Archive | Extraits de « cahier d’insomniaque » RSS feed for this section
20 Nov

Je commence à fermer les yeux pour apprendre à te ressentir.
Comme si tu n’étais jamais partie
Comme si tu n’avais jamais pu
Je t’imagine me regarder comme si tu venais de trouver ce que tu cherchais depuis toujours

Tu poses ta main sur la mienne
Et tu réalises que tu ne la lâcheras plus jamais
Comme au cinéma, on verrait un plan accéléré
Avec nos deux mains, posées sur les draps
Qui prennent des rides sans jamais s’éloigner
Les rides n’ont jamais étés aussi belles que sur toi

Les sillons de la vie font de toi la seule femme
Faite pour creuser les miens.

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17 Nov

Tu m’emmerdes. Il commence à être tard et je n’arrive toujours pas à dormir. La nuit a déjà envahie les salles à manger voisines. Les volets se sont fermés.

Et toi, tu restes mon ampoule de trois mille watts, projetée en pleine face.

Je sors un bouquin, essaie d’en feuilleter les pages. Mais comme après une séparation, quand le moindre objet, la moindre chanson, le moindre fait nous rappelle quelque chose, chaque mot me fait penser à toi.

Je t’imagine les prononcer. Dans ta bouche, chaque mot prend un nouveau sens.

Je te regarde prononcer les mots comme un accouchement. Une révélation.

Je veux te faire un enfant quand tu parles.

Je veux un Golden Retriever quand tu parles.

Je veux une boite aux lettres avec nos deux noms quand tu parles.

Parle encore.

Même dans ton sommeil.

Épouse mes insomnies et je te demanderai en mariage

 

11 Nov

Qu’est-ce que l’on ressent quand on meurt ?
Je ferme les yeux deux secondes et essaie d’imaginer. Perdre conscience.
A quoi je vais penser en dernier ? Mes derniers mots ?
« Aie » ou bien « je t’aime » ?
Ou un poème ?
Tiens oui, ce serait grand d’apprendre un poème pour le claquer juste avant de claquer.
Ça laisse coi.
Je ressemblerais à celui qui gagne au Trivial Poursuit, à celui qui s’illustre aux apéricubes.

Et toi, tu seras où ? J’espère que tu seras partie avant.

Ça me fera sourire au moment de mourir. Comme avant un premier rendez-vous.
L’idée de te revoir à cet instant me secouerait tellement que ça pourrait faire redémarrer mon cœur.

C’est peut-être comme ça que l’on devient immortel.

11 Nov

Les plumes de ton oreiller se fanent. Tu es partie depuis bientôt 3 semaines.
C’est pas la meilleure des pensées positives avant de s’endormir.
Si je me mets à penser à ça, je suis foutu.
Tu t’en fou.
Ton nouvel oreiller te tient compagnie.
Et moi. J’essaie l’homéopathie par le vin.

Demain c’est dimanche. Je prends un peu d’avance sur les buveurs de la messe de 11h.
C’est parce qu’ils boivent du vin le matin qu’ils voient parler les statues ?


8 Nov

Je me fais un café.
Oui je sais, c’est loin d’être la meilleure idée pour s’endormir. Mais ma cigarette d’après minuit se sent seule.
Assis sur mon canapé, je regarde la fumée s’échapper.
Tu n’aimes pas que je fume la nuit.

Soi-disant que c’est plus cancérigène, comme le matin.
Tu lis trop.

Pourtant, toi aussi, tu fumes.
La cigarette te rends belle. Tu prends ta clope et tu prends aussitôt l’allure septième art.
Main déliée. Cigarette contre bouche entr’ouverte. Même en riant, tu gardes ta clope entre tes lèvres. Tu ressembles à un garçon quand tu fumes. Tes cheveux mal attachés. Ta chemise un peu trop grande. Ton jean.

J’en rallume une.

7 Nov

On dit parfois que le silence fait du bien, qu’il est bénéfique pour se laisser penser, s’apaiser et s’endormir.

Mais le silence me fait peur.

On dirait la mort qui s’approche.

On dirait la solitude qui se marre.