dernière interlude avant reprise des textes

2 Mar

Quand la beauté des mots nous rappelle à nous-même.

8 Fév

Absence d’un mois à venir.

 

30 Jan

Tu les aurais vu, l’audace des gamins ensemble.
Les gestes, les paroles.
Masques qui rient, qui montrent du doigt et qui ignorent qu’avec leurs ongles de gosses il creusent les tranchées.
Celles qui remontent par la trachée.
Celles qui les larmes font couler.
Celles dont on ne parle jamais.

C’est peut-être ma faute.
On finit par se le dire.
On pense qu’on ne se le dira plus jamais.
On pense trop.
Les coups silencieux, qui résonnent, vingt ans après.
À te foutre de migraines monumentales.
Pendant qu’ils ne se souviennent plus de toi.
Mais moi, je n’ai pas oublié
Et chaque geste trop haut, chaque insulte, chaque parole
Est un ricochet sur leur champs de bataille.
Décuple le souvenir de n’avoir rien dit.
De les avoir laissé faire.
Et d’avoir juste su pleurer.
Aux confins de la stupidité des émotifs
Qui perdent les eaux du regard
Comme pour accoucher encore, faussement mais sûrement.