16 déc

Des aphtes jusque entre les lignes. Les sensations fortes du vice de ceux qui se plantent des stylos jusqu’au fond du ventre pour donner vie à l’encre bon marché.
Des sensations mortes pour remplir les lignes.
Vas-y. Fais-toi les trottoirs et laisse-les te passer dessus. Tu pleures des larmes mortes, qui n’ont pas le temps d’avoir vécues.
Vas donc  chercher l’amour au fond des yeux sans vie de ces regards immondes. Ils ont le corps des hommes mais l’esprit des trottoirs.
Trainer sur la trainée.
L’aimer un peu pour voir. L’amer beaucoup pour boire.
Il neige dans les ruelles, tout le monde parait plus pur. La poudreuse rendrait belle la flotte cristallisée. Je ne chiale pas je pleure putain parce que c’est dur, les parfums d’une écume au goût de piedestal. Mais les seins des statuts sont plus compatissants, que le regard muet du commun des vivants.
Religion et ta croix, tu joues avec les mots. Croix de bois croix de plomb, cambré jusqu’à la moelle. Je supporte et j’avance, exalté magnifique.
Écrivain par hasard, de naissance. Écrivain du regard.

14 déc

Le vide. Tu flippes. Le plongeoir des cinq ans est devenu le haut des tours. Se jeter. Sauter.
Tu sais que la chute va faire mal. C’est un faible mot. Tu vas te défoncer de part en part. Faut du courage.
Pourtant tu te sens lâche. T’as comme l’impression d’être trop lourde pour pouvoir survivre à la chute.
Incapable de bouger. Incapable de sourire. Ton corps te rejette toi même.
Tu ne sais plus où rester. Même ton fort intérieur est assiégé par une horde de bombes nucléaires.
T’as peur d’aller en toi. Ton chemin devient une corniche à des kilomètres d’altitude.
Ne pas regarder en bas.
La vie. Un mot si court qui en dit si long.
Une seule vie. Un seul corps. Qu’est-ce que tu fous, à demander du temps.
Chaque minute est une minute de moins en vie. Ça tu l’as compris il y a quelques jours.
Des putains sur tes lèvres. Des putains qui en veulent pour leur argent.
Tu te prostitues au ciel. C’est la faute aux étoiles.
Vice de poésie. Le cygne est mal orthographié.
Les muses, démesurées.

12 déc

Faudrait pouvoir exister ailleurs.
Quand s’allumer une cigarette devient un génocide.

10 déc

« Je te serre fort mon amie. Fort, fort.
Puisses-tu tantôt me faire entendre sur une de mes plages
par delà l’Atlantique et nos fuseaux d’horaires en décalé
de ton envie de vie tes plus beaux cris. »

Merci.

6 déc

5 ans…
Le temps d’apprendre à parler, à penser. Dans cinq ans, je voudrais être loin. Loin de tout, de la douleur et des conflits. Je me vois marcher, la mer. L’océan enfin près de moi. Dans mes yeux, à perpétuité. Il pleut et la falaise à moitié nue sous la flotte, elle est belle. Je te jure, je pourrais rester des heures à la regarder, être. Juste pour moi. Égoïstement.
Je rentrerais chez moi. De la lumière, des bûches qui s’enflamment. Sereins. Des livres, dans toutes les pièces, des dessins, de la peinture. Que ça vive. Je veux que les rires fissurent les murs. C’est con hein, la simplicité semble si compliquée à obtenir. Le Graal de ceux qui veulent réussir. J’aurais réussi. je ferais enfin parti de ceux qui ont le laisser passer vers la stabilité.
Mais pas géographique. je veux traverser  le monde, je veux être dans cinq ans, le 4 Décembre 2019, chez un gars que j’aurais rencontré dans le bus qui reliait Antalya à Istanbul. Il m’aurait invité chez lui, pour boire le thé. Et je lui aurais raconté cette histoire de pari de s’imaginer dans 5 ans. Que j’étais chez lui maintenant.
Y’aurait toute sa famille. Des gens qui se montrent. Qui se foutent à poil dès le premier regard. Qui te hérissent le poil. Ils sont beaux. C’est pour eux que je suis partie conquérir le monde.
Ils me rappellent mes choix. Dans leurs eux littéralement tout l’amour du monde. Je ne sais pas à qui je tiendrais la main, mais ce qui est sur, c’est que ce sera un moment incroyable.

Nouveau livre en cours, petit extrait

26 nov

« Aujourd’hui on veut mettre une capote sur tout.
Aseptiser les sentiments. Contrôler. Les habiter alors que ce sont eux qui s’installent. Tout le monde veut savoir. Moi aussi. Savoir les sensations. Savoir les émotions. Rentrer dedans. Pénétrer la vie. Vierge pas effarouchée. Elle se laisserait encore prendre. La ville ouvre ses cuisses et tout le monde ferme les yeux. Je suis là. Je vais la prendre. Toujours. À bras le corps. Il pleut sur le bitume et j’ai soif. Il flotte mais tout est désert.
Vaporeuse ville, t’y es pour rien mais c’est trop tard. Je suis déjà parti. Loin. Égaré. Égratigné.
Montréal comme un râle. Mon râle. »

25 nov

Tout prend l’eau. Mois de Novembre agité. L’hiver serial killer, sorte de sélection naturelle au petit bonheur la chance. Il y a des violons qui hantent les pavés. Marcher devient tellement triste en Novembre. La neige souillée. Déjà partie, avalée par les pas pressés d’un monde qui s’en fou.
Pleurer au fond de la ruelle. Entendre l’hiver se foutre de ta gueule. Toi, pas armé. Pas prêt. Pas eu le temps du gilet pare balle. La blessure. A fleur des peaux.
Tant pis pour le printemps. Tirées. Les feuilles trop mortes sur les pavés trop seuls.

21 nov

Je t’écris à toi, la seule qui ne puisse pas lire mes mots. J’écris pour toi, pour nous.
Tu n’imagines pas comment est la vie depuis que tu l’as abandonnée pour t’enfermer dans un silence immuable, insupportable, intenable. Je passe toutes les secondes qu’il me reste à penser à toi. A fermer les yeux en imaginant que tu t’avances, vers moi, comme avant, pour poser ta main sur mon visage. Tes doigts rugueux, tes doigts souverains, ta main ensorcelée qui elle seule sait m’apaiser.
J’essaie de ne pas trop respirer, j’ai l’impression que chaque bouffée d’air est juste une inspiration sans goût, sans ton parfum, sans l’odeur de tes foulards toujours noués à la perfection autour de ton cou.
J’en ai un, avec moi ici, tu sais. Tu me l’avais donné le jour de l’enterrement. Cette nuit où tu as dormi dans mes bras, tellement malheureuse. Tes larmes dans mon cou et moi, si petite qui voulais aspirer, prendre ta peine plus que personne ne pouvait le faire.
Je t’écris pour te dire que je n’arrive pas à te laisser partir. Tu le sens, tu t’accroches à des branches mortes, essayant d’attendre que je sois prête.
Mais je n’y arrive pas.
Je ne suis pas à la hauteur. Je me sens seule tu sais. J’attends la caresse sur mon visage, à chaque instant, j’attends que quelqu’un réussisse à prendre tout mon chagrin pour en faire quelque chose de bien. Mais je reste seule, portant, comme je peux, toute cette misère d’un monde qui n’existe plus.
Pars. Pars et viens traverser cet océan pour m’aider à comprendre, à accepter.
J’ai cette colère, contre la terre entière. Il ne faut pas que je retombe dans ces vieux démons. Il ne faut pas. Et pourtant, j’ai l’Envie, le besoin incontrôlable de tout détruire, de frapper les murs froids qui ne le seront jamais autant que toi, bientôt.
Je suis tellement loin. Je veux pas que tu aies froid. Je voudrais te prendre dans mes bras, t’insuffler des degrés, des souvenirs, tout l’amour d’un univers qui va tellement mal. Mon univers. Des bombes me pètent à la gueule chaque jour.
Dans ma tranchée tout est à l’étroit. J’ose pas aller combattre avec les autres. Ils sont forts, ils ont des armures et tout un tas d’armements super développés.
J’essaie tu sais, parce que je suis pas quelqu’un qui abandonne, de grimper, mais la flotte rend la terre glissante et je m’agrippe, je crois remonter juste avant de retomber. A chaque fois plus loin. A chaque fois un peu plus sous la terre.
Je me cache. Je voudrais être ailleurs. Loin d’ici. Je voudrais rêver, croire, sourire, oublier.
Mais ce ne sont que des mots.
Pas la vraie vie.

20 nov

Je voudrais pouvoir arracher, déchirer, racler tout ce qu’il y a de mauvais en moi et le rendre à la face du monde. A nu, sans artifices. Jeter de l’essence sur les plaies de l’intérieur, que ça fume, que ça transpire, que ça te foute sur la gueule comme tu te fous de la mienne.
J’hurlerai tellement fort au plus profond de toi que tu te sentiras vide, résonnant, creux, insipide, vulgaire.
Je me lancerai à ta poursuite comme quand on court après sa jeunesse, son premier amour, sans m’arrêter jamais, avant d’avoir réussi.
Frapper le sol pour qu’il arrête de te projeter sur lui. Creuser, enterrer, recouvrir,  plonger les doigts dans la terre. Triturer ta présence, te crier ma rage incontrôlable, inguérissable.
C’est pas que tu brises ce que tu touches, c’est que tu détruit ce que tu regardes.
Alors ne regardes plus.

18 nov

Fermer les yeux et parcourir des kilomètres de terre, d’océan, de saisons pour arriver jusqu’à toi.
Je n’ai jamais vu plus d’immensité que celle qui existe sous les paupières.
Je ne t’ai jamais autant regardé que dans l’obscurité de mes yeux scellés.

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