21 oct

J’aimerais vraiment, te raconter, ce matin quand j’ai ouvert les yeux sur le ciel qui m’appuyait sur le cœur, cathédrale dans la poitrine, qui s’émancipe et prend la place du cœur tendre, sensible et malheureux.
Quand je suis partie. T’as vu j’ai mis un « e » dans mon texte.
Et que j’ai marché sur les trottoirs encore endormis, glacés, piétinés d’existence lourde et insouciante. Mon pas qui s’enferme dans le bus. Rejoindre la même place, celle qui me donne vue sur la ville, les gens, la pluie. La musique, volumineuse qui me chante « sans toi tous les levers du jour ne se relèvent pas ».
Les visages familiers du bus de 6h54, que je me demande s’ils se souviennent de moi, la fille collée à la vitre pour violer l’horizon.
L’attente inutile. La colonie de mouette qui me rappelle Brest et Plouarzel. Leur tirer un portait pour donner un sens à ce temps d’attente car, tu le sais, je déteste perdre mon temps.
L’écran, les mots qui défilent. Je me fais 30082 fois l’alphabet sous mes yeux. Combien de fois ça peut écrire ton prénom.
Rire, sourire. Retrouver la pluie et attendre l’hiver. Je me demande si tu connaissais un peu Montréal.
Vouloir de la neige pour avoir le meilleur prétexte de rester un gosse, se laisser tomber par terre.
Il neige demain.
Alors je vais attendre. Essayer d’avoir 10 ans, demain.
Mon trottoir couvert d’innocence.

20 oct

Se faire gifler par l’univers en une seconde, fermer les yeux.  Vouloir oublier les deux secondes avant, quand je ne savais pas. Je t’imaginais en apesanteur sur le temps qui passe, immortelle, sans fin, les yeux fermés mais toujours en train de respirer mon air, mon univers où que tu sois.
Ne t’arrête pas. Ne me laisse pas ici sans rien d’autre qu’une alliance à mon doigt pour te toucher par procuration
Je tourne et retourne l’anneau de ton premier amour, j’espère toucher tes mains, pressant sur le métal.
Je suis vidé. Je fixe le vide qui vient de s’écarter sous ma terre.
On me dit de me préparer mais putain, comment faire
J’ai l’âge d’un enfant qui n’a pas su grandir, qui s’égare après toi, qui ne peut pas
S’y faire.
Et je force mon coeur perdre la mémoire, 22 ans en arrière
« Il ne va rien arriver Charlotton. Je viendrais t’embrasser en allant dormir »
« Je ne veux pas que tu meures »
« Mais moi non plus! »
Je t’aime. Avec la force de ceux qui endurent les tortures, sans parler, sans bouger, qui resteront debout
Au nom de ce qu’ils croient, être plus fort que tout.

19 oct

J’ignore comment la flotte qui inonde l’horizon, rends les ruelles plus belles à trois heures du matin

18 oct

Je m’efforce tu sais, à regarder les autres, mais ils n’existent pas comme tu vis dans mes yeux. J’ai la gueule bien fermé, les paupières grandes ouvertes, ton surplus d’existence déversé dans la chair.
Tu exécutes la vie dans chacun de tes gestes
Ça m’atteins, ça m’attire les autres se sont tues.
L immensité s’agite, il faut que j’ai sur toi
L’expérience empirique d’être à ton corps la peau
Laisse le temps s’emmerder de s’être suspendu
T’arracher à la terre, le temps d’avoir vécu

7 oct

Il avait pleuré. Comme une première fois, quand tu essaies de reprendre ton souffle et que tu n’arrives qu’à resserrer, plus fort et plus profondément les cordes nouées, rageuses et incompétentes de ta gorge.
Sa respiration était devenue hurlante mais il n’était pas mort.
Ce qui ne te tue pas te rend presque mort.
Il ne s’est ni senti plus fort, ni plus courageux, ni plus animé par l’envie de se débattre.
Il est resté prostré à prier.
Pour personne.
Pour occuper son esprit quelques minutes, faire diversion à la douleur.
Prier, c’est Crier en Paix.
Les larmes sont restées, égratignant son visage défiguré d’absence et puis, il a cessé de prier.
Il n’était pas plus fort, pas plus mort.
Il était vivant comme un Christ au point de croix.
Pour faire beau.
Pour laisser l’espoir.
Pour prendre la poussière.

21 sept

Attends, encore un instant, sur le pas de ma porte, faire le premier pas
Ne pas te laisser partir parce que partir il dit que c’est mourir,
Et même si ce n’est qu’un peu, je ne veux pas mourir
Idiot.
Sans avoir essayé de t’admirer avec les mains, sans manies d’enfants sages
Qui ne servent plus à rien
Bon à rien. Excellent à te regarder. Mauvais raconteur d’histoires.
Le pas de la porte prend le pas sur nos malentendus
Tu me vois hésiter, te raconter un ensemble de mots abstraits juste pour que tu m’entendes
Avant de te rendre à l’univers, dès que la porte sera fermée
Attends.
On aurait dû boire un café, j’aurais dû t’embrasser
Demain peut-être
La porte reste figée, tes pas s’éloignent, je m’en veux, j’ai froid mais fermer la porte
C’est mourir beaucoup.

Aloïs est sorti

18 sept

Pour l’instant uniquement sur le site de l’éditeur mais très prochainement sur Amazon !

aloiiiis

24 août

La gravité quand tu entres dans la pièce. Les meubles qui ne ressemblent plus à chez moi, les murs qui semblent s’épaissir à en écraser l’horizon.
Tu respires dans cet air, celui avec lequel j’ai dormi, pleuré, pensé, soupiré.
Et d’un seul coup tout l’oxygène sature l’espace. Pourtant je suis à l’étroit dans mes poumons assommés d’adrénaline, la terreur des imbéciles heureux.
Tu refermes la porte refermant avec elle, l’idée qu’un monde existe hors de ce rendez-vous à ciel couvert.
La pensée dilatée par endroits, je m’efforce de t’inviter dans cet espace temps que tu habites avec délicatesse
Rempli de toi, dans notre appartement
La porte que tu franchis pour la cent septième fois me claque toujours autant à la gueule : le parfum d’intérieur des soirs où tu t’endors quand je ne suis pas rentré.
L’adrénaline, de fermer les yeux avant de tourner sept fois ma langue dans ma bouche.
Ne pas te dire je t’aime par peur de ne pas y mettre le bon ton. Passer un album de Neil Yong pour essayer. Ecrire ce à quoi ça ressemble, de se réveiller avec deux paupières qui te retournent de l’intérieur.
La femme aux paupières fermées sous mes yeux grands ouverts.

14 août

Tu es parti.
Respirer l’horizon amputé d’une partie de lui même
Cette absence limpide existe. Un trou béant qui vient d’annihiler tout le reste, de recouvrir les plaies pour en créer une plus grande, plus indispensable.
Exister semble plus compliqué, la liberté empeste l’envie de chialer.

 

8 août

Ma vue sur horizon résonne en apparté
Laisse passer les orages, épingler l’eau de pluie
La cigarette humide observe le paysage, cendrier qui se noie
Je m’emplie de fumée pour ainsi contraster
Incendie intérieur, tempête sur le balcon
Musique transformant l’instant je te jure on se croirait sur grand écran
Rêveur intoxiqué qui voit du piédestal
Les nuages s’agiter sur le pont Jacques Cartier

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