18 juil

Derrière chaque porte fermée se dissimulent des plaies ouvertes, béantes et silencieuses.
Tu es là et,
Confinée dans un univers amoindri, la vie.
Tu te sens prisonnière de tout, de toi, des autres et, faut pas te mentir, tu préfères te dire que "c’est la vie"
Pourtant je ne suis pas sûr, est ce le manque d’envie
Qui te pousse à croire qu’en une seconde, quelque part dans l’espace temps tu as cessé d’avoir le choix
La liberté dans des valises qu’on ressort une fois par an, histoire de se sentir vivant
Gamin qui vire au galérien
Le marchand de sable
Le sable des vacances
Le sablier
Tout part si vite et moi aussi tu sais j’en dors pas
Le marchand de sable a deserté depuis longtemps déjà
Mais toute une vie passée à compter les poussières
Ça ne vaudra jamais la présence de ta mère
Le problème c’ est que tu ne sais pas comment lui dire

La vie s’agite, trente ans demain
Traverser l’horizon pour se reconquérir
L’aéroport muet et moi les larmes aux yeux
7000 bornes à mes pieds de gamin silencieux
Je dis rien mais tu sais, un an et demi sans toi
C’est le temps qui fait mal, c’ est partager la vie
Dans une fenêtre qui fait 8 centimètres et demi
La technologie change mon regard sur les choses
Je te vois, tu me vois et on ne voit pas d’osmose
On parle et on résume ce que la vie nous vole
On est deux libertaires qui se croiraient en tôle
7000 soupirs distants, 7000 je t’aime tellement
7000 fois à vouloir et à perdre du temps

L’enfer du décor, incipit

6 juin

" « Ils sont beaux les garçons Charlotte. Regarde les avec leurs grands airs de marins tout droits sortis d’une publicité pour Jean Paul Gautier. »

Ils se regardent assez bien c’est vrai, mais toi et moi n’avons pas les même yeux. Les garçons je les regarde comme le Graal, comme quelques chose que j’aurais voulu être et que je ne serai jamais.
Je ressemble à un garçon, je pense comme une fille, j’aurais voulu être un garçon, mais je suis née Charlotte. "

Début d’un nouveau livre "l’Enfer du décor", qui devrait être prêt dans six ou sept mois, le temps d’accoucher de toutes les pages.

Nouvelle nouvelle

30 mai

Aloïs en pré édition, (disponible chez Amazon et tutti quanti d’ici une paire de mois à toutes les paires d’yeux intéressées) je me suis consacrée à un concours de nouvelles organisé par une autre maison d’édition.
"Les amours contingents"  sont nés il y a un mois et fraîchement achevés de cet après midi.

cont

19 mai

Dans les moindres recoins de la mémoire qui veille,
A déformer le ciel entre nos lèvres incises
J’aime quand tu me regardes et que tu m’interpelles
Fais tourner ce miracle enveloppé de tissu
Le drapé se soulève et retourne mon âme
Et que j’en pleure demain pourvu d’avoir vécu
Ton corps contre le mien
A regarder dehors
Avoir l’air de deux gosses
Qui attendent le soleil
Pour s’endormir sereins
Sous les lumières du ciel

17 mai

Je ne pensais pas avoir aussi mal. Et je t’imagine dansante, criante et vivante
Et je me m’oblige à te haïr,
Alors ça ressemble à ça.
Les amitiés sanglots
Les au revoir de trops

14 mai

Amoureux d’avant guère au sourire étendu
Il aimerait voir la mer répandre à l’horizon, la vague insubmersible submergée par ton nom.
Il aimerait voir la terre suspendre pour un instant, sa course existentielle
Et être ton amant.

Image 9 mai

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25 avr

Rester seul. S’envenimer sous les questions qui laissent sans voix, tu vois,
Le silence accablant prend la place de tes mots
Et je reste, debout, insatisfait, rongé par ce terrible sentiment d’abandon que tu viens de faire s’écrouler dans tout mon être
Incapable, sidéré, anéanti d’un vide sans air, irrespirable qui restera néant
Plus jamais, plus jamais offrir sa solitude aux bras des amitiés
Elles s’arrachent à la peau avec cynisme
Les mots préfabriqués
L’horizon dénudé, les visages inconnus
Aggravent la surdité de nos malentendus
Plus jamais mendier l’amour à des cœurs béants
Qui sans un mot s’insurgent, et décident de purger
Leur amitié sincère d’un post-scriptum cinglant

12 avr

L’obscurité, la vue sans fin au fin fond de mes onirismes
Les prunelles mûres au fond des yeux qu’on pourrait les en décrocher
T’embrasser pour la première fois, l’anatomie de l’atomique

A(p)part(h)é(id)

7 avr

Je quitte mon pays, et j’ai l’impression d’abandonner un navire foutu d’avance, où tout semble compromis.
Je regarde autour de moi, écoute attentivement les informations, le regard des uns, la morosité des autres. Tout le monde semble s’être perdu hormis une poignée d’élus. Plus personne n’a la faculté de se battre aux côtés des autres. On préfère pointer du doigt un homme et dix ou quinze ministres pour justifier l’état dans lequel nous sommes aujourd’hui.
Je me souviens de mes livres d’Histoire, racontant la prise de la bastille, les révolutions d’hommes qui risquaient la mort pour avoir osé se révolter. Et je vois aujourd’hui leurs descendants, hurlant dans les rues, se désolidariser, prôner que la terre, les autres, leur appartiennent. Incapable de s’unir pour changer de vie.
Pour la seule cause qui mérite que l’on se batte. La vie.
Les livres d’Histoire sont devenus des contes de fées auxquels on ne croit plus.
Je repense à tous ces Hommes dans la rue, manifestant pour le droit des enfants, ou plutôt contre le droit d’autres Hommes à élever des enfants.
Les uns veulent protéger la vie de leurs enfants alors qu’ils laissent pourrir le monde. Ils laissent leur descendance croître dans un univers rempli d’inégalités, d’OGM, de Mac Donald, de pollution. L’argent aussi. Bien sûr. Inéluctablement. Mais le papier imprimé ne servira à rien contre le cancer de la vie que nous assurons désormais aux plus jeunes.
Les Hommes sont tellement préoccupés par leur besoin de contrôler superficiellement leur univers qu’ils s’autorisent une petite monarchie personnelle comme on prendrait un digestif en fin de repas.
Le droit des enfants de vivre est compromis, mais au moins, ils crèveront avec un papa et une maman.
L’honneur est sauf.
Cette volonté de réduire à néant certains droits à certaines personnes en fonction de leur vie personnelle me rappelle une autre page de nos livres d’histoire.
L’ère où l’on apprend de ses erreurs est terminée.
Il n’y a plus eu de guerre dans mon pays, et je crois que c’est ce qui lui manque pour revoir ses priorités, pour ouvrir les yeux.
J’ai honte. Honte chaque matin de m’entasser dans un métro avec autant de visages mortuaires, entendre les insultes, les râles, la mauvaise humeur, alors qu’au même moment à une station de métro un homme crève la gueule ouverte de voir ceux qui ont plus que lui continuer à se plaindre.
Personne ne bouge. On regarde notre monde s’épuiser.
C’est comme fumer toute sa vie, savoir que les poumons vont y rester, mais préférer mourir un paquet de clope à la main plutôt que de se battre.
Ou alors on prend une jolie cigarette électronique, pour se donner l’illusion d ‘avoir changé les choses, de s’être donné la chance.
Le courage des hommes a disparu en même temps que le reste.
Je quitte mon pays parce que je ne peux plus me regarder en face, les regarder en face.
On regarde notre terre disparaître, en rejetant la faute à la politique, et je repense à ces paysans, ouvriers réduisant la monarchie à néant, et j’ai honte.
S’ils avaient juste critiqué le roi dans leur coin, nous n’aurions pas bénéficié de cette jolie vie à gaspiller.
Rejetons nous la faute les uns et les autres, préoccupons nous des mœurs que NOUS pensons juste en écrasant ceux qui ne sont pas d’accord au lieu de se soucier réellement de l’avenir de la famille et des enfants.
Je me vois, les yeux fixés sur mon téléphone, à plus me soucier de la qualité d’une photo de profil qu’à cette invitation à une vente de solidarité pour la Serbie. Je ne me reconnais plus non plus. Les priorités absurdes, maigrir pour mieux se sentir dans sa peau, faire cramer sa peau au soleil pour mieux chopper un cancer, être bronzé pour avoir une jolie photo de profil.

Et on nous a dit que nous descendions du singe… Pourtant, lorsque l’on regarde de plus près, nous sommes une race à part, la seule contre laquelle on aurait le droit d’être raciste. La race des femmes battues, des inégalités, des intolérants, des épicuriens du dimanche, des maltraiteurs d’hommes, d’enfants, d ‘animaux. La seule race qui se soit autoproclamée supérieure, et qui aurait dû être victime d’un holocauste général avant d’en arriver là.

Nous avons oublié que nous n’étions pas là pour toujours, que ce n’est pas la terre qui nous appartient mais bien nous qui lui appartenons. On la délaisse, on préfère manger light plutôt que de garer sa voiture pour marcher un peu.
Je ne suis pas sûre d’aimer la fin de ce mauvais film, tout avait bien commencé mais aujourd’hui la peur, la honte et l’impuissance nous rendent con.
La France sans viagra. Elle n’a plus sa vitalité d’avant. Elle ne saura plus faire jouir son peuple. Et son peuple ne sait même plus comment se faire jouir.
Dans mon avion je regarderai la nature se faire la malle au profit des tours. Je la verrai reprendre ses droits dans certaines villes.
Elle, au moins, elle se bat pour récupérer sa vie d’avant. Elle est seule et pourtant, je suis sûre qu’elle vaincra nos sept milliard de têtes à claques.
On entendra juste dire, dans un cri collectif « c’est injuste ! ». parce que mon pays, en plus d’être gangrené par la paresse et la phobie de tout ce qui n’est pas comme lui, ne reconnaît jamais ces erreurs.

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